Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abou Bakr ibn Abî Chaybah rapporte, d’après Abou Hurayra, que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit :

« La majeure partie du châtiment de la tombe provient de l’urine. »(1)

D’autres se sont appuyés sur le fait que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ôta ses sandales durant la prière lorsque l’ange Jibrîl — que la paix soit sur lui — l’informa qu’elles contenaient une souillure et une impureté… (Fin du ḥadîth). Ce texte a été rapporté par Abou Dâwûd et d’autres, d’après Abou Saʿîd al-Khudrî, et il sera mentionné dans la sûrah Tâ-Hâ, si Allah, Très-Haut, le veut.(2)

Ils dirent : comme le Prophète ne recommença pas la partie de la prière qu’il avait déjà accomplie, cela montre que l’enlèvement de l’impureté est une sunna et que la prière demeure valable ; toutefois, il la reprend tant que le temps prescrit n’est pas terminé, par recherche de la perfection. Allah est plus Savant.

Onzième point. — Le qâḍî Abou Bakr ibn al-ʿArabî a dit : Quant à distinguer entre petite et grande quantité (d’impureté) en se référant à la taille du « dirham baghlî »(3) — c’est-à-dire le grand dirham dont le diamètre équivaut à celui du dînâr(4) — par analogie avec la masrubah(5), cette opinion est viciée à deux égards :

  1. Les quantités déterminées ne s’établissent pas par qiyâs ; un tel chiffrage n’est donc pas recevable.
  2. La concession accordée à propos de la masrubah constitue une dispense motivée par la nécessité ; or les nécessités et les dispenses ne peuvent servir de base analogique, car elles échappent au champ du qiyâs et ne sauraient y être ramenées.

Sûrat at-Tawbah (9), verset 109 :
« Celui qui a fondé son édifice sur la piété envers Allah et la recherche de Son agrément est-il meilleur, ou bien celui qui a fondé son édifice au bord d’un ravin croulant, lequel s’est effondré avec lui dans le feu de la Géhenne ? Allah ne guide pas le peuple injuste. » (109)

Ce passage comporte cinq questions juridiques :
Première question — La parole d’Allah : « A-fa-man assasa » (Est-ce donc celui qui a édifié…) signifie : « a profondément fondé » ; il s’agit d’une interrogation ayant valeur de confirmation. « Man » a ici le sens de « celui qui » ; elle se trouve en position de sujet, et son prédicat est « khayr » (meilleur).

Nâfiʿ, Ibn ʿÂmir et un groupe de récitateurs ont lu : « ussisa bunyânuhu » (son édifice a été fondé) — forme passive — en relevant « bunyânu » dans les deux occurrences. Ibn Kathîr, Abou ʿAmr, Ḥamzah, al-Kisâʾî et d’autres ont lu : « assasa bunyânahu » — forme active — en accusatif « bunyânahu », et c’est le choix d’Abou ʿUbayd, en raison du grand nombre de récitateurs lisant ainsi et parce que le sujet y est explicite. Naṣr ibn ʿĀṣim ibn ʿAlî a également récité

وَرَوَى أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (أَكْثَرُ عَذَابِ الْقَبْرِ مِنَ الْبَوْلِ) «١» . احْتَجَّ الْآخَرُونَ بِخَلْعِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ نَعْلَيْهِ فِي الصَّلَاةِ لَمَّا أَعْلَمَهُ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَنَّ فِيهِمَا قَذِرًا وَأَذًى ... الْحَدِيثَ. خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ وَغَيْرُهُ مِنْ حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، وَسَيَأْتِي فِي سُورَةِ [طه] إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى «٢» . قَالُوا: وَلَمَّا لَمْ يُعِدْ مَا صَلَّى دَلَّ عَلَى أَنَّ إِزَالَتَهَا سُنَّةٌ وَصَلَاتَهُ صَحِيحَةٌ، وَيُعِيدُ مَا دَامَ فِي الْوَقْتِ طَلَبًا لِلْكَمَالِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ- قَالَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ: وَأَمَّا الْفَرْقُ بين القليل والكثير بقدر الدر هم البغلي «٣» ، [يعني كبار الدار هم الَّتِي هِيَ عَلَى قَدْرِ اسْتِدَارَةِ الدِّينَارِ [ «٤» قِيَاسًا عَلَى الْمَسْرُبَةِ «٥» فَفَاسِدٌ مِنْ وَجْهَيْنِ، أَحَدُهُمَا: أَنَّ الْمُقَدَّرَاتِ لَا تَثْبُتُ قِيَاسًا فَلَا يُقْبَلُ هَذَا التَّقْدِيرُ. الثَّانِي: أَنَّ هَذَا الَّذِي خَفَّفَ عَنْهُ فِي الْمَسْرُبَةِ رُخْصَةٌ لِلضَّرُورَةِ، وَالْحَاجَةُ وَالرُّخَصُ لَا يُقَاسَ عَلَيْهَا، لِأَنَّهَا خَارِجَةٌ عَنِ الْقِيَاسِ فَلَا ترد إليه. [[سورة التوبة (٩) : آية ١٠٩]] أَفَمَنْ أَسَّسَ بُنْيانَهُ عَلى تَقْوى مِنَ اللَّهِ وَرِضْوانٍ خَيْرٌ أَمْ مَنْ أَسَّسَ بُنْيانَهُ عَلى شَفا جُرُفٍ هارٍ فَانْهارَ بِهِ فِي نارِ جَهَنَّمَ وَاللَّهُ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ (١٠٩) فِيهِ خَمْسُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَمَنْ أَسَّسَ) أَيْ أَصَّلَ، وَهُوَ اسْتِفْهَامٌ مَعْنَاهُ التَّقْرِيرُ. وَ " مَنْ" بِمَعْنَى الَّذِي، وَهِيَ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ بِالِابْتِدَاءِ، وَخَبَرُهُ " خَيْرٌ" . وَقَرَأَ نَافِعٌ وَابْنُ عَامِرٍ وَجَمَاعَةٌ " أَسَّسَ بُنْيانَهُ" عَلَى بِنَاءِ أُسِّسَ لِلْمَفْعُولِ وَرَفْعِ بُنْيَانُ فِيهِمَا. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَأَبُو عَمْرٍو وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ] وَجَمَاعَةٌ [ «٦» " أَسَّسَ بُنْيانَهُ" عَلَى بِنَاءِ الْفِعْلِ لِلْفَاعِلِ وَنَصْبِ بُنْيَانَهُ فِيهِمَا، وَهِيَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ لِكَثْرَةِ مَنْ قَرَأَ بِهِ، وَأَنَّ الْفَاعِلَ سُمِّيَ فِيهِ. وَقَرَأَ نَصْرُ بْنُ عاصم بن علي
(١). رواه أحمد وابن ماجة والحاكم. وفي الأصول: في البول. وهو خطأ الناسخ. (٢). راجع ج ١١ ص ١٧١ فما بعد. (٣). دراهم ضربها رأس البغل لسيدنا عمر بن الخطاب رضى الله عنه. [ ..... ] (٤). زيادة عن ابن العربي. (٥). المسربة (بفتح الراء وضمها): مجرى الحدث من الدبر يريد أعلى الحلقة. (٦). من ج وع وك وهـ.

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