« En matière de purification, que faites-vous donc ? »
Ils répondirent : « Nous lavons, à l’eau, toute trace d’excrément et d’urine. » (Rapporté par Abou Dâwoud.)
Ad-Dâraqoutnî a rapporté d’après Talha b. Nâfi‘ ; celui-ci dit : « Abou Ayyûb, Djàbir b. ‘Abd Allâh et Anas b. Mâlik — tous trois des Ançâr — m’ont rapporté du Messager d’Allâh (paix et bénédiction sur lui) au sujet de ce verset :
« Dans ce lieu se trouvent des hommes qui aiment à se purifier ; et Allâh aime les purificateurs. »
Le Prophète dit alors :
« Ô assemblée des Ançâr, Allâh a fait de vous le plus bel éloge quant à la purification ; quelle est donc votre pratique en ce domaine ? »
Ils dirent : « Ô Messager d’Allâh, nous faisons les ablutions (woudoû’) pour la prière et nous nous lavons du grand état d’impureté (djanâba). »
Le Messager d’Allâh (paix et bénédiction sur lui) reprit :
« Et, en plus de cela, faites-vous autre chose ? »
Ils dirent : « Rien d’autre ; seulement, lorsque l’un de nous sort des lieux d’aisance, il aime se nettoyer (istindjâ’) à l’eau. »
Il dit :
« C’est bien cela ; persévérez-y. »
Ce hadith donne à penser que la mosquée évoquée dans le verset est la mosquée de Qubâ’. Toutefois, le hadith d’Abou Sa‘îd al-Khudrî énonce explicitement, dans la bouche du Prophète (paix et bénédiction sur lui), qu’il s’agit de sa propre mosquée ; il n’y a donc plus matière à discussion.
Abou Kouraïb rapporta : « Abou Ousâma nous a relaté, de Sâlih b. Hayyân, qui le tenait de ‘Abd Allâh b. Bourayda, à propos de la parole du Très-Haut :
« Dans des demeures qu’Allâh a permis d’élever et où Son Nom est mentionné… » (An-Nûr, 36)
Il dit : « Il ne s’agit en réalité que de quatre mosquées qu’aucun autre qu’un Prophète n’a édifiées : la Ka‘ba, bâtie par Ibrâhîm et Ismâ‘îl (paix sur eux) ; à Arihâ, la Maison sacrée (Bayt al-Maqdis), bâtie par Dâwoud et Sulaymân (paix sur eux) ; puis la Mosquée de Médine et la Mosquée de Qubâ’, toutes deux fondées sur la piété, construites par le Messager d’Allâh (paix et bénédiction sur lui). »
Cinquièmement — « min awwali yawm » (dès le premier jour)
Pour les grammairiens, la préposition « min » se trouve vis-à-vis de « mundhu » ; « mundhu » est au temps ce que « min » est au lieu. On a ainsi dit que, dans ce passage, « min » revêt le sens de « mundhu », avec pour sous-entendu : « depuis le premier jour où sa construction a commencé ».
D’autres ont expliqué que le sens est : « à partir de la fondation des tous premiers jours », la préposition entrant ici sur le masdar (nom verbal) « ’oussisa » (établi), comme dans le vers poétique :
« À qui appartiennent ces demeures sur la cime du Ḥidjr…
désertes depuis des années et des lustres ? »