Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Je dis : Cela ne s’ensuit pas, car l’église n’a pas été édifiée dans l’intention de nuire à autrui, même si son origine repose sur une fausseté. Les chrétiens ont simplement pris l’église et les juifs la synagogue comme lieux où, selon leur prétention, ils se vouent au culte, à l’instar de la mosquée pour nous ; la situation est donc différente. Les savants sont unanimes : quiconque accomplit la prière dans une église ou une synagogue, sur un emplacement pur, sa prière est valide et licite.

Al-Bukhârî rapporte qu’Ibn ‘Abbâs priait dans la synagogue lorsqu’il n’y avait pas d’images. Abû Dâwûd mentionne, d’après ‘Uthmân b. Abî l-‘Âs, que le Prophète – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – lui ordonna d’établir la mosquée de Tâ’if à l’endroit même où se trouvaient leurs idoles.

Quatrième point. Les savants ont dit : celui qui a été l’imâm d’un injuste, on ne prie pas derrière lui, à moins que son excuse n’apparaisse ou qu’il ne se repente. En effet, les Banû ‘Amr b. ‘Awf, bâtisseurs de la mosquée de Qubâ’, demandèrent à ‘Umar b. al-Kha ttâb, durant son califat, de permettre à Mujammi‘ b. Jâriya de diriger la prière dans leur mosquée. Il répondit : « Non, et qu’il ne bénéficie d’aucun bienfait ! N’est-il pas l’imâm de la mosquée du D irâr ? » Mujammi‘ lui dit alors : « Ô Commandeur des croyants, ne te hâte pas à mon sujet. Par Allâh, j’ai certes prié là-bas sans savoir ce qu’ils avaient prémédité ; si je l’avais su, je ne les aurais jamais dirigés. J’étais un jeune garçon, lecteur du Coran, tandis qu’eux étaient des vieillards demeurés sur leur Jâhiliyya, ne récitant rien du Coran. Je n’ai fait que diriger la prière, et je ne pense pas avoir commis de péché, ignorant ce qu’ils dissimulaient en eux-mêmes. » ‘Umar – qu’Allâh l’agrée – l’excusa, confirma ses dires et lui ordonna de diriger la prière dans la mosquée de Qubâ’.

Cinquième point. Nos savants – qu’Allâh leur fasse miséricorde – ont dit : lorsqu’une mosquée, édifiée pour l’adoration et que la Sharî‘a encourage à construire, puisque le Prophète a dit : « Quiconque bâtit pour Allâh une mosquée, fût-ce comme le nid d’une houbara, Allâh lui bâtira une demeure au Paradis », doit néanmoins être démolie et retirée lorsqu’elle porte préjudice à autrui, que penses-tu alors de toute autre construction ? Elle est à plus forte raison digne d’être ôtée et détruite pour qu’aucun tort ne touche celui qui était antérieur. Il en est ainsi de celui qui construit un four, un moulin, creuse un puits ou tout autre ouvrage par lequel il cause un dommage à autrui.

Principe général de ce chapitre : quiconque porte préjudice à son frère en est empêché. Si, par un acte qu’il accomplit dans son bien, il cause un tort à son voisin ou à un autre, on examinera cet acte ; si le fait de l’abandonner entraîne un préjudice plus grand que le tort subi par l’auteur, on cherchera à écarter le plus important des deux maux.

قُلْتُ: هَذَا لَا يَلْزَمُ، لِأَنَّ الْكَنِيسَةَ لَمْ يُقْصَدْ بِبِنَائِهَا الضَّرَرُ بِالْغَيْرِ، وَإِنْ كَانَ أَصْلُ بِنَائِهَا عَلَى شَرٍّ، وَإِنَّمَا اتَّخَذَ النَّصَارَى الْكَنِيسَةَ وَالْيَهُودُ الْبِيعَةَ مَوْضِعًا يَتَعَبَّدُونَ فِيهِ بِزَعْمِهِمْ كَالْمَسْجِدِ لَنَا فَافْتَرَقَا. وَقَدْ أَجْمَعَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ مَنْ صَلَّى فِي كَنِيسَةٍ أَوْ بِيعَةٍ عَلَى مَوْضِعٍ طَاهِرٍ أَنَّ صَلَاتَهُ مَاضِيَةٌ جَائِزَةٌ. وَقَدْ ذَكَرَ الْبُخَارِيُّ أَنَّ ابْنَ عَبَّاسٍ كَانَ يُصَلِّي فِي الْبِيعَةِ إِذَا لَمْ يَكُنْ فِيهَا تَمَاثِيلُ. وَذَكَرَ أَبُو دَاوُدَ عَنْ عُثْمَانَ بْنِ أَبِي الْعَاصِ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَهُ أَنْ يَجْعَلَ مَسْجِدَ الطَّائِفِ حَيْثُ كَانَتْ طَوَاغِيتُهُمْ. الرَّابِعَةُ- قَالَ الْعُلَمَاءُ: إِنَّ مَنْ كَانَ إِمَامًا لِظَالِمٍ لَا يُصَلَّى وَرَاءَهُ إِلَّا أَنْ يَظْهَرَ عُذْرُهُ أَوْ يَتُوبَ فَإِنَّ بَنِي عَمْرِو بْنِ عَوْفٍ الَّذِينَ بَنَوْا مَسْجِدَ قُبَاءٍ سَأَلُوا عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ فِي خِلَافَتِهِ لِيَأْذَنَ لِمُجَمِّعِ بن جارية أن يصلي بهم في مسجد هم، فَقَالَ: لَا وَلَا نِعْمَةَ عَيْنٍ! أَلَيْسَ بِإِمَامِ مَسْجِدِ الضِّرَارِ! فَقَالَ لَهُ مُجَمِّعٌ: يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ، لَا تَعْجَلْ عَلَيَّ فَوَاللَّهِ لَقَدْ صَلَّيْتُ فِيهِ وَأَنَا لَا أَعْلَمُ مَا قَدْ أَضْمَرُوا عَلَيْهِ وَلَوْ عَلِمْتُ مَا صَلَّيْتُ بِهِمْ فِيهِ كُنْتُ غُلَامًا قَارِئًا لِلْقُرْآنِ وَكَانُوا شُيُوخًا قَدْ عَاشُوا «١» عَلَى جَاهِلِيَّتِهِمْ وَكَانُوا لَا يَقْرَءُونَ مِنَ الْقُرْآنِ شَيْئًا فَصَلَّيْتُ وَلَا أَحْسِبُ مَا صَنَعْتُ إِثْمًا وَلَا أَعْلَمُ بِمَا فِي أَنْفُسِهِمْ فَعَذَرَهُ عُمَرُ [رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا «٢» ] وَصَدَّقَهُ وَأَمَرَهُ بِالصَّلَاةِ فِي مَسْجِدِ قُبَاءٍ. الْخَامِسَةُ- قَالَ عُلَمَاؤُنَا رَحْمَةُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ: وَإِذَا كَانَ الْمَسْجِدُ الَّذِي يُتَّخَذُ لِلْعِبَادَةِ وَحَضَّ الشَّرْعُ عَلَى بِنَائِهِ فَقَالَ: (مَنْ بَنَى لِلَّهِ مَسْجِدًا وَلَوْ كَمَفْحَصِ «٣» قَطَاةٍ بَنَى اللَّهُ لَهُ بَيْتًا فِي الْجَنَّةِ) يُهْدَمُ وَيُنْزَعُ إِذَا كَانَ فِيهِ ضَرَرٌ بِغَيْرِهِ، فَمَا ظَنُّكَ بِسِوَاهُ! بَلْ هُوَ أَحْرَى أَنْ يُزَالَ وَيُهْدَمَ حَتَّى لَا يَدْخُلَ ضَرَرٌ عَلَى الْأَقْدَمِ. وَذَلِكَ كَمَنْ بَنَى فُرْنًا أَوْ رَحًى أَوْ حَفَرَ بِئْرًا أَوْ غَيْرَ ذَلِكَ مِمَّا يُدْخِلُ بِهِ الضَّرَرَ عَلَى الْغَيْرِ. وَضَابِطُ هَذَا الْبَابِ: أَنَّ مَنْ أَدْخَلَ عَلَى أَخِيهِ ضَرَرًا مُنِعَ. فَإِنْ أَدْخَلَ عَلَى أَخِيهِ ضَرَرًا بِفِعْلٍ مَا كَانَ لَهُ فِعْلُهُ فِي مَالِهِ فَأَضَرَّ ذَلِكَ بِجَارِهِ أَوْ غَيْرِ جَارِهِ نُظِرَ إِلَى ذَلِكَ الْفِعْلِ، فَإِنْ كَانَ تَرْكُهُ أَكْبَرَ ضَرَرًا مِنَ الضَّرَرِ الداخل على الفاعل قطع أكبر
(١). في ب وج: غشوا. وفي هـ: عشوا. وفي ع: نشوا. (٢). من ع. (٣). الموضع الذي مجثم؟ فيه وتبيض.

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