que Dieu répande Ses bénédictions et la paix sur lui –, et afin de prendre modèle sur lui, car il appliquait le verset : « Et invoque la bénédiction sur eux ; ta prière est pour eux un apaisement. » Autrement dit, lorsque tu prie pour eux au moment où ils apportent leurs aumônes, cela tranquillise leurs cœurs et les réjouit.
Jâbir ibn ʿAbd Allâh rapporte : le Prophète ﷺ vint me voir. Je dis alors à mon épouse : « Ne demande rien au Messager d’Allâh ﷺ. » Elle répondit : « Le Messager d’Allâh ﷺ quitterait notre demeure sans que nous ne lui demandions quoi que ce soit ? » Elle dit donc : « Ô Messager d’Allâh, invoque la bénédiction sur mon mari. » Le Messager d’Allâh ﷺ dit : « Qu’Allâh répande Sa miséricorde sur toi et sur ton époux. » Ici, la « prière » (ṣalât) signifie la miséricorde et l’imploration de la miséricorde.
An-Naḥḥâs dit : tous les linguistes que nous connaissons rapportent que le mot ṣalât, dans la langue arabe, signifie l’invocation (duʿâ’), et c’est le sens de la prière funéraire.
Ḥafṣ, Ḥamza et Al-Kisâ’î ont lu : « inna ṣalâtaka » (au singulier), tandis que les autres lecteurs l’ont mise au pluriel. La même divergence existe pour la lecture de « a-ṣalâtuka ta’muruka » (Hûd, 87). Le mot « sakan » a aussi été lu avec la consonne kâf muette.
Qatâda a dit : son sens est « dignité, gravité » pour eux. Le « sakan » est ce qui apaise les âmes et rassure les cœurs.
[Sourate At-Tawbah (9), verset 104]
« Ne savent-ils pas qu’Allâh seul agrée le repentir de Ses serviteurs et qu’Il prend (pour Lui) les aumônes, qu’Allâh est, Lui, le Grand Accueillant au repentir, le Très Miséricordieux ? »
Ce verset comporte deux questions :
Premièrement – On a dit que ceux des retardataires qui n’avaient pas fait pénitence dirent : « Ces hommes étaient hier encore avec nous ; nul ne leur adressait la parole ni ne s’asseyait avec eux. Qu’ont-ils donc maintenant ? Quelle faveur particulière leur a été accordée à notre exclusion ? » Alors fut révélé : « Ne savent-ils pas… » ; le pronom dans « savent-ils » renvoie à ceux qui n’avaient pas fait pénitence parmi les retardataires, selon l’explication d’Ibn Zayd. Il se peut aussi qu’il renvoie à ceux qui se sont repentis et se sont enchaînés eux-mêmes.
La parole du Très-Haut : « Lui (huwa) » est une insistance soulignant qu’Allâh, exalté soit-Il, Seul se réserve ces affaires.
En effet, s’Il avait simplement dit : « Allâh agrée le repentir », on aurait pu penser que l’agrément de Son Messager équivalait à l’agrément d’Allâh. Le verset précise donc que ces questions relèvent d’un domaine auquel ni prophète ni ange n’ont accès.