et Jâbir ibn ‘Abd Allâh, ainsi que Mûsâ ibn ‘Uqbah — lequel eut l’occasion de fréquenter Anas ibn Mâlik — et Umm Khâlid bint Khâlid ibn Saʿîd.
Parmi les Tâbiʿîn se trouve une classe que l’on nomme « les Mukhadrams ». Ce sont ceux qui ont connu la Jâhiliyyah, puis la vie du Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue —, se sont convertis sans toutefois avoir bénéficié de la Compagnie (Suhbah). Chacun d’eux est appelé « mukhadram » (avec la voyelle fatḥah sur le râʼ), comme s’il avait été « khudrima », autrement dit coupé d’avec ses semblables qui, eux, ont obtenu à la fois la Compagnie et autre chose.
Muslim les a énumérés et en porte le nombre à vingt personnes ; parmi eux : Abû ʿAmr ash-Shaybânî, Suwayd b. Ghafalah al-Kindî, ʿAmr b. Maymûn al-Awdi, Abû ʿUthmân an-Nahdî, ʿAbd Khayr b. Yazîd al-Khayrânî — avec un khâ’ ouvert, une branche des Banû Hamdân —, ʿAbd ar-Raḥmân b. Mull, et Abû l-Hilâl al-ʿAtakî Rabîʿah b. Zurârah.
Parmi ceux qu’il n’a pas cités figurent Abû Muslim al-Khawlânî, ʿAbd Allâh b. Thuwab, et al-Aḥnaf b. Qays.
Voilà donc un aperçu de la connaissance des Compagnons et des Successeurs dont le Noble Coran a proclamé le mérite — qu’Allâh leur accorde à tous Sa satisfaction.
À nous, il nous suffit la parole du Très-Haut :
« Vous êtes la meilleure communauté jamais suscitée pour les hommes » (Âl ʿImrân, 110),
et Sa parole :
« Ainsi avons-Nous fait de vous une communauté de juste milieu » (al-Baqarah, 143).
Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — a dit :
« J’aimerais que nous puissions voir nos frères… » (le ḥadith). Il nous a donc donnés pour frères : si nous craignons Allâh et suivons ses traces, qu’Allâh nous rassemble dans son groupe, qu’Il ne nous fasse pas dévier de sa voie et de sa religion, par le droit de Muḥammad et de sa famille.
« Et, parmi les Bédouins qui t’entourent, il y a des hypocrites, de même que parmi les habitants de Médine : ils se sont endurcis dans l’hypocrisie ; tu ne les connais pas, Nous les connaissons. Nous les châtierons deux fois, puis ils seront ramenés à un châtiment terrible. » (at-Tawbah, 101)
La parole du Très-Haut :
« Et parmi ceux qui t’entourent, des Bédouins, [il y a] des hypocrites » constitue un sujet et un attribut ; c’est-à-dire des gens hypocrites : les tribus Muzaynah, Juhaynah, Aslam, Ghifâr et Ashjaʿ.
« Et parmi les habitants de Médine, [il y en a qui] se sont obstinés (maradû) dans l’hypocrisie » : c’est-à-dire des gens qui s’y sont établis.
D’autres ont dit que « maradû » est un adjectif décrivant les hypocrites ; il y aurait alors antéposition et postposition dans la phrase, le sens étant : « Parmi ceux qui t’entourent, des Bédouins hypocrites obstinés dans l’hypocrisie, et parmi les habitants de Médine pareillement. »
Le terme « maradû » signifie : ils s’y sont maintenus et ne se sont pas repentis (selon Ibn Zayd).
D’autres ont dit : ils s’y sont acharnés et ont refusé d’autre voie.