[Sourate at-Tawbah (9), verset 98]
« Parmi les Bédouins, il en est qui tiennent ce qu’ils dépensent pour un fardeau et qui guettent contre vous les revers : qu’un revers funeste s’abatte sur eux ! Allah est Audient, Omniscient. »
Parole du Très-Haut :
(Et parmi les Bédouins, il en est…) – La particule « min » occupe ici la position du sujet (mubtada’).
(…ce qu’ils dépensent [ils le considèrent comme] un fardeau) – « mâ yunfiq » et « maghraman » sont deux compléments d’objet. L’estimation est : « il le dépense », le pronom « -hu » ayant été omis en raison de la longueur de l’expression.
« Maghraman » signifie une charge, une perte ; son sens originel est l’idée d’obligation constante. Il en est ainsi dans la Parole d’Allah : « Certes, Son châtiment est adhérent (gharâman). » (25 : 65) Autrement dit, ils considèrent les sommes qu’ils versent pour le jihâd ou l’aumône comme une perte, sans rien en espérer comme rétribution.
(et ils guettent contre vous les revers) – « Tarabbuṣ » signifie attendre ; cela a déjà été expliqué. « Dawâ’ir » est le pluriel de « dâ’ira », qui désigne le passage de la faveur au malheur ; ainsi, à leur ignorance au sujet de la dépense s’ajoutent perfidie et malignité du cœur.
(Qu’un revers funeste s’abatte sur eux) – Ibn Kathîr et Abû ‘Amr ont prononcé « as-sû’i » (sû’) avec ḍamma du sîn, ici et dans la sourate al-Fatḥ ; les autres lecteurs le prononcent « as-saw’i » (saw’) avec fatḥa. Tous sont unanimes à ouvrir le sîn dans : « Ton père n’était pas un homme indigne (‘imra’a saw’in) » (19 : 28). La différence est que « as-sû’ » (avec ḍamma) désigne ce qui est détestable.
Al-Akhfash : « qu’un revers de défaite et de malheur s’abatte sur eux. »
Al-Farrâ’ : « qu’un revers de châtiment et d’épreuve s’abatte sur eux. »
Tous deux disent qu’il n’est pas permis de dire « imra’u sû’ » (avec ḍamma), pas plus que « un homme de châtiment » ou « de malheur ».
On rapporte de Muḥammad ibn Yazîd que « as-saw’ » (avec fatḥa) signifie la vilenie.
Sîbawayh dit : « Je suis passé près d’un homme de véracité (rajuli ṣidq) », c’est-à-dire de rectitude ; ce n’est pas pris de la véracité de la langue – autrement on ne pourrait dire : « Je suis passé près d’un vêtement de véracité. » De même, « je suis passé près d’un homme de mal (rajuli saw’) » ne vient pas du verbe « sa’a », mais signifie : un homme de corruption.
Al-Farrâ’ : « as-saw’ » (avec fatḥa) est le maṣdar de « sa’tuhu saw’an, masâ’atan, suwâ’iyyatan ».
D’autres : le verbe est « sa’a, yasû’u ». Quant à « as-sû’ » (avec ḍamma), c’est un nom, non un maṣdar, équivalent à : « qu’un revers de calamité et de détestation s’abatte sur eux. »
[Sourate at-Tawbah (9), verset 99]
« Et parmi les Bédouins, il en est qui croient en Allah et au Jour dernier, et qui tiennent ce qu’ils dépensent pour un moyen de se rapprocher d’Allah ainsi que d’obtenir les prières du Messager ; certes, c’est là pour eux un rapprochement. Allah les fera entrer dans Sa miséricorde ; Allah est certes Pardonneur, Miséricordieux. »