Parole du Très-Haut :
« … plus endurcis … (أَشَدُّ) »
L’origine du terme « أَشَدُّ » est « أَشْدَدُ », comme il a déjà été expliqué.
« en mécréance (كُفْرًا) »
Il est au cas accusatif à titre d’explication (bayân).
« et (en) hypocrisie (وَنِفَاقًا) »
Coordonné au précédent.
« et plus dignes (وَأَجْدَرُ) »
Coordonné à « أَشَدُّ ». Son sens est : plus à même, plus méritant. On dit : « Untel est jadîr de telle chose », c’est-à-dire digne de l’obtenir ; et « tu es jadîr de faire telle chose ». Au pluriel : « جُدَرَاءُ » et « جَدِيرُونَ ». Le mot vient de « جُدُر » (les murailles), autrement dit l’élévation produite par la construction. Ainsi, l’expression « هو أَجْدَرُ بكذا » signifie : il y est le plus proche et le plus en droit.
« qu’ils ne sachent pas (أَلَّا يَعْلَمُوا) »
Autrement dit : « بِأَلَّا يَعْلَمُوا ».
Quant au terme « العَرَبُ » :
Il désigne un groupe humain ; l’adjectif relationnel est « عَرَبِيّ », manifestant clairement l’arabité, et il s’applique aux citadins. Les « الأَعْرَابُ » en sont ceux qui résident exclusivement dans le désert. Dans la poésie classique apparaît aussi la forme « أَعَارِيبُ ». L’adjectif relationnel à leur égard est « أَعْرَابِيّ », car « الأَعْرَابُ » n’a pas de singulier et n’est pas le pluriel de « العَرَبُ », de la même manière que « الأَنْبَاطُ » est le pluriel de « نَبَط ». Le mot « العَرَبُ » est plutôt un nom générique.
Les « العَرَبُ العَارِبَةُ » sont les Arabes de souche, expression redoublée pour insister, comme dans : « لَيْلٌ لَائِلٌ » (une nuit très noire). On dit également : « العَرَبُ العَرْبَاءُ ».
« تَعَرَّبَ » signifie : prendre les mœurs des Arabes.
« تَعَرَّبَ بعد هجرته » : il est devenu bédouin après avoir émigré.
Les « العَرَبُ المُسْتَعْرِبَةُ » sont ceux qui ne sont pas de souche pure ; il en est de même des « المُتَعَرِّبَةُ ». « العَرَبِيَّةُ » est la langue elle-même.
Ya‘rub ibn Qahtân fut le premier à parler l’arabe ; il est l’ancêtre de tous les Yéménites. « العَرَبُ » et « العُرْبُ » sont synonymes, tout comme « العَجَمُ » et « العُجْمُ » le sont.
« العُرَيْبُ » est le diminutif de « العَرَبُ ». Le poète dit :
« Les œufs de lézard sont la nourriture des ‘urayb,
Tandis que les peuples ‘ajam n’en ont nul désir. »
Il use du diminutif pour magnifier, tout comme dans l’hémistiche :
« Je suis son petit tronc grattoir et son jeune régime soutenu. »
Tout cela est rapporté par al-Jawharî. Al-Qushayrî mentionne que le pluriel de « عَرَبِيّ » est « عَرَبٌ », et que les pluriels de « أَعْرَابِيّ » sont « أَعْرَابٌ » et « أَعَارِيبُ ».
Si l’on dit à un bédouin : « Ô ‘arabiyy ! » il s’en réjouit, alors que si l’on dit à un citadin arabe : « Ô a‘râbiyy ! » il se met en colère. Les Muhâjirûn et les Ansâr sont des Arabes, non des Bédouins.
Les Arabes reçurent ce nom parce que les descendants d’Ismâ‘îl grandirent à ‘Araba, dans la région du Tihâma, d’où leur attribution. Quraysh demeura à ‘Araba – c’est-à-dire La Mecque – et le reste des Arabes se dispersa ensuite dans toute la péninsule.