— « N’as-tu pas prêté serment, ô Messager d’Allah ? »
— Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – répondit : « Il n’est pas dans mon habitude, si je prête un serment – si Allah le veut – puis que je constate qu’un acte autre que celui juré est meilleur, de persister dans mon serment ; je me conforme alors à ce qui est meilleur et j’acquitte l’expiation de mon serment. »
L’auteur dit : « Ce hadith est authentique ; al-Bukhârî et Muslim l’ont rapporté, tant dans sa formulation que dans son sens. »
Dans Ṣaḥîḥ Muslim on lit encore : « Il nous fit appeler, puis nous octroya cinq chamelles au pelage blanc, d’un blanc éclatant au sommet de la bosse… » — puis le reste du hadith. À la fin de ce même récit : « Partez donc, car c’est Allah qui vous a fait voyager. »
Al-Ḥasan, de même que Bakr ibn ‘Abd Allâh, ont également dit : « Le verset fut révélé au sujet de ‘Abd Allâh ibn Mughaffal al-Muzanî, qui se rendit auprès du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – pour qu’il le fasse monter. »
Al-Jurjânî explique : « Le verset sous-entend cette construction : “et il n’y a pas de blâme non plus sur ceux qui, lorsqu’ils vinrent auprès de toi afin que tu les fasses monter, et que tu dis : ‘Je ne trouve rien pour vous porter’…” ; il s’agit d’un sujet (mubtada’) coordonné à ce qui précède, sans particule de coordination, et sa réponse est dans Sa parole : “ils se détournèrent” (tawallaw). »
« Et leurs yeux débordaient de larmes » : la proposition est ici à la place d’un complément circonstanciel. « Par tristesse » est un nom verbal employé comme accusatif de cause. « De ne pas trouver » est mis à l’accusatif par la particule an.
An-Naḥḥâs rapporte que al-Farrâ’ autorise la lecture lâ yajidûna, où lâ a le sens de laysa ; selon les grammairiens basriens, le sens est simplement qu’« ils ne trouvent pas ».
Cinquièmement : la majorité des savants estiment que celui qui ne possède pas de quoi dépenser pour participer à l’expédition n’en est pas redevable.
Nos savants ont toutefois précisé : si, d’ordinaire, la personne mendie et que tel est son usage établi, alors l’obligation lui incombe – à l’instar du pèlerinage – car tant que sa situation ne change pas, le devoir lui est assigné comme il l’est pour celui qui possède les moyens. Et Allah est plus savant.
Sixièmement : dans la parole du Très-Haut « et leurs yeux débordaient de larmes », on trouve l’indication que l’on peut se fonder sur les indices circonstanciels. Parmi ces indices, certains procurent une connaissance nécessaire, d’autres laissent place à l’hésitation.
De la première catégorie relève, par exemple, celui qui passe devant une demeure où l’on a fait retentir les complaintes funèbres, où les joues ont été lacérées, les chevelures rasées, les cris stridents poussés et les vêtements déchirés tandis qu’on proclame la ruine du maître de la maison : il sait alors avec certitude qu’il est mort.
Quant à la seconde catégorie, elle ressemble aux larmes des orphelins sur le perron des juges. Ainsi, le Très-Haut rapporte propos des frères de Yûsuf – sur lui la paix : « Ils vinrent à leur père, le soir, en pleurant » (Yûsuf, 12 : 16), alors qu’ils étaient menteurs. Allah dit encore à leur sujet : « Ils apportèrent sa tunique maculée d’un sang mensonger » (Yûsuf, 12 : 18).