Quatrième point – Parole du Très-Haut :
« … et il n’y a pas non plus [de reproche] contre ceux qui, lorsqu’ils sont venus à toi pour que tu les transportes … »
Il a été rapporté que ce verset fut révélé à propos de ʿIrbâḍ ibn Sâriya. D’aucuns ont dit qu’il concerna ʿĀʾidh ibn ʿAmr. D’autres encore soutiennent qu’il fut révélé au sujet des Banû Muqarrin – et c’est l’avis de la majorité des exégètes. Ceux-ci formaient une fratrie de sept frères, tous Compagnons du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui. On ne connaît, parmi les Compagnons, aucune autre fratrie de sept frères. Leurs noms sont : an-Nuʿmân, Maʿqil, ʿAqîl, Suwayd, Sinân, ainsi qu’un septième dont le nom n’a pas été mentionné[1].
Les Banû Muqarrin al-Muzaniyyûn – ces sept frères – émigrèrent et fréquentèrent le Messager d’Allah – paix et salut sur lui. D’après Ibn ʿAbd al-Barr et d’autres, nul ne partage avec eux cet honneur.
On a également avancé qu’ils participèrent tous à la bataille du Fossé.
D’autres exégètes ont dit que le verset fut révélé au sujet de sept hommes issus de tribus diverses, appelés « les pleureurs » (al-bakkâʾûn). Ils se rendirent auprès du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – lors de l’expédition de Tabûk pour qu’il les équipe, mais il ne trouva rien pour les monter. C’est alors que
« … ils se détournèrent, tandis que leurs yeux débordaient de larmes, attristés de ne pas trouver de quoi dépenser. »
Ils reçurent ainsi le surnom de « pleureurs ». Il s’agit de :
– Sâlim ibn ʿUmayr, des Banû ʿAmr ibn ʿAwf ;
– ʿUlba ibn Zayd, des Banû Hâritha ;
– Abû Laylâ ʿAbd ar-Raḥmân ibn Kaʿb, des Banû Mâzin ibn an-Najjâr ;
– ʿAmr ibn al-Ḥumâm, des Banû Salama ;
– ʿAbd Allâh ibn al-Mughaf-fal al-Muzanî – et l’on dit plutôt : ʿAbd Allâh ibn ʿAmr al-Muzanî ;
– Haramiyy ibn ʿAbd Allâh, des Banû Wâqif ;
– ʿIrbâḍ ibn Sâriya al-Fazârî.
C’est ainsi qu’Abû ʿUmar les a énumérés dans son ouvrage « ad-Durar », bien que les avis divergent sur leurs identités.
Al-Qushayrî, pour sa part, cite : Maʿqil ibn Yasâr, Ṣakhr ibn Khansâʾ, ʿAbd Allâh ibn Kaʿb al-Anṣârî, Sâlim ibn ʿUmayr, Thaʿlaba ibn Ghanama, ʿAbd Allâh ibn al-Mughaf-fal, et un autre encore.
Ils dirent : « Ô Prophète d’Allah, tu nous as encouragés à sortir avec toi ; équipe-nous, ne serait-ce qu’avec des sandales légères et des chaussures rapiécées, afin que nous partions à tes côtés. »
Il répondit : « Je ne trouve rien pour vous porter. » Ils se détournèrent donc en pleurant.
Ibn ʿAbbâs rapporte qu’ils lui demandèrent des montures ; un homme avait alors besoin de deux chameaux : l’un pour chevaucher, l’autre pour porter son eau et ses provisions, tant la route était longue.
Al-Ḥasan dit : ce verset fut révélé au sujet d’Abû Mûsâ et de ses compagnons. Ils vinrent demander au Prophète – paix et salut sur lui – de les monter, mais cela coïncida avec un moment où il était en colère. Il déclara : « Par Allah, je ne vous monterai pas, et je ne trouve rien pour vous porter. » Ils se détournèrent en pleurant. Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – les fit alors rappeler et leur donna un petit troupeau de chamelles[2].
[1] Les dictionnaires mentionnent parfois que ce septième frère se nommait ʿAbd Allâh, ʿAbd ar-Raḥmân, ʿAqîl, Maʿqil, an-Nuʿmân, Suwayd ou Sinân, fils de Muqarrin – tous étant des Compagnons.
[2] Le terme « ذود » désigne un petit groupe de chamelles, généralement de trois à dix, et ne possède pas de singulier dérivé du même mot.