Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il comporte six questions :

Premièrement –
La parole du Très-Haut : « Il n’y a point de faute pour les faibles… » constitue un principe fondant la déchéance de l’obligation légale pour l’incapable ; quiconque est dans l’incapacité d’accomplir quelque chose en est déchargé : parfois l’obligation passe à un substitut consistant en un acte, parfois à un substitut consistant en une indemnité. Il n’y a, à cet égard, aucune différence entre l’incapacité physique et l’incapacité financière.

Une locution analogue se trouve dans la parole d’Allâh : « Allâh n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (al-Baqarah, 2 : 286), ainsi que dans Sa parole : « Il n’y a point de faute pour l’aveugle, ni pour le boiteux, ni pour le malade » (an-Nûr, 24 : 61).

Abû Dâwûd rapporte d’après Anas que le Messager d’Allâh – que la bénédiction et la paix soient sur lui – a dit :
« Vous avez laissé à Médine des hommes ; jamais vous n’avez parcouru une distance, dépensé une dépense ni traversé une vallée sans qu’ils fussent avec vous dans tout cela. »
Ils demandèrent : Ô Messager d’Allâh, comment peuvent-ils être avec nous alors qu’ils sont à Médine ?
Il répondit : « Un empêchement légitime les a retenus. »

Cette âyah, corroborée par les versets analogues que nous avons mentionnés, établit qu’aucun blâme ne pèse sur les excusés ; il s’agit de ceux dont l’excuse est manifeste : les personnes atteintes d’infirmité permanente, les vieillards, les aveugles, les boiteux, ainsi que ceux qui ne trouvent pas de quoi dépenser.
Le Très-Haut a donc dit : « Il n’y a point de faute pour ceux-là… » – « s’ils conseillent loyalement Allâh et Son Messager », c’est-à-dire s’ils reconnaissent la vérité, aiment les alliés d’Allâh et prennent en aversion Ses ennemis.
Les savants ont dit : le Vrai – exalté soit-Il – a excusé les gens dotés d’un empêchement légitime, mais les cœurs patients ne purent s’y résoudre ; ainsi Ibn Umm Maktûm se rendit à Uhud et demanda qu’on lui confiât l’étendard ; c’est cependant Muṣʿab b. ʿUmair qui le prit. Un polythéiste s’avança, trancha la main portant l’étendard ; Muṣʿab le saisit de l’autre main, qui fut elle aussi tranchée ; il le serra alors contre sa poitrine en récitant : « Muhammad n’est qu’un Messager ; des messagers sont déjà passés avant lui » (Âl ʿImrân, 3 : 144). Telles sont les fermes résolutions de ces gens.

Or le Vrai dit : « Il n’y a point de faute pour l’aveugle » – et cela en premier lieu – « ni pour le boiteux », tandis que ʿAmr b. al-Jamûḥ, l’un des notables ansârites, était boiteux, mais se trouvait à la tête de l’armée. Le Prophète – paix et salut sur lui – lui dit : « Allâh t’a certes dispensé. » Il répondit : « Par Allâh, je creuserai de ma claudication même un chemin vers le Paradis ! » Il en alla de même pour leurs semblables, ainsi qu’il a été mentionné plus haut dans cette sûrah – qu’Allâh les agrée.

ʿAbd Allâh b. Masʿûd a dit : « On amenait parfois un homme, soutenu entre deux autres, afin qu’il fût mis debout dans les rangs. »

فِيهِ سِتُّ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: " لَيْسَ عَلَى الضُّعَفاءِ" الْآيَةَ. أَصْلٌ فِي سُقُوطُ التَّكْلِيفِ عن العاجز، فكل من عجز عن شي سَقَطَ عَنْهُ، فَتَارَةً إِلَى بَدَلٍ هُوَ فِعْلٌ، وَتَارَةً إِلَى بَدَلٍ هُوَ غُرْمٌ، وَلَا فَرْقَ بَيْنَ الْعَجْزِ مِنْ جِهَةِ الْقُوَّةِ أَوِ الْعَجْزِ مِنْ جِهَةِ الْمَالِ، وَنَظِيرُ هَذِهِ الْآيَةِ قَوْلُهُ تَعَالَى: " لَا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَفْساً إِلَّا وُسْعَها" «١» [البقرة: ٢٨٦] وَقَوْلُهُ: " لَيْسَ عَلَى الْأَعْمى حَرَجٌ وَلا عَلَى الْأَعْرَجِ حَرَجٌ وَلا عَلَى الْمَرِيضِ «٢» حَرَجٌ" [النور: ٦١] . وَرَوَى أَبُو دَاوُدَ عَنْ أَنَسٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (لَقَدْ تَرَكْتُمْ بِالْمَدِينَةِ «٣» أَقْوَامًا مَا سِرْتُمْ مَسِيرًا وَلَا أَنْفَقْتُمْ مِنْ نَفَقَةٍ وَلَا قَطَعْتُمْ مِنْ وَادٍ إِلَّا وَهُمْ مَعَكُمْ فِيهِ) . قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَكَيْفَ يَكُونُونَ مَعَنَا وَهُمْ بِالْمَدِينَةِ؟ قَالَ: (حَبَسَهُمُ الْعُذْرُ) . فَبَيَّنَتْ هَذِهِ الْآيَةُ مَعَ مَا ذَكَرْنَا مِنْ نَظَائِرِهَا أَنَّهُ لَا حَرَجَ عَلَى الْمَعْذُورِينَ، وَهُمْ قَوْمٌ عُرِفَ عُذْرُهُمْ كَأَرْبَابِ الزَّمَانَةِ وَالْهَرَمِ وَالْعَمَى وَالْعَرَجِ، وَأَقْوَامٍ لَمْ يَجِدُوا مَا يُنْفِقُونَ، فَقَالَ: لَيْسَ عَلَى هَؤُلَاءِ حَرَجٌ. (إِذَا نَصَحُوا لِلَّهِ وَرَسُولِهِ) إِذَا عَرَفُوا الْحَقَّ وَأَحَبُّوا أَوْلِيَاءَهُ وَأَبْغَضُوا أَعْدَاءَهُ قَالَ الْعُلَمَاءُ: فَعَذَرَ الْحَقُّ سُبْحَانَهُ أَصْحَابَ الْأَعْذَارِ، وَمَا صَبَرَتِ الْقُلُوبُ، فَخَرَجَ ابْنُ أُمِّ مَكْتُومٍ إِلَى أُحُدٍ وَطَلَبَ أَنْ يُعْطَى اللِّوَاءَ فَأَخَذَهُ مُصْعَبُ بْنُ عُمَيْرٍ، فَجَاءَ رَجُلٌ مِنَ الْكُفَّارِ فَضَرَبَ يَدَهُ الَّتِي فِيهَا اللِّوَاءُ فَقَطَعَهَا، فَأَمْسَكَهُ بِالْيَدِ الْأُخْرَى فَضَرَبَ الْيَدَ الْأُخْرَى فَأَمْسَكَهُ بِصَدْرِهِ وَقَرَأَ " وَما مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ" «٤» [آل عمران: ١٤٤] . هَذِهِ عَزَائِمُ الْقَوْمِ. وَالْحَقُّ يَقُولُ: " لَيْسَ عَلَى الْأَعْمى حَرَجٌ" [النور: ٦١] وَهُوَ فِي الْأَوَّلِ. " وَلا عَلَى الْأَعْرَجِ حَرَجٌ" [النور: ٦١] وَعَمْرُو بْنُ الْجَمُوحِ مِنْ نُقَبَاءِ الْأَنْصَارِ أَعْرَجُ وَهُوَ فِي أَوَّلِ الْجَيْشِ. قَالَ لَهُ الرَّسُولُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (إِنَّ اللَّهَ قَدْ عَذَرَكَ) فَقَالَ: وَاللَّهِ لَأَحْفِرَنَّ «٥» بِعَرْجَتِي هَذِهِ فِي الْجَنَّةِ، إِلَى أَمْثَالِهِمْ حَسْبَ مَا تَقَدَّمَ فِي هَذِهِ السُّورَةِ مِنْ ذِكْرِهِمْ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ: وَلَقَدْ كَانَ الرَّجُلُ يُؤْتَى بِهِ يُهَادَى «٦» بَيْنَ الرَّجُلَيْنِ حَتَّى يُقَامَ فِي الصف.
(١). راجع ج ٣ ص ٤٢٤ فما بعد. (٢). راجع ج ١٢ ص ٣١١ فما بعد. (٣). في هـ وك وى: بعدكم. (٤). راجع ج ٤ ص ٢٢١. (٥). يقال: حفر الطريق إذا أثر فيها بمشيه عليها. (٦). أي يمشى بينهما معتمدا عليهما من ضعفه وتمايله.

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