Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Son origine est le verbe « khalafa » appliqué au lait : « khalafa al-labanu » – le lait se gâte et tourne à l’aigre lorsqu’il séjourne longtemps. On dit aussi : « khalafa famu-ṣ-ṣāʾim » – l’haleine du jeûneur change d’odeur ; et de là l’expression : « Un tel est un mauvais successeur (khalafu sû’) ». Toutefois le modèle pluriel « fawāʿil » est le pluriel de la forme « fāʿilah ». Quant à l’adjectif sur le patron « fāʿil », il ne se met pas au pluriel « fawāʿil » en prose, sauf en poésie, et encore uniquement pour deux vocables : fāris (cavalier) et hālik (périssant).

Et – qu’Il soit exalté – lorsqu’Il décrit les combattants dans Son sentier :
« Et ceux-là auront al-khayrāt ».
Selon al-Ḥasan, il s’agit des femmes belles et vertueuses. La preuve en est la Parole du Tout-Puissant :
« En elles se trouvent des khayrāt ḥisān » (ar-Raḥmān, 70).
On dit également : « Elle est la khayrah des femmes », l’original étant khayyirah, forme qui a été allégée, à l’instar de hayyinah devenu haynah. D’autres voient dans al-khayrāt le pluriel de khayr (bien) ; le sens est alors : ils jouiront des bienfaits des deux demeures (d’ici-bas et de l’au-delà). Le terme al-falāḥ (succès) a déjà été expliqué. Quant aux « jannāt », ce sont les jardins et vergers, notion également exposée auparavant.

[Sourate at-Tawbah (9), verset 90] :
« Les muʿadhdhirūn parmi les Bédouins vinrent demander qu’on leur accordât permission, tandis que restèrent assis ceux qui avaient traité Allah et Son Messager de menteurs. Un châtiment douloureux frappera les mécréants d’entre eux. »

Parole du Très-Haut :
« Les muʿadhdhirūn parmi les Bédouins vinrent… »
Al-Aʿraj et ad-Ḍaḥḥāk l’ont récitée sous la forme allégée « al-muʿdharūn ». Abū Kurayb la transmit d’Abū Bakr d’après ʿĀṣim ; les maîtres de la lecture la rapportèrent également d’Ibn ʿAbbās.

Al-Jawharī dit : Ibn ʿAbbās récitait « wa-jā’a al-muʿdharūn » sans redoublement, tiré du verbe aʿdhara, et il affirmait : « Par Allah, c’est ainsi qu’elle a été révélée. »

Al-Naḥḥās commente : toutefois, cette lecture repose sur la voie d’al-Kalbī. Le terme vient de aʿdhara ; d’où l’expression : « aʿdhara man andhara » – « a pleinement présenté son excuse celui qui t’a prévenu ».

Quant à la forme avec redoublement « al-muʿadhdhirūn », deux avis existent.

  1. Elle désigne celui qui est fondé dans son excuse ; son sens équivaut alors à « al-muʿtadhir », car il possède un motif légitime. Le mot viendrait de « al-muʿtadhirūn » ; la tāʾ y a été changée en dhāl, assimilée, et son mouvement transféré sur le ʿayn, à l’image de la lecture « yakhiṣimūn » (Yā-Sīn, 49) où la khāʾ est voyellée par fatḥa.
    Il est permis de dire « al-muʿidhirūn » avec kasra sur la ʿayn pour éviter deux sukūns contigus, ou avec ḍamma suivant la mīm : ces variantes sont signalées par al-Jawharī et al-Naḥḥās, lequel les rapporte d’al-Akhaffash, al-Farrāʾ, Abū Ḥātim et Abū ʿUbayd.
  2. Il se peut que l’original soit « al-muʿtadhirūn », la tāʾ ayant été assimilée à la dhāl ; il s’agirait alors des gens réellement excusés.

Labīd a dit :
« Après une année, alors, que le salut soit sur vous deux…
Quiconque pleure une année entière a certes présenté son excuse. »

وَأَصْلُهُ مِنْ خَلَفَ اللَّبَنُ يَخْلُفُ إِذَا حَمُضَ مِنْ طُولِ مُكْثِهِ. وَخَلَفَ فَمُ الصَّائِمِ إِذَا تَغَيَّرَ رِيحُهُ، وَمِنْهُ فُلَانٌ خَلَفُ سَوْءٍ، إِلَّا أَنَّ فَوَاعِلَ جَمْعُ فَاعِلَةٍ. وَلَا يُجْمَعُ (فَاعِلٌ) صِفَةً عَلَى فَوَاعِلَ إِلَّا فِي الشِّعْرِ، إِلَّا فِي حَرْفَيْنِ، وَهُمَا فَارِسٌ وَهَالِكٌ. وَقَوْلُهُ تَعَالَى فِي وَصْفِ الْمُجَاهِدِينَ: " وَأُولئِكَ لَهُمُ الْخَيْراتُ" قِيلَ: النِّسَاءُ الْحِسَانُ، عَنِ الْحَسَنِ. دَلِيلُهُ قَوْلُهُ عَزَّ وجل: " فِيهِنَّ خَيْراتٌ حِسانٌ" «١» [الرحمن: ٧٠] . وَيُقَالُ: هِيَ خَيْرَةُ النِّسَاءِ. وَالْأَصْلُ خَيِّرَةٌ فَخُفِّفَ، مِثْلَ هَيِّنَةٌ وَهَيْنَةٌ. وَقِيلَ: جَمْعُ خَيْرٍ. فَالْمَعْنَى لَهُمْ مَنَافِعُ الدَّارَيْنِ وَقَدْ تَقَدَّمَ مَعْنَى الْفَلَاحِ «٢» . والجنات: والبساتين. وقد تقدم «٣» أيضا. [[سورة التوبة (٩) : آية ٩٠]] وَجاءَ الْمُعَذِّرُونَ مِنَ الْأَعْرابِ لِيُؤْذَنَ لَهُمْ وَقَعَدَ الَّذِينَ كَذَبُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ سَيُصِيبُ الَّذِينَ كَفَرُوا مِنْهُمْ عَذابٌ أَلِيمٌ (٩٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَجاءَ الْمُعَذِّرُونَ مِنَ الْأَعْرابِ" قَرَأَ الْأَعْرَجُ وَالضَّحَّاكُ " الْمُعْذَرُونَ" مُخَفَّفًا. وَرَوَاهَا أَبُو كُرَيْبٍ عَنْ أَبِي بَكْرٍ عَنْ عَاصِمٍ، وَرَوَاهَا أَصْحَابُ الْقِرَاءَاتِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَكَانَ ابْنُ عَبَّاسٍ يَقْرَأُ " وَجَاءَ الْمُعْذَرُونَ" مُخَفَّفَةً، مِنْ أَعْذَرَ. وَيَقُولُ: وَاللَّهِ لَهَكَذَا أُنْزِلَتْ. قَالَ النَّحَّاسُ: إِلَّا أَنَّ مَدَارَهَا عَنِ الْكَلْبِيِّ، وَهِيَ مِنْ أَعْذَرَ، وَمِنْهُ قَدْ أَعْذَرَ مَنْ أَنْذَرَ، أَيْ قَدْ بَالَغَ فِي الْعُذْرِ مَنْ تَقَدَّمَ إِلَيْكَ فَأَنْذَرَكَ. وَأَمَّا " الْمُعَذِّرُونَ" بِالتَّشْدِيدِ فَفِيهِ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا أَنَّهُ يَكُونُ الْمُحِقَّ، فَهُوَ فِي الْمَعْنَى الْمُعْتَذِرِ، لِأَنَّ لَهُ عُذْرًا. فَيَكُونُ " الْمُعَذِّرُونَ" عَلَى هَذِهِ أَصْلُهُ الْمُعْتَذِرُونَ، وَلَكِنَّ التَّاءَ قُلِبَتْ ذَالًا فَأُدْغِمَتْ فِيهَا وَجُعِلَتْ حَرَكَتُهَا عَلَى العين، كما قرئ " يخصمون" «٤» [يس: ٤٩] بِفَتْحِ الْخَاءِ. وَيَجُوزُ " الْمُعِذِّرُونَ" بِكَسْرِ الْعَيْنِ لِاجْتِمَاعِ السَّاكِنَيْنِ. وَيَجُوزُ ضَمُّهَا اتِّبَاعًا لِلْمِيمِ. ذَكَرَهُ الْجَوْهَرِيُّ وَالنَّحَّاسُ. إِلَّا أَنَّ النَّحَّاسَ حَكَاهُ عَنِ الْأَخْفَشِ وَالْفَرَّاءِ وَأَبِي حَاتِمٍ وَأَبِي عُبَيْدٍ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْأَصْلُ الْمُعْتَذِرُونَ، ثُمَّ أُدْغِمَتِ التَّاءُ فِي الذَّالِ، وَيَكُونُونَ الَّذِينَ لَهُمْ عُذْرٌ. قَالَ لَبِيَدٍ: إِلَى الْحَوْلِ ثُمَّ اسْمُ السَّلَامِ عَلَيْكُمَا ... وَمَنْ يَبْكِ حَوْلًا كَامِلًا فَقَدِ اعْتَذَرْ
(١). راجع ج ١٧ ص ١٨٦. (٢). راجع ج ١ ص ١٨٢، ٣٩ ٢. (٣). راجع ج ١ ص ١٨٢، ٣٩ ٢. (٤). راجع ج ١٥ ص ٣٦ فما بعد.

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