« … soixante-dix », dit-il : « Il est un hypocrite. » Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — accomplit alors la prière funéraire pour lui. Puis Allah — Puissant et Majestueux — fit descendre : « Ne fais jamais la prière funéraire pour aucun d’entre eux qui meurt, et ne te tiens pas sur sa tombe. » Dès lors, il renonça à prier sur eux.
Certains savants ont dit : le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — n’a prié sur ʿAbd Allāh ibn Ubayy qu’en se basant sur l’apparence de sa profession de foi ; ensuite, lorsque l’interdiction fut révélée, il ne le fit plus.
Deuxième point. Si quelqu’un objecte : comment ʿUmar a-t-il pu dire : « Vas-tu prier sur lui alors qu’Allah t’a interdit de le faire », alors qu’aucune interdiction préalable n’avait encore été révélée concernant la prière funéraire pour eux ?
On lui répond : il se peut que cette idée lui soit venue à l’esprit par inspiration, faisant partie des intuitions véridiques que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — lui reconnut ; en effet, le Coran descendait fréquemment conforme à son opinion, comme il le déclara : « Je suis tombé d’accord avec mon Seigneur en trois choses » — dans une autre version : « en quatre » —, ainsi qu’il a été mentionné dans la sourate al-Baqarah ; ceci en ferait partie.
Il se peut également qu’il ait compris cela de la parole du Très-Haut : « Implore pour eux le pardon, ou n’implore-le pas pour eux… » (at-Tawbah, 80) — et non d’une interdiction déjà révélée, comme l’indiquent les hadiths rapportés par al-Bukhārī et Muslim ; Allah est Plus Savant.
Je dis : il se peut encore qu’il l’ait déduit du verset : « Il n’appartient pas au Prophète ni à ceux qui croient de demander pardon pour les polythéistes… » (at-Tawbah, 113), car celui-ci fut révélé à La Mecque ; nous l’expliquerons plus loin.
Troisième point. À propos de Sa parole — Exalté soit-Il : « Implore pardon pour eux… », Allah a indiqué que, même si le Prophète implorait pour eux le pardon, cela ne leur serait d’aucune utilité, fût-il très insistant dans sa demande.
Al-Qushayrī a dit : il n’est pas établi ce que l’on rapporte selon quoi il aurait dit : « J’irai au-delà des soixante-dix. »
Je dis : cela contredit ce qui est authentiquement rapporté dans le hadith d’Ibn ʿUmar : « … et j’ajouterai aux soixante-dix », et dans le hadith d’Ibn ʿAbbās : « Si je savais qu’en dépassant les soixante-dix ils seraient pardonnés, je l’aurais fait. »
Il dit encore : le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — accomplit alors la prière funéraire pour lui. Rapporté par al-Bukhārī.
Quatrième point. Les savants ont divergé sur l’interprétation de Sa parole : « Implore pardon pour eux… ». Est-ce une expression de désespoir (iy’âs) ou un choix (takhyîr) ? Un groupe a dit qu’elle exprime le désespoir, preuve en est la parole du Très-Haut : « Jamais Allah ne leur pardonnera. » La mention du chiffre soixante-dix n’est qu’une tournure courante chez eux pour signifier la multitude et l’insistance ; de même, lorsqu’un des leurs dit : « Je ne lui parlerai jamais. »