Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

J’ai dit :

La preuve apportée par la seconde opinion est le hadith rapporté par Muslim d’après Abû Hurayrah — qu’Allâh l’agrée — selon lequel le Messager d’Allâh — qu’Allâh le couvre d’éloges et le salue — a déclaré :
« Allâh a pardonné à ma communauté ce que leurs âmes se disent tant qu’ils ne l’ont ni mis en acte ni exprimé de vive voix. »
At-Tirmidhî l’a également transmis et l’a qualifié de « hadith bon et authentique ». Les gens de science se fondent sur ce texte : lorsqu’un homme se dit intérieurement qu’il va divorcer, rien n’est établi tant qu’il ne l’a pas formulé.

Abû ‘Umar a dit :
« Celui qui a résolu le divorce dans son cœur sans l’avoir prononcé n’est engagé par rien. » Tel est l’avis le plus célèbre rapporté de Mâlik. Il est toutefois rapporté de lui une autre version selon laquelle le divorce devient effectif dès qu’il l’a voulu en son cœur, de même que l’on peut apostasier par le cœur même si la langue ne l’a pas formulé. Cependant, la première position est la plus juste en raison et au regard de la transmission, compte tenu de la parole du Messager d’Allâh — qu’Allâh le bénisse et le salue :
« Allâh a pardonné à ma communauté ce que leurs âmes susurrent tant que la langue ne l’a pas exprimé ou que la main ne l’a pas exécuté. »

Quatrièmement : s’il s’agit d’un vœu (nadh r), son accomplissement est obligatoire sans divergence, et le délaisser constitue un péché. S’il s’agit d’un serment (yamîn), le fait de s’y tenir n’est pas obligatoire d’un commun accord. L’idée est la suivante : lorsqu’un homme est pauvre, qu’il n’est donc pas concerné par l’obligation de la zakât, puis qu’il demande à Allâh une richesse qui le rendrait redevable de la zakât afin d’acquitter ce qui lui incomberait, et qu’après qu’Allâh lui ait octroyé la richesse souhaitée il délaisse l’engagement qu’il avait pris — engagement qui, en réalité, lui incomberait de toute façon d’après la Sharî‘ah, même sans cet engagement —, c’est le fait même de solliciter la richesse pour s’acquitter des droits qui l’a plongé dans l’embarras ; car sa demande à Allâh, exalté soit-Il, manquait de sincérité ou, bien qu’elle fût sincère, l’arrêt prééternel avait déjà décrété pour lui la damnation. Nous cherchons refuge auprès d’Allâh contre cela.

J’ai dit :
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la parole du Prophète — sur lui la paix :
« Lorsque l’un de vous formule un souhait, qu’il examine ce qu’il souhaite ; il ne sait pas ce qu’Allâh, Puissant et Majestueux, a inscrit pour lui dans l’invisible au sujet de son vœu »,
c’est-à-dire de son issue. Combien de souhaits deviennent une tentation ou un moyen de tyrannie, causant la perdition ici-bas et dans l’au-delà, car les affaires mondaines ont des issues incertaines et des conséquences périlleuses ! En revanche, souhaiter les choses de la religion et de l’au-delà est louable dans son aboutissement, encouragé et recommandé.

Cinquièmement :
La parole du Très-Haut :
« Si Allâh nous accorde de Sa grâce, nous ferons certes l’aumône »
est une preuve que quiconque dit : « Si je possède telle ou telle chose, elle sera en aumône », y est tenu. C’est l’avis d’Abû Hanîfah. Ash-Shâfi‘î soutient qu’il n’y est pas tenu. Le désaccord est le même pour le divorce et pour l’affranchissement d’esclave.

Ahmad ibn Hanbal a déclaré : « Il y est tenu dans le cas de l’affranchissement et n’y est pas tenu dans le cas du divorce, car l’affranchissement est un acte de rapprochement (qurba) qui devient obligatoire par le vœu, contrairement au divorce qui…»

قُلْتُ: وَحُجَّةُ الْقَوْلِ الثَّانِي مَا رَوَاهُ مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّ اللَّهَ تَجَاوَزَ لِأُمَّتِي عَمَّا حَدَّثَتْ بِهِ أَنْفُسَهَا مَا لَمْ تعمل أو تتكلم به) رواه التِّرْمِذِيُّ وَقَالَ: حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ، وَالْعَمَلُ عَلَى هَذَا عِنْدَ أهل العلم إن رجل إِذَا حَدَّثَ نَفْسَهُ بِالطَّلَاقِ لَمْ يَكُنْ شَيْئًا حَتَّى يَتَكَلَّمَ بِهِ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَمَنِ اعْتَقَدَ بِقَلْبِهِ الطَّلَاقَ وَلَمْ يَنْطِقْ بِهِ لِسَانُهُ فَلَيْسَ بِشَيْءٍ. هَذَا هُوَ الْأَشْهَرُ عَنْ مَالِكٍ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْهُ أَنَّهُ يَلْزَمُهُ الطَّلَاقُ إِذَا نَوَاهُ بِقَلْبِهِ، كَمَا يَكْفُرُ بِقَلْبِهِ وَإِنْ لَمْ يَنْطِقْ بِهِ لِسَانُهُ. وَالْأَوَّلُ أَصَحُّ فِي النَّظَرِ وَطَرِيقِ الْأَثَرِ، لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (تَجَاوَزَ اللَّهُ لِأُمَّتِي عَمَّا وَسْوَسَتْ بِهِ نُفُوسَهَا مَا لَمْ يَنْطِقْ بِهِ لِسَانٌ أَوْ تَعْمَلْهُ يَدٌ) . الرَّابِعَةُ- إِنْ كَانَ نَذْرًا فَالْوَفَاءُ بِالنَّذْرِ وَاجِبٌ مِنْ غَيْرِ خِلَافٍ وَتَرْكُهُ مَعْصِيَةٌ. وَإِنْ كَانَتْ يَمِينًا فَلَيْسَ الْوَفَاءُ بِالْيَمِينِ وَاجِبًا بِاتِّفَاقٍ. بَيْدَ أَنَّ الْمَعْنَى فِيهِ إِنْ كَانَ الرَّجُلُ فَقِيرًا لَا يَتَعَيَّنُ عَلَيْهِ فَرْضُ الزَّكَاةِ، فَسَأَلَ اللَّهَ مَالًا تَلْزَمُهُ فِيهِ الزَّكَاةُ وَيُؤَدِّي مَا تَعَيَّنَ عَلَيْهِ مِنْ فَرْضِهِ، فَلَمَّا آتَاهُ اللَّهُ مَا شَاءَ مِنْ ذَلِكَ تَرَكَ مَا الْتَزَمَ مِمَّا كَانَ يَلْزَمُهُ فِي أَصْلِ الدِّينِ لَوْ لَمْ يَلْتَزِمْهُ، لَكِنَّ التَّعَاطِيَ بِطَلَبِ الْمَالِ لِأَدَاءِ الْحُقُوقِ هُوَ الَّذِي أَوْرَطَهُ إِذْ كَانَ طَلَبُهُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى بِغَيْرِ نِيَّةٍ خَالِصَةٍ، أَوْ نِيَّةٍ لَكِنْ سَبَقَتْ فِيهِ الْبِدَايَةَ الْمَكْتُوبُ عَلَيْهِ فِيهَا الشَّقَاوَةُ. نَعُوذُ بِاللَّهِ مِنْ ذَلِكَ. قُلْتُ: وَمِنْ هَذَا الْمَعْنَى قَوْلُهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (إِذَا تَمَنَّى أَحَدُكُمْ فَلْيَنْظُرْ مَا يَتَمَنَّى فَإِنَّهُ لَا يَدْرِي مَا كُتِبَ لَهُ فِي غيب الله عَزَّ وَجَلَّ مِنْ أُمْنِيَتِهِ) أَيْ مِنْ عَاقِبَتِهَا، فَرُبَّ أُمْنِيَةٍ يَفْتَتِنُ بِهَا أَوْ يَطْغَى فَتَكُونُ سَبَبًا لِلْهَلَاكِ دُنْيَا وَأُخْرَى، لِأَنَّ أُمُورَ الدُّنْيَا مُبْهَمَةٌ عَوَاقِبُهَا خَطِرَةٌ غَائِلَتُهَا. وَأَمَّا تَمَنِّي أُمُورِ الدِّينِ وَالْأُخْرَى فَتَمَنِّيهَا مَحْمُودُ الْعَاقِبَةِ مَحْضُوضٌ عَلَيْهَا مَنْدُوبٌ إِلَيْهَا. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (لَئِنْ آتَانَا مِنْ فَضْلِهِ لَنَصَّدَّقَنَّ) دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ مَنْ قَالَ: إِنْ مَلَكْتُ كَذَا وَكَذَا فَهُوَ صَدَقَةٌ فَإِنَّهُ يَلْزَمُهُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَلْزَمُهُ. وَالْخِلَافُ فِي الطَّلَاقِ مِثْلُهُ، وَكَذَلِكَ فِي الْعِتْقِ. وَقَالَ أَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ: يَلْزَمُهُ ذَلِكَ فِي الْعِتْقِ وَلَا يَلْزَمُهُ فِي الطَّلَاقِ، لِأَنَّ الْعِتْقَ قُرْبَةٌ وَهِيَ تَثْبُتُ فِي الذِّمَّةِ بِالنَّذْرِ، بِخِلَافِ الطَّلَاقِ فَإِنَّهُ

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