Il renferme huit questions :
Premièrement – La parole du Très-Haut :
« Parmi eux, il en est qui ont fait un pacte avec Allah… »
Qatâda a dit : il s’agit d’un homme parmi les Ançâr qui déclara : « Si Allah m’accorde quelque bien, je m’acquitterai de Son droit et je ferai l’aumône. » Puis, lorsqu’Allah le gratifia, il se comporta comme je viens de vous l’exposer. Gardez-vous donc du mensonge, car il conduit à la perversité.
‘Alî b. Yazîd a rapporté, d’après al-Qâsim, d’après Abû Umâma al-Bâhilî, que Tha‘laba b. Hâtib al-Anṣârî – il le nomma – dit au Prophète ﷺ : « Invoque Allah afin qu’Il me gratifie de biens. » Le Prophète ﷺ répondit : « Malheur à toi, ô Tha‘laba ! Un peu dont tu acquittes la reconnaissance vaut mieux qu’un grand bien dont tu ne saurais t’acquitter. » Il revint à la charge une seconde fois, alors le Prophète ﷺ lui dit : « Ne te suffit-il pas d’être tel le Prophète d’Allah ? Si j’avais voulu que les montagnes marchent avec moi sous forme d’or, elles l’auraient fait. » Tha‘laba répliqua : « Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, si tu invoques Allah et qu’Il me pourvoie de biens, je donnerai à chaque ayant-droit son droit. » Le Prophète ﷺ invoqua donc en sa faveur. Il acquit un troupeau de brebis qui se multiplia comme se multiplie la vermine ; la cité de Médine se fit trop étroite pour lui, si bien qu’il s’en éloigna et s’établit dans une vallée des alentours. Il ne vint plus prier en congrégation que le ẓuhr et le ‘aṣr, délaissant le reste. Puis le troupeau se développa davantage au point qu’il abandonna toutes les prières, à l’exception du ṣalât al-jum‘a, laquelle il finit par délaisser également. Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Malheur à Tha‘laba ! » et cela trois fois. Ensuite fut révélée la parole : « Prélève de leurs biens une aumône… » (At-Tawba, 103).
Le Prophète ﷺ dépêcha alors deux hommes pour la ṣadaqa et leur dit : « Passez chez Tha‘laba et chez un tel – un homme des Banû Sulaym – et percevez leur aumône. » Ils se rendirent auprès de Tha‘laba et lui lurent la lettre du Messager d’Allah ﷺ. Il s’exclama : « Ce n’est rien d’autre que la sœur de la jizya ! Allez faire votre tournée, puis revenez. » – Fin du hadith, connu et répandu.
On a dit également que la cause de l’enrichissement de Tha‘laba était qu’il avait hérité d’un cousin.
Ibn ‘Abd al-Barr a déclaré : on rapporte que c’est au sujet de Tha‘laba b. Hâtib qu’a été révélé le verset : « Parmi eux, il en est qui ont fait un pacte avec Allah… », lorsqu’il refusa d’acquitter la zakât – Allah est plus savant.
Ce qui est rapporté au sujet de quiconque assista à Badr semble contredit par la parole du Très-Haut dans ce verset : « Il en résulta l’hypocrisie dans leurs cœurs… »
Je dis : il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs que la raison de la révélation est la suivante : Hâtib b. Abî Balta‘a, dont la richesse mise en commerce en Syrie tardait à revenir, jura, dans l’un des assemblées des Ançâr : « Si mon capital revient sain et sauf, je ferai l’aumône avec une part et je renforcerai les liens familiaux grâce à une autre part. » Mais, lorsque l’argent lui revint, il se montra avare, et le verset fut révélé.