Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ta parenté que tu n’entretiens pas.

Le Messager d’Allah – qu’Allah bénisse et salue – dit à l’épouse de ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd :
« Il y a pour toi deux récompenses : la récompense du lien de parenté et la récompense de la sadaqa. »

Les savants ont divergé au sujet de la possibilité pour une femme de verser sa zakât à son mari. Ibn Ḥabîb rapporte que le mari se servait de ce qu’elle lui donnait pour subvenir à ses besoins. Abû Ḥanîfa jugea la chose illicite, tandis que ses deux condisciples la déclarèrent licite, et cet avis est le plus juste, car il est avéré que Zaynab, l’épouse de ‘Abd Allâh, se rendit auprès du Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – et lui dit : « Je souhaite faire aumône à mon époux ; cela sera-t-il valable pour moi ? » Il répondit : « Oui, tu auras deux récompenses : celle de la sadaqa et celle du lien de parenté. » Le mot sadaqa, employé sans qualificatif, renvoie ici à la zakât. Par ailleurs, aucune dépense d’entretien ne pèse sur l’épouse envers son mari ; celui-ci est donc assimilé, à son égard, à un étranger.

Abû Ḥanîfa objecta : « Les profits de leurs biens sont communs, si bien que le témoignage de l’un n’est pas accepté en faveur de l’autre ; le hadith se rapporte donc à l’aumône surérogatoire. » De leur côté, ash-Shâfi‘î, Abû Thawr et Ashhab ont autorisé ce versement, à condition que le mari n’emploie pas l’argent reçu pour couvrir les dépenses qui lui incombent vis-à-vis de son épouse : il l’utilisera pour sa subsistance et son habillement personnels, et s’acquittera de ses obligations envers elle avec ses propres biens.

Vingt-septième question : Les savants ont également divergé sur le montant à accorder. Le débiteur (al-ghârim) reçoit la valeur de sa dette, tandis que le pauvre (al-faqîr) et l’indigent (al-miskîn) reçoivent ce qui suffit à leurs besoins et à ceux de leur famille. Permet-on de leur donner le nisâb complet ou moins que cela ? La question dépend du désaccord, évoqué plus haut, sur la définition de la pauvreté qui autorise à recevoir.

‘Alî ibn Ziyâd et Ibn Nâfi‘ rapportèrent qu’il n’existe aucune limite fixe ; tout relève de l’ijtihâd du gouvernant. Il peut arriver que les indigents soient peu nombreux alors que les aumônes abondent ; on donnera alors au pauvre la subsistance d’une année.

Al-Mughîra rapporte que l’on remettra une somme inférieure au nisâb, sans l’atteindre.

Certains postérieurs ont dit : si, dans une même ville, existent deux zakâts – l’une sur l’argent et l’autre sur les récoltes –, on donnera à l’intéressé de quoi patienter jusqu’à la seconde.

Ibn al-‘Arabî déclare : « A mon avis, on doit lui attribuer un nisâb ; et s’il y a dans la ville deux ou plusieurs zakâts, le but est d’enrichir le pauvre jusqu’à ce qu’il devienne aisé. S’il a déjà reçu de quoi subvenir à ses besoins et qu’une autre zakât devient exigible, elle sera alors distribuée à quelqu’un d’autre. »

Je dis : tel est l’avis des juristes de l’opinion (ahl ar-ra’y) concernant l’attribution du nisâb. Abû Ḥanîfa l’a jugée répréhensible tout en la considérant valide, tandis qu’Abû Yûsuf l’a explicitement autorisée. Il dit : « Une partie de la somme est occupée par ses besoins immédiats ; l’excédent par rapport à ces besoins est donc inférieur à deux cents dirhams. Si on lui attribue en bloc plus de deux cents dirhams, l’excédent sur ses besoins immédiats atteindra le seuil des deux cents, ce qui n’est pas permis. »

Parmi les hanafites postérieurs, certains ont précisé que cela vaut lorsqu’il n’a pas de personnes à charge.

قَرَابَتُكَ الَّذِينَ لَا تَعُولُ. وَقَدْ قَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِزَوْجَةِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ: (لَكِ أَجْرَانِ أَجْرُ الْقَرَابَةِ وَأَجْرُ الصَّدَقَةِ) . وَاخْتَلَفُوا فِي إِعْطَاءِ الْمَرْأَةِ زَكَاتَهَا لِزَوْجِهَا، فَذُكِرَ عَنِ ابْنِ حَبِيبٍ أَنَّهُ كَانَ يَسْتَعِينُ بِالنَّفَقَةِ عَلَيْهَا بِمَا تُعْطِيهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَجُوزُ، وَخَالَفَهُ صَاحِبَاهُ فَقَالَا: يَجُوزُ. وَهُوَ الْأَصَحُّ لِمَا ثَبَتَ أَنَّ زَيْنَبَ امْرَأَةَ عَبْدِ اللَّهِ أَتَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ: إِنِّي أُرِيدُ أَنْ أَتَصَدَّقَ عَلَى زَوْجِي أَيَجْزِينِي؟ فَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (نَعَمْ لَكِ أَجْرَانِ أجر الصدقة واجر القرابة) . الصدقة والمطلقة هِيَ الزَّكَاةُ، وَلِأَنَّهُ لَا نَفَقَةَ لِلزَّوْجِ عَلَيْهَا، فَكَانَ بِمَنْزِلَةِ الْأَجْنَبِيِّ. اعْتَلَّ أَبُو حَنِيفَةَ فَقَالَ: مَنَافِعُ الْأَمْلَاكِ بَيْنَهُمَا مُشْتَرَكَةٌ، حَتَّى لَا تُقْبَلُ شَهَادَةُ أَحَدِهِمَا لِصَاحِبِهِ. وَالْحَدِيثُ مَحْمُولٌ عَلَى التَّطَوُّعِ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ وَأَشْهَبُ إِلَى إِجَازَةِ ذَلِكَ، إِذَا لَمْ يَصْرِفْهُ إِلَيْهَا فِيمَا يَلْزَمُهُ لَهَا، وَإِنَّمَا يَصْرِفُ مَا يَأْخُذُهُ مِنْهَا فِي نَفَقَتِهِ وَكِسْوَتِهِ عَلَى نَفْسِهِ وَيُنْفِقُ عَلَيْهَا مِنْ مَالِهِ. السَّابِعَةُ وَالْعِشْرُونَ- وَاخْتَلَفُوا أَيْضًا فِي قَدْرِ الْمُعْطَى، فَالْغَارِمُ يُعْطَى قَدْرَ دَيْنِهِ، وَالْفَقِيرُ وَالْمِسْكِينُ يُعْطَيَانِ كِفَايَتَهُمَا وَكِفَايَةَ عِيَالِهِمَا. وَفِي جَوَازِ إِعْطَاءِ النِّصَابِ أَوْ أَقَلَّ مِنْهُ خِلَافٌ يَنْبَنِي عَلَى الْخِلَافِ الْمُتَقَدِّمِ فِي حَدِّ الْفَقْرِ الَّذِي يَجُوزُ مَعَهُ الْأَخْذُ. وَرَوَى عَلِيُّ بْنُ زِيَادٍ وَابْنُ نَافِعٍ: لَيْسَ فِي ذَلِكَ حَدٌّ وَإِنَّمَا هُوَ عَلَى اجْتِهَادِ الْوَالِي. وَقَدْ تَقِلُّ الْمَسَاكِينُ وَتَكْثُرُ الصَّدَقَةُ فَيُعْطَى الْفَقِيرُ قُوتَ سَنَةٍ. وَرَوَى الْمُغِيرَةُ: يُعْطَى دُونَ النِّصَابِ وَلَا يَبْلُغُهُ. وَقَالَ بَعْضُ الْمُتَأَخِّرِينَ: إِنْ كَانَ فِي الْبَلَدِ زَكَاتَانِ نَقْدٌ وَحَرْثٌ أَخَذَ مَا يُبَلِّغُهُ إِلَى الْأُخْرَى. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: الَّذِي أَرَاهُ أَنْ يُعْطَى نِصَابًا، وَإِنْ كَانَ فِي الْبَلَدِ زَكَاتَانِ أَوْ أَكْثَرُ، فَإِنَّ الْغَرَضَ إِغْنَاءُ الْفَقِيرِ حَتَّى يَصِيرَ غَنِيًّا. فَإِذَا أَخَذَ ذَلِكَ فَإِنْ حَضَرَتِ الزَّكَاةُ الْأُخْرَى وعنده ما يكفيه أخذ ها غَيْرُهُ. قُلْتُ: هَذَا مَذْهَبُ أَصْحَابِ الرَّأْيِ فِي إِعْطَاءِ النِّصَابِ. وَقَدْ كَرِهَ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ مَعَ الْجَوَازِ، وَأَجَازَهُ أَبُو يُوسُفَ، قَالَ: لِأَنَّ بَعْضَهُ لِحَاجَتِهِ مَشْغُولٌ لِلْحَالِ، فَكَانَ الْفَاضِلُ عَنْ حَاجَتِهِ لِلْحَالِ دُونَ الْمِائَتَيْنِ، وَإِذَا أَعْطَاهُ أَكْثَرَ من مائتي در هم جُمْلَةً كَانَ الْفَاضِلُ عَنْ حَاجَتِهِ لِلْحَالِ قَدْرَ المائتين فَلَا يَجُوزُ. وَمِنْ مُتَأَخِّرِي الْحَنَفِيَّةِ مَنْ قَالَ: هَذَا إِذَا لَمْ يَكُنْ لَهُ عِيَالٌ

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