Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quinzième point – Parole du Très-Haut :

« … وَفِي الرِّقابِ… »

c’est-à-dire : pour le rachat (l’affranchissement) des cous, selon l’exégèse d’Ibn ‘Abbâs et d’Ibn ‘Umar, et tel est l’avis de Mâlik et d’autres. Il est donc permis à l’Imâm d’acheter, avec les fonds de la zakât, des esclaves qu’il affranchira au nom des musulmans ; leur walâ’ (droit d’alliance et de succession) revient alors à l’ensemble de la communauté musulmane. Si le collecteur de la zakât les achète et les affranchit, cela est également valable. Tel est le résumé de l’école mâlikite ; il en est rapporté de même d’Ibn ‘Abbâs et d’al-Ḥasan, et c’est l’opinion d’Aḥmad, d’Isḥâq et d’Abû ‘Ubayd.

Abû Thawr a dit : « Le responsable de la zakât n’achète pas un esclave dans l’intention de l’affranchir afin de capter son walâ’. » Telle est aussi la position d’al-Shâfi‘î, des jurisconsultes de l’opinion et l’une des versions rapportées de Mâlik. L’avis correct demeure toutefois le premier, parce qu’Allâh – Puissant et Majestueux – a dit : « … وَفِي الرِّقابِ… ». Dès lors qu’une part de la zakât est réservée aux « cous », il est permis d’acheter un esclave et de l’affranchir. Il n’existe par ailleurs aucune divergence, parmi les savants, sur le fait qu’un homme puisse acheter un cheval avec la zakât pour combattre dans le sentier d’Allâh ; s’il est licite d’acquérir intégralement un cheval de la zakât, il l’est tout autant d’acheter entièrement un esclave afin de l’affranchir. Il n’y a là aucune différence. Allâh sait mieux.

Seizième point – Parole du Très-Haut :

« … وَفِي الرِّقابِ… »

Le principe du walâ’ découle de ce verset. Mâlik a dit : « Il s’agit d’un esclave affranchi dont le walâ’ revient aux musulmans ; il en est de même si l’Imâm l’affranchit. » Le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – a interdit de vendre ou de donner le walâ’ ; il a déclaré :

« Le walâ’ est un lien comparable au lien de parenté ; il ne se vend ni ne se cède. »

et :

« Le walâ’ appartient à celui qui affranchit. »

Les femmes n’héritent rien du walâ’, conformément à sa parole :

« Les femmes n’héritent rien du walâ’, si ce n’est pour l’esclave qu’elles ont affranchi, ou celui qu’a affranchi la personne qu’elles ont affranchie. »

Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – attribua en effet la moitié de la succession d’un affranchi à la fille de Ḥamza et l’autre moitié à sa propre fille. Si le libérateur laisse des enfants, garçons et filles, le walâ’ revient aux garçons à l’exclusion des filles ; tel est l’unanimité des Compagnons – qu’Allâh les agrée. Le walâ’ ne se transmet que par l’agnation pure (ta‘ṣîb) ; or, les femmes ne sont pas agnates, elles n’héritent donc rien du walâ’. Comprends bien, tu réussiras.

Dix-septième point – Les savants ont divergé sur la question de savoir si le mukâtab (esclave en contrat d’affranchissement) peut être aidé au moyen de cette part. Certains ont répondu par la négative – c’est ce qui est rapporté de Mâlik – parce qu’Allâh, en mentionnant « le cou », a voulu l’affranchissement total ; or, le mukâtab entre plutôt dans la catégorie des « endettés » (al-ghârimûn), en raison de la dette de sa mukâtabah, et non dans celle de « … وَفِي الرِّقابِ… ». Allâh sait mieux.

Cependant, il est rapporté de Mâlik, dans la version des Médinois et selon Ziyâd, qu’il considérait permis de secourir le mukâtab par cette part lorsqu’il parvient à la dernière échéance de son contrat, jusqu’à son affranchissement complet.

الْخَامِسَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَفِي الرِّقابِ) أَيْ فِي فَكِّ الرِّقَابِ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَابْنُ عُمَرَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ وَغَيْرِهِ. فَيَجُوزُ لِلْإِمَامِ أَنْ يَشْتَرِيَ رِقَابًا مِنْ مَالِ الصَّدَقَةِ يُعْتِقُهَا عَنِ الْمُسْلِمِينَ، وَيَكُونُ وَلَاؤُهُمْ لِجَمَاعَةِ الْمُسْلِمِينَ. وَإِنِ اشْتَرَاهُمْ صَاحِبُ الزَّكَاةِ وَأَعْتَقَهُمْ جَازَ. هَذَا تَحْصِيلُ مَذْهَبِ مَالِكٍ، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَالْحَسَنِ، وَبِهِ قَالَ أَحْمَدُ وَإِسْحَاقُ وَأَبُو عُبَيْدٍ. وَقَالَ أَبُو ثَوْرٍ: لَا يَبْتَاعُ مِنْهَا صَاحِبُ الزَّكَاةِ نَسَمَةً يَعْتِقُهَا بِجَرِّ وَلَاءٍ. وَهُوَ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ وَأَصْحَابِ الرَّأْيِ وَرِوَايَةٍ عَنْ مَالِكٍ. وَالصَّحِيحُ الْأَوَّلُ، لِأَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ قَالَ: " وَفِي الرِّقابِ" فَإِذَا كَانَ لِلرِّقَابِ سَهْمٌ مِنَ الصَّدَقَاتِ كَانَ لَهُ أَنْ يَشْتَرِيَ رَقَبَةً فَيَعْتِقُهَا. وَلَا خِلَافَ بَيْنِ أَهْلِ الْعِلْمِ أَنَّ لِلرَّجُلِ أَنْ يَشْتَرِيَ الْفَرَسَ فَيَحْمِلُ عَلَيْهِ فِي سَبِيلِ اللَّهِ. فَإِذَا كَانَ لَهُ أَنْ يَشْتَرِيَ فَرَسًا بِالْكَمَالِ مِنَ الزَّكَاةِ جَازَ أَنْ يَشْتَرِيَ رَقَبَةً بِالْكَمَالِ، لَا فَرْقَ بَيْنَ ذَلِكَ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّادِسَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَفِي الرِّقابِ) الْأَصْلُ فِي الْوَلَاءِ، قَالَ مَالِكٌ: هِيَ الرَّقَبَةُ تُعْتَقُ وَوَلَاؤُهَا لِلْمُسْلِمِينَ، وَكَذَلِكَ إِنْ أَعْتَقَهَا الْإِمَامُ. وَقَدْ نَهَى النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ بَيْعِ الْوَلَاءِ وَعَنْ هِبَتِهِ. وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (الْوَلَاءُ لُحْمَةٌ كَلُحْمَةِ النَّسَبِ لَا يُبَاعُ وَلَا يُوهَبُ) . وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (الْوَلَاءُ لِمَنْ أَعْتَقَ) . وَلَا تَرِثُ النِّسَاءُ مِنَ الْوَلَاءِ شَيْئًا، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: (لَا تَرِثُ النِّسَاءُ مِنَ الْوَلَاءِ شَيْئًا إِلَّا مَا أَعْتَقْنَ أَوْ أَعْتَقَ مَنْ أَعْتَقْنَ) وَقَدْ وَرَّثَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ابْنَةَ حَمْزَةَ مِنْ مَوْلًى لَهَا النِّصْفَ وَلِابْنَتِهِ النِّصْفَ. فَإِذَا تَرَكَ الْمُعْتِقُ أَوْلَادًا ذُكُورًا وَإِنَاثًا فَالْوَلَاءُ لِلذُّكُورِ مِنْ وَلَدِهِ دُونَ الْإِنَاثِ. وَهُوَ إِجْمَاعُ الصَّحَابَةِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَالْوَلَاءُ إِنَّمَا يُورَثُ بِالتَّعْصِيبِ الْمَحْضِ، وَالنِّسَاءُ لَا تَعْصِيبَ فِيهِنَّ فَلَمْ يَرِثْنَ مِنَ الْوَلَاءِ شَيْئًا. فَافْهَمْ تُصِبْ. السَّابِعَةَ عَشْرَةَ- وَاخْتُلِفَ هَلْ يُعَانُ مِنْهَا الْمُكَاتَبُ، فَقِيلَ لَا. رُوِيَ ذَلِكَ عَنْ مَالِكٍ، لِأَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ لَمَّا ذَكَرَ الرَّقَبَةَ دَلَّ عَلَى أَنَّهُ أَرَادَ الْعِتْقَ الْكَامِلَ، وَأَمَّا الْمُكَاتَبَ فَإِنَّمَا هُوَ دَاخِلٌ فِي كَلِمَةِ الْغَارِمِينَ بِمَا عَلَيْهِ مِنْ دَيْنِ الْكِتَابَةِ، فَلَا يَدْخُلُ فِي الرِّقَابِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَدْ رُوِيَ عَنْ مَالِكٍ مِنْ رِوَايَةِ الْمَدَنِيِّينَ وَزِيَادٍ عَنْهُ: أَنَّهُ يُعَانُ مِنْهَا الْمُكَاتَبُ فِي آخِرِ كِتَابَتِهِ بِمَا يُعْتَقُ.

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