Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

On les rétribuait afin de les attirer à l’islam ; ils n’auraient pas embrassé la religion sous la contrainte de l’épée, mais bien par la générosité et la bienfaisance.

On a dit : ce sont des gens qui ont manifesté l’islam extérieurement, tandis que leurs cœurs n’en ont pas encore acquis la certitude ; on leur octroie donc une part afin que l’islam s’enracine durablement dans leurs poitrines.

On a également dit : ce sont des notables parmi les polythéistes, disposant de suivants ; on les gratifie pour qu’ils rallient leurs adeptes à l’islam.

Ces avis sont proches les uns des autres ; leur finalité commune est d’attribuer à celui dont l’islam ne saurait se consolider réellement sans don. C’est donc, en quelque sorte, une forme de jihâd.

Les polythéistes se divisent en trois catégories : une que l’on ramène par l’établissement de la preuve, une que l’on ramène par la contrainte, et une que l’on ramène par la bienfaisance. L’Imâm, garant des intérêts des musulmans, use pour chaque catégorie du moyen qu’il juge propice à leur salut et à leur délivrance de la mécréance.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après le hadith d’Anas, le Messager d’Allâh — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — dit, en s’adressant aux Anṣâr : « Je donne à des hommes qui viennent à peine de quitter la mécréance afin de les concilier. »

Ibn Isḥâq rapporte : « Il leur accorda pour les gagner, eux et, par leur entremise, leur peuple. » C’étaient des notables ; il donna ainsi à Abû Sufyân ibn Ḥarb cent chameaux, à son fils cent chameaux, à Ḥakîm ibn Ḥizâm cent chameaux, à al-Ḥârith ibn Hishâm cent chameaux, à Suhayl ibn ‘Amr cent chameaux, à Ḥuwayṭib ibn ‘Abd al-‘Uzzâ cent chameaux, à Ṣafwân ibn Umayya cent chameaux ; de même, il gratifia Mâlik ibn ‘Awf et al-‘Alâ’ ibn Jâriyah.

Ceux-là sont les « détenteurs des centaines ». Il accorda encore à certains hommes de Quraysh moins de cent chameaux : Makhrama ibn Nawfal az-Zuhri, ‘Umayr ibn Wahb al-Jumaḥî et Hishâm ibn ‘Amr al-‘Âmirî.

Ibn Isḥâq précise : « Pour ceux-là, j’ignore ce qu’il leur donna. » Il offrit à Sa‘îd ibn Yarbu‘ cinquante chameaux, et à ‘Abbâs ibn Mirdâs as-Sulamî quelques chameaux seulement, ce dont celui-ci se montra mécontent. Il déclama alors :

« C’était un butin que j’avais conquis
Par mes assauts, juché sur ma jument, dans la steppe rocailleuse ;
Je tenais les gens éveillés afin qu’ils ne sombrent dans le sommeil,
Quand les hommes, eux, dormaient, nul repos ne me gagnait.
Voici que mon butin — et celui des serviteurs —
Fut partagé entre ‘Uyayna et al-Aqra‘.
Moi qui, dans la guerre, repoussais l’ennemi résolu,
Je ne reçus rien, sans qu’on me refuse non plus. »

يُعْطَوْنَ لِيُتَأَلَّفُوا عَلَى الْإِسْلَامِ، وَكَانُوا لَا يُسْلِمُونَ بِالْقَهْرِ وَالسَّيْفِ، وَلَكِنْ يُسْلِمُونَ بِالْعَطَاءِ وَالْإِحْسَانِ. وَقِيلَ: هُمْ قَوْمٌ أَسْلَمُوا فِي الظَّاهِرِ وَلَمْ تَسْتَيْقِنْ قُلُوبُهُمْ، فَيُعْطَوْنَ لِيَتَمَكَّنَ الْإِسْلَامُ فِي صُدُورِهِمْ. وَقِيلَ: هُمْ قَوْمٌ مِنْ عُظَمَاءِ الْمُشْرِكِينَ لَهُمْ أَتْبَاعٌ يُعْطَوْنَ لِيَتَأَلَّفُوا أَتْبَاعَهُمْ عَلَى الْإِسْلَامِ. قَالَ: وَهَذِهِ الْأَقْوَالُ مُتَقَارِبَةٌ وَالْقَصْدُ بِجَمِيعِهَا الْإِعْطَاءُ لِمَنْ لَا يَتَمَكَّنُ إِسْلَامُهُ حَقِيقَةً إِلَّا بِالْعَطَاءِ، فَكَأَنَّهُ ضَرْبٌ مِنَ الْجِهَادِ. وَالْمُشْرِكُونَ ثَلَاثَةُ أَصْنَافٍ: صِنْفٌ يَرْجِعُ بِإِقَامَةِ الْبُرْهَانِ. وَصِنْفٌ بِالْقَهْرِ. وَصِنْفٌ بِالْإِحْسَانِ. وَالْإِمَامُ النَّاظِرُ لِلْمُسْلِمِينَ يَسْتَعْمِلُ مَعَ كُلِّ صِنْفٍ مَا يَرَاهُ سَبَبًا لِنَجَاتِهِ وَتَخْلِيصِهِ مِنَ الْكُفْرِ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ مِنْ حَدِيثِ أَنَسٍ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَعْنِي لِلْأَنْصَارِ-: (فَإِنِّي أُعْطِي رِجَالًا حَدِيثِي عَهْدٍ بِكُفْرٍ أَتَأَلَّفُهُمْ) الْحَدِيثَ. قَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: أَعْطَاهُمْ يَتَأَلَّفُهُمْ وَيَتَأَلَّفُ بِهِمْ قَوْمَهُمْ. وَكَانُوا أَشْرَافًا، فَأَعْطَى أَبَا سُفْيَانَ بْنَ حَرْبٍ مِائَةَ بَعِيرٍ، وَأَعْطَى ابْنَهُ مِائَةَ بَعِيرٍ، وَأَعْطَى حَكِيمَ بْنَ حِزَامٍ مِائَةَ بَعِيرٍ، وأعطى الحارث ابن هِشَامٍ مِائَةَ بَعِيرٍ، وَأَعْطَى سُهَيْلَ بْنَ عَمْرٍو مِائَةَ بَعِيرٍ، وَأَعْطَى حُوَيْطِبَ بْنَ عَبْدِ الْعُزَّى مِائَةَ بَعِيرٍ، وَأَعْطَى صَفْوَانَ بْنَ أُمَيَّةَ مِائَةَ بَعِيرٍ. وَكَذَلِكَ أَعْطَى مَالِكَ بْنَ عَوْفٍ وَالْعَلَاءَ بْنَ جَارِيَةَ. قَالَ: فَهَؤُلَاءِ أَصْحَابُ الْمِئِينَ. وَأَعْطَى رِجَالًا مِنْ قُرَيْشٍ دُونَ الْمِائَةِ مِنْهُمْ مَخْرَمَةُ بْنُ نَوْفَلٍ الزُّهْرِيُّ وَعُمَيْرُ بْنُ وَهْبٍ الْجُمَحِيُّ، وَهِشَامُ بْنُ عَمْرٍو الْعَامِرِيُّ. قَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: فَهَؤُلَاءِ لَا أَعْرِفُ مَا أَعْطَاهُمْ. وَأَعْطَى سَعِيدَ بْنَ يَرْبُوعٍ خَمْسِينَ بَعِيرًا، وَأَعْطَى عَبَّاسَ بْنَ مِرْدَاسٍ السُّلَمِيَّ أَبَاعِرَ قَلِيلَةً فَسَخِطَهَا. فَقَالَ فِي ذَلِكَ: كَانَتْ نِهَابًا تَلَافَيْتُهَا ... بِكَرِّي عَلَى الْمُهْرِ فِي الْأَجْرَعِ «١» وَإِيقَاظِيَ الْقَوْمَ أَنْ يَرْقُدُوا ... إِذَا هَجَعَ النَّاسُ لَمْ أَهْجَعِ فَأَصْبَحَ نَهْبِي وَنَهْبُ العبيد ... بَيْنَ عُيَيْنَةَ وَالْأَقْرَعِ «٢» وَقَدْ كُنْتُ فِي الْحَرْبِ ذَا تُدْرَإِ ... فَلَمْ أُعْطَ شَيْئًا وَلَمْ أُمْنَعِ »
(١). الأجرع: المكان الواسع الذي فيه حزونة وخشونة. (٢). العبيد (مصغر): اسمع فرس العباس ابن مرداس. (٣). ذو تدرأ (بضم التاء): أي ذو هجوم لا يتوقى ولا يهاب ففيه قوة على دفع أعدائه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies