Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant à la justification de l’avis selon lequel « le paiement en valeurs monétaires (al-qiyam) n’est pas valable » – avis qui constitue l’opinion manifeste de l’école –, elle est la suivante : le Prophète ﷺ a dit :
« Pour cinq chameaux, on doit une brebis ; et pour quarante brebis, une brebis. »
Or il a expressément mentionné la brebis ; dès lors, celui qui ne la remet pas n’a pas exécuté ce qui lui est ordonné ; et tant qu’il ne s’est pas acquitté de l’ordre prescrit, l’obligation demeure à sa charge.

Troisième opinion : la part destinée aux pauvres (fuqarâ’) et aux nécessiteux (masâkîn) doit être distribuée sur place, tandis que les autres parts peuvent être transférées selon l’ijtihâd de l’Imâm. L’avis premier est cependant le plus juste ; Allâh est plus Savant.

Septième question : Faut-il tenir compte du lieu où se trouve le bien à l’issue de l’année légale (hawl) pour y distribuer la Zakâh, ou bien du lieu où se trouve le propriétaire – puisqu’il est celui auquel l’injonction s’adresse ? Deux avis existent.
Abû ‘Abd Allâh Muḥammad b. Khuwayz Mandâd a adopté la seconde opinion dans ses Aḥkâm, disant : « L’obligation vise la personne, le bien devient donc subordonné à celle-ci ; le jugement doit dès lors suivre l’endroit où se trouve le redevable, à l’instar du voyageur (ibn al-sabîl) qui peut être riche dans son pays et pauvre ailleurs : le jugement le concernant se fonde sur la situation où il se trouve. »

Question : Les transmissions provenant de Mâlik divergent au sujet de celui qui remet la Zakâh à un pauvre musulman, puis découvre ensuite qu’il s’agissait en réalité d’un esclave, d’un non-musulman ou d’un riche. Une fois, Mâlik a dit : « Cela lui suffit » ; une autre fois : « Cela ne lui suffit pas. »
La justification de la validité – et c’est l’opinion la plus correcte – repose sur le ḥadith rapporté par Muslim d’après Abû Hurayrah – qu’Allâh l’agrée – selon lequel le Prophète ﷺ a dit :
« Un homme déclara : “Cette nuit, je donnerai certainement une aumône.” Il sortit donc et mit son aumône dans la main d’une prostituée. Le matin, on s’en entretint : “Il a fait l’aumône à une prostituée !” Il dit alors : “Ô Allâh ! À Toi la louange, – pour avoir donné à une prostituée.” Puis il dit : “Je donnerai certes une aumône.” Il sortit et la déposa dans la main d’un homme riche. Le matin, on dit : “Il a donné à un riche !” Il dit : “Ô Allâh ! À Toi la louange, – pour avoir donné à un riche.” Puis il dit : “Je donnerai certes une aumône.” Il sortit et la mit dans la main d’un voleur. Le matin, on s’en entretint : “Il a fait l’aumône à un voleur !” Il dit : “Ô Allâh ! À Toi la louange, – pour la prostituée, le riche et le voleur.” On vint alors lui dire : “Ton aumône a été acceptée ; quant à la prostituée, peut-être se préservera-t-elle ainsi de la fornication ; peut-être le riche tirera-t-il leçon et dépensera de ce qu’Allâh lui a donné ; et peut-être le voleur se détournera-t-il ainsi du vol.” »
Il a également été rapporté qu’un homme, ayant acquitté la Zakâh de ses biens, la remit à son père sans le savoir. À son réveil il s’en aperçut, interrogea le Prophète ﷺ, qui lui dit :
« Il t’a été inscrit la récompense de ta Zakâh et celle du maintien du lien de parenté ; tu as donc deux récompenses. »
Au niveau du sens, il ressort que la Loi autorise le mujtahid à se fier à son effort d’appréciation concernant le bénéficiaire ; ainsi, s’il a déployé son ijtihâd et remis la Zakâh à celui qu’il pensait en être digne, il s’est acquitté de l’obligation qui lui incombait.

وَوَجْهُ قَوْلِهِ: لَا تَجْزِي الْقِيَمُ- وَهُوَ ظَاهِرُ الْمَذْهَبِ- فَلِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (فِي خَمْسٍ مِنَ الْإِبِلِ شَاةٌ وَفِي أَرْبَعِينَ شَاةً شَاةٌ) فَنَصَّ عَلَى الشَّاةِ، فَإِذَا لَمْ يَأْتِ بِهَا لَمْ يَأْتِ بِمَأْمُورٍ بِهِ، وَإِذَا لَمْ يَأْتِ بِالْمَأْمُورِ بِهِ فَالْأَمْرُ بَاقٍ عَلَيْهِ. الْقَوْلُ الثَّالِثُ- وَهُوَ أَنَّ سَهْمَ الْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ يُقْسَمُ فِي الْمَوْضِعِ، وَسَائِرَ السِّهَامِ تُنْقَلُ بِاجْتِهَادِ الْإِمَامِ. وَالْقَوْلُ الْأَوَّلُ أَصَحُّ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّابِعَةُ- وَهَلِ الْمُعْتَبَرُ مَكَانُ الْمَالِ وَقْتَ تَمَامِ الْحَوْلِ فَتُفَرَّقُ الصَّدَقَةُ فِيهِ، أَوْ مَكَانُ الْمَالِكِ إِذْ هُوَ الْمُخَاطَبُ، قَوْلَانِ. وَاخْتَارَ الثَّانِي أَبُو عَبْدِ اللَّهِ مُحَمَّدُ بْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادَ فِي أَحْكَامِهِ قَالَ: لِأَنَّ الْإِنْسَانَ هُوَ الْمُخَاطَبُ بِإِخْرَاجِهَا فَصَارَ الْمَالُ تَبَعًا لَهُ، فَيَجِبُ أَنْ يَكُونَ الْحُكْمُ فِيهِ بِحَيْثُ الْمُخَاطَبُ. كَابْنِ السَّبِيلِ فَإِنَّهُ يَكُونُ غَنِيًّا فِي بَلَدِهِ فَقِيرًا فِي بَلَدٍ آخَرَ، فَيَكُونُ الْحُكْمُ لَهُ حَيْثُ هُوَ. مسألة: وَاخْتَلَفَتِ الرِّوَايَةُ عَنْ مَالِكٍ فِيمَنْ أَعْطَى فَقِيرًا مُسْلِمًا فَانْكَشَفَ فِي ثَانِي حَالٍ أَنَّهُ أَعْطَى عَبْدًا أَوْ كَافِرًا أَوْ غَنِيًّا، فَقَالَ مَرَّةً: تَجْزِيهِ وَمَرَّةً لَا تَجْزِيهِ. وَجْهُ الْجَوَازِ- وَهُوَ الْأَصَحُّ- مَا رَوَاهُ مُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (قَالَ رَجُلٌ لَأَتَصَدَّقَنَّ اللَّيْلَةَ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بِصَدَقَتِهِ فَوَضَعَهَا فِي يَدِ زَانِيَةٍ فَأَصْبَحُوا يَتَحَدَّثُونَ تُصُدِّقَ اللَّيْلَةَ عَلَى زَانِيَةٍ قَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى زَانِيَةٍ لَأَتَصَدَّقَنَّ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بِصَدَقَتِهِ فَوَضَعَهَا فِي يَدِ غَنِيٍّ فَأَصْبَحُوا يَتَحَدَّثُونَ تُصُدِّقَ عَلَى غَنِيٍّ قَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى غَنِيٍّ لَأَتَصَدَّقَنَّ بِصَدَقَةٍ فَخَرَجَ بِصَدَقَتِهِ فَوَضَعَهَا فِي يَدِ سَارِقٍ فَأَصْبَحُوا يَتَحَدَّثُونَ تُصُدِّقَ عَلَى سَارِقٍ فَقَالَ اللَّهُمَّ لَكَ الْحَمْدُ عَلَى زَانِيَةٍ وَعَلَى غَنِيٍّ وَعَلَى سَارِقٍ فَأُتِيَ فَقِيلَ لَهُ أَمَّا صَدَقَتُكَ فَقَدْ قُبِلَتْ أَمَّا الزَّانِيَةُ فَلَعَلَّهَا تَسْتَعِفُّ بِهَا عَنْ زِنَاهَا وَلَعَلَّ الْغَنِيَّ يَعْتَبِرُ فَيُنْفِقُ مِمَّا أَعْطَاهُ اللَّهُ وَلَعَلَّ السَّارِقَ يَسْتَعِفُّ بِهَا عَنْ سَرِقَتِهِ (. وَرُوِيَ أَنَّ رَجُلًا أَخْرَجَ زَكَاةَ مَالِهِ فَأَعْطَاهَا أَبَاهُ، فَلَمَّا أَصْبَحَ عَلِمَ بِذَلِكَ، فَسَأَلَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ لَهُ: ) قَدْ كُتِبَ لَكَ أَجْرُ زَكَاتِكَ وَأَجْرُ صِلَةِ الرَّحِمِ فَلَكَ أَجْرَانِ (. وَمِنْ جِهَةِ الْمَعْنَى أَنَّهُ سَوَّغَ لَهُ الِاجْتِهَادَ فِي الْمُعْطَى، فَإِذَا اجْتَهَدَ وَأَعْطَى مَنْ يَظُنُّهُ مِنْ أَهْلِهَا فَقَدْ أَتَى بالواجب عليه.

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