Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

An-Nufaylî déclara par ailleurs : « Et quelle est la suffisance qui rend la mendicité indécente ? » Il répondit : « La quantité qui lui permet de prendre son repas de midi et son repas du soir. »

Il dit encore, dans un autre passage : « Qu’il possède de quoi être rassasié un jour et une nuit, ou une nuit et un jour. »

J’ajoute : Voilà donc ce qui a été rapporté pour définir l’état de pauvreté permettant de recevoir [l’aumône]. Le terme absolu de « pauvres » n’implique pas, de lui-même, une exclusivité en faveur des musulmans à l’exclusion des gens sous pacte (ahl al-dhimma) ; pourtant, les récits concordent pour indiquer que les aumônes sont prélevées sur les riches musulmans pour être reversées à leurs pauvres.

‘Ikramah a dit : « Les “fuqarâ’” sont les pauvres parmi les musulmans, tandis que les “masâkîn” sont les pauvres parmi les Gens du Livre. »

Abû Bakr al-‘Absî rapporta que ‘Umar ibn al-Khattâb vit un non-musulman soumis au tribut (dhimmî), aveugle, gisant à la porte de Médine. ‘Umar lui demanda : « Que t’arrive-t-il ? » Il répondit : « On m’a imposé la jizya jusqu’à ce que j’aie perdu la vue, puis on m’a abandonné, et je n’ai plus personne pour subvenir à mes besoins. » ‘Umar dit alors : « On ne t’a pas rendu justice. » Il ordonna qu’on lui assure sa subsistance et ce qui le mettrait à l’aise, puis il ajouta : « Cet homme fait partie de ceux au sujet desquels Allah – Exalté soit-Il – a dit : “Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres et aux miséreux” [at-Tawbah, 60] ; ce sont les infirmes parmi les Gens du Livre. »

Lorsque le Très-Haut dit : « Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres et aux miséreux » [la même verset], Il opposa l’énoncé global de l’aumône à l’énoncé global de ses bénéficiaires. Le Prophète – paix et salut sur lui – en donna l’explication en disant à Mu‘âdh lorsqu’il l’envoya au Yémen : « Informe-les qu’Allah a prescrit pour eux une aumône qui est prélevée sur leurs riches et reversée à leurs pauvres. » Ainsi, chaque contrée se voit attribuer la zakât de ses propres habitants.

Abû Dâwûd rapporte que Ziyâd – ou l’un des gouverneurs – dépêcha ‘Imrân ibn Husayn pour la collecte de la zakât. À son retour, il lui dit : « Où est l’argent ? » ‘Imrân répondit : « C’est pour l’argent que tu m’as envoyé ! Nous l’avons prélevé comme nous le faisions à l’époque du Messager d’Allah – paix et salut sur lui – et nous l’avons distribué où nous le placions à l’époque du Messager d’Allah – paix et salut sur lui. »

Ad-Dâraqutnî et at-Tirmidhî rapportent, d’après ‘Awn ibn Abî Juhaifah [d’après son père], qu’il a dit : « Le percepteur du Prophète – paix et salut sur lui – arriva chez nous ; il prit l’aumône sur nos riches et la distribua à nos pauvres. J’étais alors un jeune orphelin, et il me donna un chamelon. »

At-Tirmidhî commenta : « Il existe, sur le sujet, un hadith d’Ibn ‘Abbâs ; le hadith d’Ibn Abî Juhaifah est un hadith hasan. »

وَقَالَ النُّفَيْلِيُّ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ: وَمَا الْغِنَى الَّذِي لَا تَنْبَغِي مَعَهُ الْمَسْأَلَةُ؟ قَالَ: (قَدْرُ مَا يُغَدِّيهِ وَيُعَشِّيهِ) . وَقَالَ النُّفَيْلِيُّ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ: (أَنْ يَكُونَ لَهُ شِبَعُ يَوْمٍ وَلَيْلَةٍ أَوْ لَيْلَةٍ وَيَوْمٍ) . قُلْتُ: فَهَذَا مَا جَاءَ فِي بَيَانِ الْفَقْرِ الَّذِي يَجُوزُ مَعَهُ الْأَخْذُ. وَمُطْلَقُ لَفْظِ الْفُقَرَاءِ لَا يَقْتَضِي الِاخْتِصَاصَ بِالْمُسْلِمِينَ دُونَ أَهْلِ الذِّمَّةِ، وَلَكِنْ تَظَاهَرَتِ الْأَخْبَارُ فِي أَنَّ الصَّدَقَاتِ تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَاءِ الْمُسْلِمِينَ فَتُرَدُّ فِي فُقَرَائِهِمْ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: الْفُقَرَاءُ فُقَرَاءُ الْمُسْلِمِينَ، وَالْمَسَاكِينُ فُقَرَاءُ أَهْلِ الْكِتَابِ. وَقَالَ أَبُو بَكْرٍ الْعَبْسِيُّ: رَأَى عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ ذِمِّيًّا مَكْفُوفًا مَطْرُوحًا عَلَى بَابِ الْمَدِينَةِ فَقَالَ لَهُ عُمَرُ: مالك؟ قَالَ: اسْتَكْرُونِي فِي هَذِهِ الْجِزْيَةِ، حَتَّى إِذَا كُفَّ بَصَرِي تَرَكُونِي وَلَيْسَ لِي أَحَدٌ يَعُودُ عَلَيَّ بِشَيْءٍ. فَقَالَ عُمَرُ: مَا أُنْصِفْتَ إِذًا، فَأَمَرَ لَهُ بِقُوَّتِهِ وَمَا يُصْلِحُهُ. ثُمَّ قَالَ: هَذَا مِنَ الَّذِينَ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى [فِيهِمْ] «١» : " إِنَّمَا الصَّدَقاتُ لِلْفُقَراءِ وَالْمَساكِينِ" الْآيَةَ. وَهُمْ زَمْنَى أَهْلِ الْكِتَابِ) وَلَمَّا قَالَ تَعَالَى: " إِنَّمَا الصَّدَقاتُ لِلْفُقَراءِ وَالْمَساكِينِ" الْآيَةَ، وَقَابَلَ الْجُمْلَةَ بِالْجُمْلَةِ وَهِيَ جُمْلَةُ الصَّدَقَةِ بِجُمْلَةِ الْمَصْرِفِ بَيَّنَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَلِكَ، فَقَالَ لِمُعَاذٍ حِينَ أَرْسَلَهُ إِلَى الْيَمَنِ: (أَخْبِرْهُمْ أَنَّ اللَّهَ افْتَرَضَ عَلَيْهِمْ صَدَقَةً تُؤْخَذُ مِنْ أَغْنِيَائِهِمْ فَتُرَدُّ فِي فُقَرَائِهِمْ) . فَاخْتُصَّ أَهْلُ كُلِّ بَلَدٍ بِزَكَاةِ بَلَدِهِ. وَرَوَى أَبُو دَاوُدَ أَنَّ زِيَادًا أَوْ بَعْضَ الْأُمَرَاءِ بَعَثَ عِمْرَانَ بْنَ حُصَيْنٍ عَلَى الصَّدَقَةِ، فَلَمَّا رَجَعَ قَالَ لِعِمْرَانَ: أَيْنَ الْمَالُ؟ قَالَ: وَلِلْمَالِ أَرْسَلْتَنِي! أَخَذْنَاهَا مِنْ حَيْثُ كُنَّا نَأْخُذُهَا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ووضعنا ها حَيْثُ كُنَّا نَضَعُهَا عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَرَوَى الدَّارَقُطْنِيُّ وَالتِّرْمِذِيُّ عَنْ عَوْنِ بْنِ أَبِي جُحَيْفَةَ [عَنْ أَبِيهِ «٢» ] قَالَ: قَدِمَ عَلَيْنَا مُصَدِّقُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخَذَ الصَّدَقَةَ مِنْ أَغْنِيَائِنَا فَجَعَلَهَا فِي فُقَرَائِنَا فَكُنْتُ غُلَامًا يَتِيمًا فَأَعْطَانِي مِنْهَا قَلُوصًا. قَالَ التِّرْمِذِيُّ: وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ حَدِيثُ ابْنِ أَبِي جُحَيْفَةَ حَدِيثٌ حَسَنٌ.
(١). من ى. (٢). زيادة عن سنن الدارقطني والترمذي.

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