Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et ce hadith a été rapporté par Abû Dâwûd, at-Tirmidhî et ad-Dâraqutnî.

Jâbir rapporte : « Une aumône fut apportée au Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — et les gens s’y entassèrent. Il déclara alors :

« Elle ne convient ni à un riche, ni à une personne bien portante, ni à un percepteur. »

Hadith rapporté par ad-Dâraqutnî.

Abû Dâwûd rapporte, d’après ‘Ubayd Allâh Ibn ‘Adî Ibn al-Khiyâr : « Deux hommes m’ont informé qu’ils vinrent trouver le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — lors du Pèlerinage d’adieu, tandis qu’il distribuait l’aumône. Ils lui en réclamèrent une part. Il leva sur nous le regard, puis le baissa, et, nous voyant vigoureux, il dit :

« Si vous le voulez, je vous la donne ; mais il n’y a point de part, dans celle-ci, pour un homme nanti ni pour un homme robuste capable de gagner sa vie. »

En effet, celui qui s’enrichit par son travail est considéré comme riche au même titre que celui qui détient des biens ; chacun d’eux est donc dispensé de mendicité. Tel est l’avis rapporté par Ibn Khuyz Mindâd au sujet de l’école juridique, mais on ne saurait s’y fier, car le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — remettait l’aumône aux nécessiteux, et la limiter aux seuls invalides est infondé.

Abû ‘Îsâ at-Tirmidhî affirme dans son Ǧâmi‘ : « Si un homme est fort, nécessiteux et ne possède rien, et qu’on lui verse une aumône, celle-ci est valide pour le donateur, selon les gens de science. Certains comprennent toutefois le hadith comme visant la mendicité (illicite). »

Al-Kiyâ at-Tabarî dit : « Le sens apparent autorise cela, car, malgré sa force et sa bonne santé, il demeure pauvre. » C’est également l’avis d’Abû Hanîfa et de ses disciples.

‘Ubayd Allâh Ibn al-Hasan déclare : « Celui qui ne possède pas de quoi subvenir à ses besoins durant une année a droit à la zakât. » Il fonde son opinion sur le hadith transmis par Ibn Šihâb, d’après Mâlik Ibn Aws Ibn al-Hadathân, d’après ‘Umar Ibn al-Khattâb : le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — avait coutume de mettre de côté, sur les butins qu’Allah lui accordait, la subsistance d’une année, puis il consacrait le surplus à l’entretien des montures et des armes, ainsi que sur la parole du Très-Haut : « Il t’a trouvé pauvre et t’a enrichi » (sourate ad-Duḥâ, v. 8).

D’autres savants estiment que chacun peut prélever de l’aumône ce dont il a absolument besoin.

Un groupe affirme : « Celui qui possède le repas du soir pour une nuit est considéré comme riche » ; cet avis est attribué à ‘Alî.

Ils s’appuient sur le hadith où ‘Alî rapporte que le Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit : « Celui qui sollicite les gens tout en étant dans l’aisance ne fait qu’accumuler des pierres chauffées de la Géhenne. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’entends-tu par “aisance” ? » Il répondit : « Le repas du soir d’une nuit. » Hadith rapporté par ad-Dâraqutnî, dont la chaîne comporte ‘Amr Ibn Khâlid, un narrateur abandonné.

Abû Dâwûd le rapporte également d’après Sahl Ibn al-Ḥanẓaliyyah, avec la formulation : « Quiconque sollicite alors qu’il possède de quoi se passer d’autrui ne fait qu’augmenter son lot de feu. » Al-Nufaylî, dans une autre version, précise : « … de braises de la Géhenne. »

Ils dirent alors : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce qui suffit à quelqu’un pour qu’il soit considéré comme n’ayant pas besoin d’autrui ? »

وَأَخْرَجَهُ أَبُو دَاوُدَ وَالتِّرْمِذِيُّ وَالدَّارَقُطْنِيُّ. وَرَوَى جَابِرٌ قَالَ: جَاءَتْ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ صَدَقَةٌ فَرَكِبَهُ النَّاسُ، فَقَالَ: (إِنَّهَا لَا تَصْلُحُ لِغَنِيٍّ وَلَا لِصَحِيحٍ وَلَا لِعَامِلٍ) أَخْرَجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ. وَرَوَى أَبُو دَاوُدَ عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَدِيِّ بْنِ الْخِيَارِ قَالَ: أَخْبَرَنِي رَجُلَانِ أَنَّهُمَا أَتَيَا النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي حَجَّةِ الْوَدَاعِ وَهُوَ يَقْسِمُ الصَّدَقَةَ فَسَأَلَاهُ مِنْهَا، فَرَفَعَ فِينَا النَّظَرَ وَخَفَضَهُ، فَرَآنَا جَلْدَيْنِ فَقَالَ: (إِنْ شِئْتُمَا أَعْطَيْتُكُمَا وَلَا حَظَّ فِيهَا لِغَنِيٍّ وَلَا لِقَوِيٍّ مُكْتَسِبٍ) . وَلِأَنَّهُ قَدْ صَارَ غَنِيًّا بِكَسْبِهِ كَغِنَى غَيْرِهِ بِمَالِهِ فَصَارَ كُلٌّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا غَنِيًّا عَنْ الْمَسْأَلَةِ. وَقَالَهُ ابْنُ خويز منداد، وَحَكَاهُ عَنِ الْمَذْهَبِ. وَهَذَا لَا يَنْبَغِي أَنْ يُعَوَّلَ عَلَيْهِ، فَإِنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يُعْطِيهَا الْفُقَرَاءَ وَوُقُوفُهَا عَلَى الزَّمِنِ بَاطِلٌ. قَالَ أَبُو عِيسَى التِّرْمِذِيُّ فِي جَامِعِهِ: إِذَا كَانَ الرَّجُلُ قَوِيًّا مُحْتَاجًا وَلَمْ يَكُنْ عنده شي فَتُصُدِّقَ عَلَيْهِ أَجْزَأَ عَنِ الْمُتَصَدِّقِ عِنْدَ أَهْلِ الْعِلْمِ. وَوَجْهُ الْحَدِيثِ عِنْدَ بَعْضِ أَهْلِ الْعِلْمِ عَلَى الْمَسْأَلَةِ. وَقَالَ الْكِيَا الطَّبَرِيُّ: وَالظَّاهِرُ يَقْتَضِي جَوَازَ ذَلِكَ، لِأَنَّهُ فَقِيرٌ مَعَ قُوَّتِهِ وَصِحَّةِ بَدَنِهِ. وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَقَالَ عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ الْحَسَنِ: مَنْ لَا يَكُونُ لَهُ مَا يَكْفِيهِ وَيُقِيمُهُ سَنَةً فَإِنَّهُ يُعْطَى الزَّكَاةَ. وَحُجَّتُهُ مَا رَوَاهُ ابْنُ شِهَابٍ عَنْ مَالِكِ بْنِ أَوْسِ بْنِ الْحَدَثَانِ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَدَّخِرُ مِمَّا أَفَاءَ اللَّهُ عَلَيْهِ قُوتَ سَنَةٍ، ثُمَّ يَجْعَلُ مَا سِوَى ذَلِكَ فِي الْكُرَاعِ «١» وَالسِّلَاحِ مَعَ قَوْلِهِ تَعَالَى: " وَوَجَدَكَ عائِلًا فَأَغْنى " «٢» [الضحى: ٨] . وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الْعِلْمِ: لِكُلِّ وَاحِدٍ أَنْ يَأْخُذَ مِنَ الصَّدَقَةِ فِيمَا لَا بُدَّ لَهُ مِنْهُ. وَقَالَ قَوْمٌ: مَنْ عِنْدَهُ عَشَاءُ لَيْلَةٍ فَهُوَ غَنِيٌّ وَرُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ. وَاحْتَجُّوا بِحَدِيثِ عَلِيٍّ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: (مَنْ سَأَلَ مَسْأَلَةً عَنْ ظَهْرِ غِنًى اسْتَكْثَرَ بِهَا مِنْ رَضْفِ «٣» جَهَنَّمَ) قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَمَا ظَهْرُ الْغِنَى؟ قَالَ: (عَشَاءُ لَيْلَةٍ) أَخْرَجَهُ الدَّارَقُطْنِيُّ وَقَالَ: فِي إِسْنَادِهِ عَمْرُو بْنُ خَالِدٍ وَهُوَ مَتْرُوكٌ. وَأَخْرَجَهُ أَبُو داود عن سهل ابن الْحَنْظَلِيَّةِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَفِيهِ: (مَنْ سَأَلَ وَعِنْدَهُ مَا يُغْنِيهِ فَإِنَّمَا يَسْتَكْثِرُ مِنَ النَّارِ) . وَقَالَ النُّفَيْلِيُّ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ (مِنْ جَمْرِ جَهَنَّمَ) . فَقَالُوا: يَا رَسُولَ الله وما يغنيه؟
(١). الكراع (بالضم): اسم يجمع الخيل. وقيل: هو اسم يجمع الخيل والسلاح. (٢). راجع ج ٢٠ ص ٩٩. [ ..... ] (٣). الرضف: الحجارة المحماة على النار.

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