Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ce qu’a rapporté Mâlik dans le livre d’Ibn Sahnûn :
Il déclara : « Le pauvre (al-faqîr) est le nécessiteux qui se montre réservé, tandis que le miséreux (al-miskîn) est le mendiant. » Cet avis est également rapporté d’Ibn ‘Abbâs, adopté par az-Zuhrî, et privilégié par Ibn Sha‘bân ; il constitue donc la quatrième opinion.

Opinion 5 : Muḥammad b. Maslama a dit : « Le pauvre est celui qui possède un logement et un serviteur, ainsi que toute personne située en-deçà de ce niveau ; le miséreux est celui qui ne possède aucun bien. »

Je (l’auteur) dis : cette opinion contredit ce qui est établi dans le Ṣaḥîḥ de Muslim d’après ‘Abd Allâh b. ‘Amr. Un homme l’interrogea en ces termes : « Ne faisons-nous pas partie des pauvres émigrés ? » ‘Abd Allâh lui répondit : « As-tu une épouse chez qui tu trouves refuge ? » – « Oui. » – « As-tu une demeure où tu habites ? » – « Oui. » Il lui dit alors : « Tu es donc parmi les riches. » L’homme ajouta : « J’ai aussi un serviteur. » Il répondit : « Dans ce cas, tu es parmi les rois. »

Opinion 6 : D’après Ibn ‘Abbâs – et ad-Ḍaḥḥâk partage cet avis – les pauvres sont les émigrés (al-muhâjirûn), tandis que les miséreux sont les Bédouins qui ne se sont pas exilés.

Opinion 7 : Selon ‘Ubayd Allâh b. al-Ḥasan, le miséreux est celui qui s’humilie et s’efface, même s’il ne demande pas, alors que le pauvre est celui qui supporte sa situation et accepte discrètement ce qu’on lui donne sans manifester d’humilité.

Opinion 8 : Rapportée de Mujâhid, ‘Ikrima et az-Zuhrî : les miséreux désignent ceux qui vont de lieu en lieu, tandis que les pauvres sont les nécessiteux parmi les musulmans.

Opinion 9 : Rapportée également d’‘Ikrima : les pauvres sont les nécessiteux parmi les musulmans, et les miséreux les déshérités parmi les Gens du Livre. (La suite viendra.)

Quatrième point : l’utilité pratique de la divergence sur la définition des pauvres et des miséreux – constituent-ils une seule catégorie ou plusieurs ? – se manifeste dans le cas de celui qui lègue le tiers de ses biens à untel, ainsi qu’aux pauvres et aux miséreux. Celui qui les considère comme une seule catégorie dira : la moitié du tiers revient à untel, et l’autre moitié aux pauvres-miséreux. Celui qui les considère comme deux catégories partagera le tiers en trois parts égales.

Cinquième point : les savants ont divergé quant au seuil de pauvreté permettant de recevoir la zakât. Tout en étant d’accord – la plupart de ceux dont la parole est retenue – que celui qui possède une maison et un serviteur indispensables peut prélever de la zakât et que le donateur peut la lui verser.
Mâlik disait : « S’il ne reste, dans la valeur de la maison et du serviteur, aucun surplus au-delà de son besoin réel, il lui est permis de prendre ; sinon, cela ne lui est pas permis. » C’est ce qu’a rapporté Ibn al-Mun*dhir. An-Nakha‘î et Ath-Thawrî ont adopté l’avis de Mâlik.

Abû Ḥanîfa a dit : « Quiconque possède vingt dînars ou deux cents dirhams n’a pas droit à la zakât. »

مَا قَالَهُ مَالِكٌ فِي كِتَابِ ابْنِ سَحْنُونٍ، قَالَ: الْفَقِيرُ الْمُحْتَاجُ الْمُتَعَفِّفُ، وَالْمِسْكِينُ السَّائِلُ، وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَقَالَهُ الزُّهْرِيُّ، وَاخْتَارَهُ ابْنُ شَعْبَانَ «١» وَهُوَ الْقَوْلُ الرَّابِعُ. وَقَوْلٌ خَامِسٌ- قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ مَسْلَمَةَ: الْفَقِيرُ الَّذِي لَهُ الْمَسْكَنُ وَالْخَادِمُ إِلَى مَنْ هُوَ أَسْفَلَ مِنْ ذَلِكَ. وَالْمِسْكِينُ الَّذِي لَا مَالَ لَهُ. قُلْتُ: وَهَذَا الْقَوْلُ عَكْسُ مَا ثَبَتَ فِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو، وَسَأَلَهُ رَجُلٌ فَقَالَ: أَلَسْنَا مِنْ فُقَرَاءِ الْمُهَاجِرِينَ؟ فَقَالَ لَهُ عَبْدُ اللَّهِ: أَلَكَ امْرَأَةٌ تَأْوِي إِلَيْهَا؟ قَالَ نَعَمْ. قَالَ: أَلَكَ مَسْكَنٌ تَسْكُنُهُ؟ قَالَ نَعَمْ. قَالَ: فَأَنْتَ مِنَ الْأَغْنِيَاءِ. قَالَ: فَإِنَّ لِي خَادِمًا قَالَ: فَأَنْتَ مِنَ الْمُلُوكِ. وَقَوْلٌ سَادِسٌ: رُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: الْفُقَرَاءُ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ، وَالْمَسَاكِينُ مِنَ الْأَعْرَابِ الَّذِينَ لَمْ يُهَاجِرُوا وقال الضَّحَّاكُ. وَقَوْلٌ سَابِعٌ- وَهُوَ أَنَّ الْمِسْكِينَ الَّذِي يَخْشَعُ وَيَسْتَكِنُّ وَإِنْ لَمْ يَسْأَلْ. وَالْفَقِيرُ الَّذِي يَتَحَمَّلُ وَيَقْبَلُ الشَّيْءَ سِرًّا وَلَا يَخْشَعُ، قَالَهُ عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ الْحَسَنِ. وَقَوْلٌ ثَامِنٌ قَالَهُ مُجَاهِدٌ وَعِكْرِمَةُ وَالزُّهْرِيُّ- الْمَسَاكِينُ الطَّوَّافُونَ، وَالْفُقَرَاءُ فُقَرَاءُ الْمُسْلِمِينَ. وَقَوْلٌ تَاسِعٌ قَالَهُ عِكْرِمَةُ أَيْضًا- أَنَّ الفقراء فقراء المسلمين، والمساكين فقراء أهل الكتاب. وَسَيَأْتِي. الرَّابِعَةُ- وَهِيَ فَائِدَةُ الْخِلَافِ فِي الْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ، هَلْ هُمَا صِنْفٌ وَاحِدٌ أَوْ أَكْثَرُ تَظْهَرُ فِيمَنْ أَوْصَى بِثُلُثِ مَالِهِ لِفُلَانٍ وَلِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ، فَمَنْ قَالَ هُمَا صِنْفٌ وَاحِدٌ قَالَ: يَكُونُ لِفُلَانٍ نِصْفُ الثُّلُثِ وَلِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ نِصْفُ الثُّلُثِ الثَّانِي. وَمَنْ قَالَ هُمَا صِنْفَانِ يَقْسِمُ الثُّلُثَ بَيْنَهُمْ أَثْلَاثًا. الْخَامِسَةُ- وَقَدِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي حَدِّ الْفَقْرِ الَّذِي يَجُوزُ مَعَهُ الْأَخْذُ- بَعْدَ إِجْمَاعِ أَكْثَرُ مَنْ يُحْفَظُ عَنْهُ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ- أَنَّ من له دارا وخادما لَا يَسْتَغْنِيَ عَنْهُمَا أَنَّ لَهُ أَنْ يَأْخُذَ مِنَ الزَّكَاةِ، وَلِلْمُعْطِي أَنْ يُعْطِيَهُ. وَكَانَ مَالِكٌ يَقُولُ: إِنْ لَمْ يَكُنْ فِي ثَمَنِ الدَّارِ وَالْخَادِمِ فَضْلَةٌ عَمَّا يَحْتَاجُ إِلَيْهِ مِنْهُمَا جَازَ لَهُ الْأَخْذُ وَإِلَّا لَمْ يَجُزْ، ذَكَرَهُ ابْنُ الْمُنْذِرِ. وَبِقَوْلِ مَالِكٍ قَالَ النَّخَعِيُّ وَالثَّوْرِيُّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: مَنْ مَعَهُ عِشْرُونَ دِينَارًا أَوْ مائتا درهم فلا يأخذ من الزكاة.
(١). كذا في كل الأصول هو محمد بن القاسم بن شعبان إليه انتهت رئاسة المالكية بمصر توفى عام ٣٥٥. وفي ج: ابن سفيان. وهو خطأ.

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