Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

– que la prière et le salut d’Allah soient sur lui – :

« Ô frère des (tribus) Ṣudâ’, reconnu et obéi parmi les siens ! »

Je répondis : « Au contraire, c’est Allah qui leur a accordé Sa grâce et les a guidés. »

Puis un homme vint interroger le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – au sujet des aumônes obligatoires. Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – lui dit :

« Allah n’a agréé, au sujet des aumônes, ni la décision d’un Prophète ni celle d’un autre, avant d’en avoir Lui-même réparti le droit en huit parts. Si tu fais partie de l’une de ces catégories, je te la donnerai. »

Ce hadith est rapporté par Abû Dâwûd et ad-Dâraquṭnî, ce dernier en fournissant la formulation citée.

Il est rapporté de Zayn al-‘Âbidîn qu’il a dit : « Le Très-Haut a su exactement quelle part devait être prélevée de la Zakât et ce qui suffit à chaque catégorie. Il en a fait un droit pour eux tous ; quiconque le leur refuse est injuste envers leur subsistance. »

Nos savants se sont appuyés sur la parole du Très-Haut :
« Si vous rendez les aumônes publiques, quel excellent acte ! Mais si vous les cachez et les remettez aux pauvres, cela est meilleur pour vous. » [al-Baqarah, 271]

Chaque fois que le terme « ṣadaqah » est employé sans précision dans le Coran, il désigne l’aumône obligatoire.

Le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit :
« Il m’a été ordonné de prendre l’aumône sur vos riches et de la redistribuer à vos pauvres. »

Ce texte coranique et prophétique mentionne explicitement l’un des huit groupes ayant droit à la Zakât. C’est l’avis de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, ‘Alî, Ibn ‘Abbâs et Ḥudhayfah, ainsi que d’un groupe de Tâbi‘ûn.

Ils ont déclaré : il est permis de verser la Zakât aux huit catégories, et si elle est donnée à l’une quelconque d’entre elles, cela suffit.

Al-Minhâl ibn ‘Amr a rapporté de Zirr ibn Ḥubaysh, d’après Ḥudhayfah, au sujet de la parole du Très-Haut :
« Les aumônes ne sont que pour les pauvres et les nécessiteux… »
Il dit : « Allah n’a mentionné ces aumônes que pour qu’elles soient connues ; à quelque catégorie que tu les verses, cela t’acquitte. »

Sa‘îd ibn Jubayr rapporte d’Ibn ‘Abbâs, à propos du même verset : « Dans laquelle que tu les places, tu es quitte. » C’est aussi l’avis d’al-Ḥasan, d’Ibrâhîm et d’autres.

Al-Kiyâ aṭ-Ṭabarî dit : Mâlik est même allé jusqu’à revendiquer l’unanimité (ijmâ‘) sur ce point.

Je – c’est-à-dire l’auteur – dis : il vise l’unanimité des Compagnons, car, comme l’a affirmé Abû ‘Umar, on ne connaît parmi eux aucun contradicteur. Allah est plus savant.

Ibn al-‘Arabî ajoute : « L’argument décisif que nous avançons contre eux est que la communauté est unanime pour reconnaître que, si chaque catégorie recevait sa part, la généralisation ne serait pas obligatoire ; il en va de même pour la généralisation des catégories elles-mêmes. Allah est plus savant. »

Troisièmement : les linguistes et les juristes ont divergé sur la différence entre le pauvre (faqîr) et le nécessiteux (miskîn) en neuf opinions. Ya‘qûb ibn as-Sikkît, al-Qutaybî et Yûnus ibn Ḥabîb estiment que le pauvre est dans une situation meilleure que

وَسَلَّمَ: (يَا أَخَا صُدَاءَ الْمُطَاعَ فِي قَوْمِهِ) . قَالَ: قُلْتُ بَلْ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْهِمْ وَهَدَاهُمْ، قال: ثم جاءه رجل يسأل عَنِ الصَّدَقَاتِ، فَقَالَ لَهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّ اللَّهَ لَمْ يَرْضَ فِي الصَّدَقَاتِ بِحُكْمِ نَبِيٍّ وَلَا غَيْرِهِ حَتَّى جَزَّأَهَا ثَمَانِيَةَ أَجْزَاءٍ فَإِنْ كُنْتَ مِنْ أَهْلِ تِلْكَ الْأَجْزَاءِ أَعْطَيْتُكَ) رَوَاهُ أَبُو دَاوُدَ وَالدَّارَقُطْنِيُّ. وَاللَّفْظُ لِلدَّارَقُطْنِيِّ. وَحُكِيَ عَنْ زَيْنِ الْعَابِدِينَ أَنَّهُ قَالَ: إِنَّهُ تَعَالَى عَلِمَ قَدْرَ مَا يُدْفَعُ مِنَ الزَّكَاةِ وَمَا تَقَعُ بِهِ الْكِفَايَةُ لِهَذِهِ الْأَصْنَافِ، وَجَعَلَهُ حَقًّا لِجَمِيعِهِمْ، فَمَنْ مَنَعَهُمْ ذَلِكَ فهو الظالم لهم رزقهم. وتمسك علماؤنا بقول تَعَالَى: " إِنْ تُبْدُوا الصَّدَقاتِ فَنِعِمَّا هِيَ وَإِنْ تُخْفُوها وَتُؤْتُوهَا الْفُقَراءَ فَهُوَ خَيْرٌ لَكُمْ" «١» [البقرة: ٢٧١] . وَالصَّدَقَةُ مَتَى أُطْلِقَتْ فِي الْقُرْآنِ فَهِيَ صَدَقَةُ الْفَرْضِ. وَقَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (أُمِرْتُ أن آخذ الصدقة من أغنيائكم وارد ها عَلَى فُقَرَائِكُمْ) . وَهَذَا نَصٌّ فِي ذِكْرِ أَحَدِ الْأَصْنَافِ الثَّمَانِيَةِ قُرْآنًا وَسُنَّةً، وَهُوَ قَوْلُ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ وَعَلِيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ وَحُذَيْفَةَ. وَقَالَ بِهِ مِنَ التَّابِعِينَ جَمَاعَةٌ. قَالُوا: جَائِزٌ أَنْ يَدْفَعَهَا إِلَى الْأَصْنَافِ الثَّمَانِيَةِ، وَإِلَى أَيِّ صِنْفٍ مِنْهَا دُفِعَتْ جَازَ. رَوَى الْمِنْهَالُ بْنُ عَمْرٍو عَنْ زِرِّ بْنِ حُبَيْشٍ عَنْ حُذَيْفَةَ فِي قَوْلِهِ: " إِنَّمَا الصَّدَقاتُ لِلْفُقَراءِ وَالْمَساكِينِ" قَالَ: إِنَّمَا ذَكَرَ اللَّهُ هَذِهِ الصَّدَقَاتِ لِتُعْرَفَ وَأَيُّ صِنْفٍ منها أعطيت أجزأك. وروى سعيد ابن جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ " إِنَّمَا الصَّدَقاتُ لِلْفُقَراءِ وَالْمَساكِينِ" قَالَ: فِي أَيِّهَا وَضَعْتَ أَجْزَأَ عَنْكَ. وَهُوَ قَوْلُ الْحَسَنِ وَإِبْرَاهِيمَ وَغَيْرِهِمَا. قَالَ الْكِيَا الطَّبَرِيُّ: حَتَّى ادَّعَى مَالِكٌ الْإِجْمَاعَ عَلَى ذَلِكَ. قُلْتُ: يُرِيدُ إِجْمَاعَ الصَّحَابَةِ، فَإِنَّهُ لَا يُعْلَمُ لَهُمْ مُخَالِفٌ مِنْهُمْ عَلَى مَا قَالَ أَبُو عُمَرَ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَالَّذِي جَعَلْنَاهُ فَيْصَلًا بَيْنَنَا وَبَيْنَهُمْ أَنَّ الْأُمَّةَ اتَّفَقَتْ عَلَى أَنَّهُ لَوْ أُعْطِيَ كُلُّ صِنْفٍ حَظَّهُ لَمْ يَجِبْ تَعْمِيمُهُ، فَكَذَلِكَ تَعْمِيمُ الْأَصْنَافِ مِثْلُهُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الثَّالِثَةُ- وَاخْتَلَفَ عُلَمَاءُ اللُّغَةِ وَأَهْلُ الْفِقْهِ فِي الْفَرْقِ بَيْنَ الْفَقِيرِ وَالْمِسْكِينِ عَلَى تِسْعَةِ أَقْوَالٍ: فَذَهَبَ يَعْقُوبُ بْنُ السِّكِّيتِ وَالْقُتَبِيُّ وَيُونُسُ بْنُ حَبِيبٍ إِلَى أَنَّ الْفَقِيرَ أَحْسَنُ حَالًا من
(١). راجع ج ٣ ص ٣٣٢.

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