Dans ce sens-là également, le lieu est appelé lâǧaʾ et malǧaʾ. Le terme at-talǧiʾah signifie « la contrainte ». L’expression « alǧaʾtuhu ilâ-sh-shayʾ » veut dire : « je l’ai forcé à y recourir ». Quant à « alǧaʾtu amrî ilâ-Llâh », elle signifie : « j’ai remis mon affaire à Allah ». On cite encore ʿAmr ibn Lajaʾ at-Tamîmî, le poète, d’après al-Jawharî.
« … ou des maghârât » : pluriel de maghârah, dérivé du verbe ghâra yaghîru. Al-Akhfash précise qu’il peut aussi venir de aghâra yughiru, comme l’a dit le poète :
« Louange à Allah pour nos soirs et nos matins. »
Ibn ʿAbbâs explique que les maghârât sont les grottes et les souterrains, des lieux où l’on se cache ; de la même racine proviennent les expressions « ghâra l-mâʾ » (l’eau s’est infiltrée) et « ghârat l-ʿayn » (l’œil s’est enfoncé).
« … ou un muddakhala » : forme « muftaʿal » tirée de dukhûl (entrer) qui désigne « un passage où nous nous dissimulons en y pénétrant » ; le terme a été répété pour varier l’expression.
An-Naḥḥâs dit : sa forme originelle est mudtakhal ; le tâ y a été changée en dâl parce que cette dernière est sonore, la première soufflée, toutes deux ayant le même point d’articulation.
On a également proposé l’origine mutadakhkhal, sur le modèle mutafaʿʿal, comme dans la lecture d’Ubayy : « aw mutadakhalan » – qui signifie « une entrée après une autre », autrement dit des gens qui entrent avec eux.
Al-Mahdawî lit « mutadakhilan », dérivé de tadakhkhala, à l’image de la forme tafaʿʿala lorsqu’on se force à entrer.
D’Ubayy encore : « mundakhala », issu de indakhala ; forme considérée irrégulière, car son trilittère est intransitif selon Sîbawayh et ses disciples.
Al-Ḥasan, Ibn Abî Isḥâq et Ibn Muḥayṣin ont lu : « aw madkhalan » (mîm ouverte, dâl muette). Az-Zajjâj rapporte aussi la lecture « aw mudkhalan » (mîm fermée, dâl muette) : la première vient de « dakhala », la seconde de « adkhala ». Il en va de même, dit-il, pour la forme verbale, le lieu et le temps, comme le cite Sîbawayh :
« mughâra bni Hammâm ʿalâ ḥayyi Khatʿamâ. »
Il est encore rapporté de Qatâdah, ʿÎsâ et al-Aʿmash : « aw muddakhalan », avec redoublement de la dâl et du khâʾ ; la majorité lit toutefois avec redoublement de la seule dâl, c’est-à-dire « un endroit où ils font pénétrer leurs propres personnes ». Il y a ainsi six lectures différentes.
« Ils s’y seraient alors repliés… »