[Sourate At-Tawbah (9) : versets 55-56]
« Que ni leurs biens ni leurs enfants ne t’émerveillent. Allah ne veut, par cela, que les châtier dans la vie d’ici-bas, et que leurs âmes s’exhalent tandis qu’ils demeurent mécréants. (55)
Ils jurent par Allah qu’ils sont vraiment des vôtres ; or ils ne sont nullement des vôtres. Ce ne sont, en réalité, qu’un peuple qui redoute (le danger). (56) »
C’est-à-dire : ne juge pas digne d’admiration ce que Nous leur avons accordé et ne penche pas vers cela, car il s’agit d’un procédé de leurre et d’endurcissement.
« Allah ne veut, par cela, que les châtier »
Al-Ḥasan (al-Baṣrî) dit : le sens est « en les contraignant à acquitter la Zakât et à dépenser dans la voie d’Allah ». Tel est l’avis retenu par al-Ṭabarî.
Ibn ʿAbbâs et Qatâdah disent : l’énoncé comporte un antéposition-postposition ; le sens est donc : « Que ni leurs biens ni leurs enfants ne t’émerveillent, dans la vie présente. Allah ne veut, par cela, que les châtier dans l’Au-delà. » C’est l’opinion de la plupart des grammairiens arabes, rapportée par al-Naḥḥâs.
On a également dit : Il les châtie par la peine qu’ils éprouvent à amasser leurs biens. Suivant cette interprétation — ainsi que celle d’al-Ḥasan — il n’y a ni antéposition ni postposition, et l’explication est satisfaisante.
D’autres ont soutenu : le sens est « Allah veut, par ces biens et ces enfants, les châtier dans ce bas monde », car ce sont des hypocrites qui dépensent à contrecœur ; ils sont donc tourmentés par ce qu’ils dépensent.
« … et que leurs âmes s’exhalent tandis qu’ils sont mécréants » : formulation explicite indiquant qu’Allah décrète qu’ils meurent mécréants ; telle est Sa décision immuable.
« Ils jurent par Allah qu’ils sont vraiment des vôtres… » : Il montre ici que l’un des traits des hypocrites est de prêter serment qu’ils sont croyants, comme dans Sa parole : « Lorsque les hypocrites viennent à toi, ils disent : “Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah.” » (Al-Munâfiqûn, 1).
Le terme « al-faraq » signifie la peur : ils craignent que s’ils exposaient ce qu’ils cachent, ils ne soient tués.
[Sourate At-Tawbah (9) : verset 57]
« S’ils trouvaient un refuge, des grottes ou un passage souterrain, ils y fuiraient à bride abattue. » (57)
Parole du Très-Haut :
« S’ils trouvaient un refuge… » — On s’arrête ainsi sur l’expression.
Dans l’écriture : on emploie deux alif, le premier pour la hamza, le second en remplacement de la tanwîn ; tel est l’usage que j’ai vu dans un feuillet.
Al-maljaʾ signifie « la forteresse », d’après Qatâdah et d’autres. Ibn ʿAbbâs dit : « le lieu sûr (al-ḥirz) » ; ces deux termes sont équivalents.
On dit : lajaʾtu ilayhi lajaʾan (avec voyelle), maljaʾan, wa-ilta-jaʾtu ilayh — « je me réfugiai auprès de lui ».