Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate at-Tawbah (9) : versets 49-50]
« Et parmi eux il en est qui disent : « Accorde-moi la permission et ne me mets pas à l’épreuve. » Or, les voilà bel et bien tombés dans l’épreuve, et la Géhenne enveloppera certes les mécréants. (49)
Si un bien t’atteint, cela les contrarie ; et si un malheur t’atteint, ils disent : « Nous avions bel et bien pris nos précautions auparavant », puis ils se détournent tout en exultant. (50) »

Parole du Très-Haut : « Et parmi eux il en est qui dit : Accorde-moi la permission. »
Le verbe vient de « ʿadhina – yaʾdhanu ». Au mode impératif on ajoute une hamza cassée, suivie d’une autre hamza qui correspond à la première radicale du verbe ; or deux hamzas ne pouvant se rencontrer, la seconde est remplacée par un yâ’ du fait de la kasra qui la précède ; on prononce donc « iʾdhan ». Lorsque l’on lie la récitation, la raison qui interdisait la réunion des deux hamzas disparaît : on hamze alors et l’on dit : « wa-min-hum man yaqûlu iʾdhan lî ».
Warsh, d’après Nâfiʿ, a transmis la lecture : « wa-min-hum man yaqûlu ôdhan lî », où la hamza est allégée (1).

An-Naḥḥâs dit : on dit « iʾdhan li-fulân » puis « iʾdhan lahu » ; l’orthographe, dans les deux cas, comporte un alif et un yâ’ avant le dâl. Si tu dis : « iʾdhan li-fulân wa ʾdhan li-ghayrihi », la seconde forme s’écrit sans yâ’, et il en est de même avec la particule faʾ. La différence entre « thumma » et la conjonction wâw est que l’on peut s’arrêter après « thumma » qui se détache, tandis que wâw et faʾ ne supportent ni halte ni séparation.

Muḥammad ibn Isḥâq rapporte : Lorsque le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — s’apprêta à partir pour Tabûk, il dit à al-Jadd ibn Qays, le frère des Banû Salimah :
« Ô Jadd ! Que dirais-tu d’un combat contre les Banû al-Aṣfar ? Tu y prendrais des captives et des servantes. »
Al-Jadd répondit : « Mon peuple sait combien je suis épris des femmes ; je crains que, si je vois les Banû al-Aṣfar, je ne puisse me contenir vis-à-vis d’elles. Ne me mets donc pas à l’épreuve et permets-moi de rester ; je t’aiderai de mes biens. »
Le Messager d’Allâh — qu’Allâh prie sur lui et le salue — se détourna de lui et dit : « Je t’ai donné la permission », et ce verset fut révélé.
C’est-à-dire : « Ne me tente pas par la beauté de leurs visages. » Il n’avait en réalité aucune excuse, hormis l’hypocrisie.

Al-Mahdawî dit : Al-Aṣfar était un Abyssin dont les filles — alors les plus belles de leur époque — vivaient au pays de Byzance.
On a également dit : on les a appelées ainsi parce que les Abyssins avaient dominé les Byzantins et leur avaient donné des filles qui héritèrent de la blancheur des Byzantins et de la noirceur des Abyssins ; leur teint devint donc brun-doré, avec des gencives sombres (2).

Ibn ʿAṭiyyah observe : le récit rapporté par Ibn Isḥâq présente une faiblesse. At-Tabarî a, quant à lui, rapporté que le Messager d’Allâh… (le texte s’interrompt ici).

[سورة التوبة (٩) : الآيات ٤٩ الى ٥٠] وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ ائْذَنْ لِي وَلا تَفْتِنِّي أَلا فِي الْفِتْنَةِ سَقَطُوا وَإِنَّ جَهَنَّمَ لَمُحِيطَةٌ بِالْكافِرِينَ (٤٩) إِنْ تُصِبْكَ حَسَنَةٌ تَسُؤْهُمْ وَإِنْ تُصِبْكَ مُصِيبَةٌ يَقُولُوا قَدْ أَخَذْنا أَمْرَنا مِنْ قَبْلُ وَيَتَوَلَّوْا وَهُمْ فَرِحُونَ (٥٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ ائْذَنْ لِي) مِنْ أَذِنَ يَأْذَنُ. وَإِذَا أَمَرْتَ زِدْتَ هَمْزَةً مَكْسُورَةً وَبَعْدَهَا هَمْزَةٌ هِيَ فَاءُ الْفِعْلِ، وَلَا يَجْتَمِعُ هَمْزَتَانِ فَأُبْدِلَتْ مِنَ الثانية ياء لكسرة ما قبلها فقلت ائذن. فَإِذَا وَصَلْتَ زَالَتِ الْعِلَّةُ فِي الْجَمْعِ بَيْنَ هَمْزَتَيْنِ، ثُمَّ هَمَزْتَ فَقُلْتَ: " وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ ائْذَنْ لِي" وَرَوَى وَرْشٌ عَنْ نَافِعٍ " وَمِنْهُمْ مَنْ يَقُولُ اوْذَنْ لِي" خَفَّفَ الْهَمْزَةَ «١» . قَالَ النحاس: يقال ائذن لفلان ثم ائذن لَهُ هِجَاءُ الْأُولَى وَالثَّانِيَةِ وَاحِدٌ بِأَلِفٍ وَيَاءٍ قبل الذال في الخط. فإن قلت: ائذن لِفُلَانٍ وَأْذَنْ لِغَيْرِهِ كَانَ الثَّانِي بِغَيْرِ يَاءٍ وَكَذَا الْفَاءُ. وَالْفَرْقُ بَيْنَ ثُمَّ وَالْوَاوُ أَنَّ ثُمَّ يُوقَفُ عَلَيْهَا وَتَنْفَصِلُ وَالْوَاوُ وَالْفَاءُ لَا يُوقَفُ عَلَيْهِمَا وَلَا يَنْفَصِلَانِ. قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ إِسْحَاقَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِلْجَدِّ بْنِ قَيْسٍ أَخِي بَنِي سَلِمَةَ لَمَّا أَرَادَ الْخُرُوجَ إِلَى تَبُوكَ: (يَا جَدُّ، هَلْ لَكَ فِي جِلَادِ بَنِي الْأَصْفَرِ تَتَّخِذُ مِنْهُمْ سَرَارِيَّ وَوُصَفَاءَ) فَقَالَ الْجَدُّ: قَدْ عَرَفَ قَوْمِي أَنِّي مُغَرَمٌ بِالنِّسَاءِ، وَإِنِّي أَخْشَى إِنْ رَأَيْتُ بَنِي الْأَصْفَرِ أَلَّا أَصْبِرَ عَنْهُنَّ فَلَا تَفْتِنِّي وَأْذَنْ لِي فِي الْقُعُودِ وَأُعِينُكَ بِمَالِيَ فَأَعْرَضَ عَنْهُ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ: (قَدْ أَذِنْتُ لَكَ) فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ. أَيْ لَا تَفْتِنِّي بِصَبَاحَةِ وُجُوهِهِمْ، وَلَمْ يَكُنْ بِهِ عِلَّةٌ إِلَّا النِّفَاقَ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَالْأَصْفَرُ رَجُلٌ مِنَ الْحَبَشَةِ كَانَتْ لَهُ بَنَاتٌ لَمْ يَكُنْ فِي وَقْتِهِنَّ أَجْمَلُ مِنْهُنَّ وَكَانَ بِبِلَادِ الرُّومِ. وَقِيلَ: سُمُّوا بِذَلِكَ لِأَنَّ الْحَبَشَةَ غَلَبَتْ عَلَى الرُّومِ، وَوَلَدَتْ لَهُمْ بَنَاتٍ فَأَخَذْنَ مِنْ بَيَاضِ الرُّومِ وَسَوَادِ الْحَبَشَةِ، فَكُنَّ صُفْرًا لُعْسًا «٢» . قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: فِي قَوْلِ ابْنِ ابن إِسْحَاقَ فُتُورٌ. وَأَسْنَدَ الطَّبَرِيُّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ
(١). أي أبدلها واوا لضمه اللام قبلها فينطق باللام كأنها متصلة بواو الجماعة. (٢). اللعس: سواد اللثة والشفة. وقيل: اللعس واللعسة: سواد يعلو شفة المرأة البيضاء وقيل: هو سواد في حمرة.

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