« … ou même deux menues bouchées de choix, il se serait rendu à la prière de l’ʿichâ’ ».
Il veut dire : « Si l’un d’eux était certain de trouver sur place un avantage immédiat qu’il pourrait emporter, il viendrait à la mosquée uniquement pour cela. »
« Mais la distance leur parut trop longue … »
Abû ʿUbaydah et d’autres rapportent que le terme « ach-shuqqah » désigne un voyage vers une contrée lointaine. On dit à ce propos : « Une shuqqah pénible (shuqqatun shâqqah) ». Tout ce passage fait allusion à l’expédition de Tabûk.
Al-Kisâʾî rapporte qu’on peut dire « shuqqah » ou « shiqqah ». Al-Jawharî précise : « ach-shuqqah, avec damma, est un pan d’étoffe ; c’est aussi le voyage lointain, et on le dit parfois avec kasra. Quant à ach-shiqqah, c’est une éclisse – un éclat qui se détache d’une planche ou d’un morceau de bois. »
On dit, à propos d’un homme irrité : « Il s’est emporté au point qu’une shiqqah a jailli de lui », avec kasra.
« Ils jureront par Allah : “Si nous avions pu, nous serions sortis avec vous.” » Autrement dit : « si nous avions disposé de montures et de moyens financiers ».
C’est l’équivalent de la Parole d’Allah : « Et à Allah appartient, pour les gens, le pèlerinage de la Maison, à condition qu’ils en aient les moyens. » (Âl ʿImrân, 97) – que le Prophète (paix et salut sur lui) a expliqué par : « provision et monture », comme il a déjà été mentionné.
« Ils se détruisent eux-mêmes » : c’est-à-dire par le mensonge et l’hypocrisie.
« Et Allah sait bien qu’ils sont assurément des menteurs » dans les excuses qu’ils avancent.
« Qu’Allah te pardonne ! Pourquoi leur as-tu accordé la permission, jusqu’à ce qu’il te soit clairement apparu qui sont les véridiques et que tu apprennes qui sont les menteurs ? » (At-Tawbah, 43)
A propos de Sa Parole : « Qu’Allah te pardonne ! Pourquoi leur as-tu accordé la permission ? », on a dit qu’il s’agit d’une formule d’ouverture du propos, comme lorsque tu dis : « Qu’Allah te réforme, t’honore et te fasse miséricorde ! Il est arrivé telle et telle chose. » Selon cette interprétation, il convient de s’arrêter à « Qu’Allah te pardonne ! », ainsi que l’ont rapporté Makkî, al-Mahdawî et an-Nahhâs. Il l’informe d’emblée du pardon avant d’évoquer l’éventuelle faute, afin que son cœur ne soit pas saisi d’effroi.
D’autres ont dit : le sens est : « Qu’Allah t’ait déjà pardonné la faute que tu as commise en leur accordant la permission ». Dans ce cas, il ne convient pas de s’arrêter à « Qu’Allah te pardonne ! », comme l’ont signalé al-Mahdawî et an-Nahhâs, ce dernier préférant cette opinion.
Puis l’on a expliqué l’autorisation évoquée par deux avis :
- « Pourquoi leur as-tu accordé la permission » de partir avec toi, alors que sortir sans préparation ni intention sincère est une source de corruption.
- « Pourquoi leur as-tu accordé la permission » de rester, lorsqu’ils se sont excusés par de faux prétextes.
Ces deux avis sont rapportés par al-Qushayrî. Il ajoute : « Il s’agit d’un reproche empreint de mansuétude, puisqu’Il dit : “Qu’Allah te pardonne !” »
Le Prophète (paix et salut sur lui) leur avait, en effet, accordé cette permission sans qu’une révélation spécifique fût descendue à ce sujet.
Qatâdah et ʿAmr ibn Maymûn dirent : « Il y a deux choses que le Prophète (paix et salut sur lui) fit… » (la suite du propos n’est pas rapportée ici)