Il s’est engagé dans la religion tout comme l’avait fait le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, et c’est à ce titre qu’il a mérité que l’on dise de lui : « le second des deux ».
Je (l’auteur) dis : des hadiths authentiques rapportés dans la Sunna indiquent explicitement qu’il est le calife après le Prophète, et le consensus s’est établi sur cette question ; nul n’y a plus contredit. Celui qui porte atteinte à son califat est, à l’unanimité, déclaré dans l’erreur et fautif ; quant à savoir s’il devient mécréant ou non, les avis divergent, mais l’opinion la plus évidente est qu’il tombe dans la mécréance. Davantage d’explications à ce sujet viendront, si Allah le veut, dans la sourate Al-Fath.
Ce qui est établi de manière certaine par le Livre, la Sunna et les paroles des savants de la communauté – et que les cœurs et les consciences doivent tenir pour vrai – c’est la supériorité du Véridique (as-Ṣiddîq) sur l’ensemble des Compagnons. Nulle considération n’est accordée aux dires des sectaires ni des gens d’innovation : les uns sont des mécréants dont le cou mérite d’être frappé, les autres des innovateurs débauchés dont la parole n’est pas recevable.
Après le Véridique vient ‘Umar al-Fârûq, puis après lui ‘Uthmân.
Al-Bukhârî rapporte d’après Ibn ‘Umar : « Du vivant du Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, nous établissions un classement parmi les gens ; nous placions Abû Bakr en tête, puis ‘Umar, puis ‘Uthmân. »
Les imams des Anciens (salaf) ont divergé au sujet du rang de ‘Uthmân et de ‘Alî ; la majorité les fait précéder par ‘Uthmân. Il est rapporté de Mâlik qu’il s’est d’abord abstenu, puis qu’il est revenu à l’avis de la majorité ; c’est là, si Allah le veut, l’opinion la plus correcte.
Dixième point – Parole du Très-Haut :
« Allah fit alors descendre Sa sérénité sur lui »
Deux opinions : la première : sur le Prophète – paix et bénédictions sur lui – ; la seconde : sur Abû Bakr.
Ibn al-‘Arabî dit : « Nos savants ont opté pour la seconde, plus forte : Abû Bakr avait peur pour le Prophète face à leurs ennemis ; Allah fit donc descendre Sa sérénité sur lui, en assurant la protection du Prophète. Son cœur se calma, sa frayeur s’évanouit, la sécurité s’installa ; Allah, béni soit-Il, fit pousser alors un thuama, inspira à un couple de colombes de nicher là, et envoya l’araignée qui tissa sa toile. Ô que ces armées paraissent faibles à l’œil, mais que leur force est grande dans le sens profond ! »
C’est à propos de cette signification que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – dit à ‘Umar, lorsqu’il se querella avec le Véridique :
« Ne laisserez-vous donc pas mon compagnon ? Tous les gens m’ont traité de menteur, et Abû Bakr a dit : “Tu as dit vrai.” »
(Rapporté par Abû ad-Dardâ’)