[Sourate at-Tawbah (9), verset 40]
« Si vous ne lui portez pas secours, eh bien, Allah l’a certes secouru lorsque les mécréants le firent sortir, alors qu’il n’était que le second de deux. Tous deux se trouvaient dans la grotte, lorsque son compagnon lui dit : « Ne t’attriste pas, certes Allah est avec nous. » Allah fit alors descendre Sa quiétude sur lui, Le soutint par des armées que vous ne voyiez point, abaissa la parole des mécréants, tandis que la Parole d’Allah – elle – demeure la plus haute. Et Allah est Tout-Puissant, Tout-Sage. »
Ce passage comporte onze questions juridiques.
La première : Sa parole – exalté soit-Il – « Si vous ne lui portez pas secours ». Autrement dit : si vous ne l’assistez pas en partant avec lui à l’expédition de Tabouk. Allah les réprimanda après le retour de Son Prophète – paix et salut sur lui – de Tabouk.
An-Naqqâch dit : c’est le tout premier verset révélé de la sourate « Barâ’ah ».
Le sens est : si vous délaissez son secours, Allah Se chargera de lui, car Il l’a déjà secouru dans les situations de minorité et Lui a accordé la victoire et la puissance sur Ses ennemis.
On a également dit : Allah l’a secouru, dans la grotte, par son compagnon ; celui-ci le réconforta, le porta sur sa nuque, se dévoua totalement pour lui, se sacrifiant de sa personne et partageant avec lui ses biens.
Al-Layth Ibn Sa‘d déclara : « Jamais les prophètes – paix sur eux – n’eurent un compagnon tel Abou Bakr as-Ṣiddîq. » Sufyân Ibn ‘Uyaynah dit : Abou Bakr fut exempté, par ce verset, du blâme contenu dans « Si vous ne lui portez pas secours ».
La deuxième question : Sa parole – exalté soit-Il – « lorsque les mécréants le firent sortir ». En réalité, il sortit de lui-même, fuyant, mais ils l’y contraignirent au point qu’il le fit ; l’acte leur est donc attribué et la sentence en découle pour eux. C’est pourquoi l’instigateur d’un meurtre est passible de la peine capitale et répond de la destruction de biens lorsqu’il y a contrainte, puisqu’il a poussé le meurtrier ou le destructeur à passer à l’acte.
La troisième question : Sa parole – exalté soit-Il – « le second de deux ». C’est-à-dire l’un des deux. Pareil à « le troisième de trois » ou « le quatrième de quatre ». Lorsque l’expression diffère, on dit : « le quatrième de trois », « le cinquième de quatre » ; le sens est qu’il a fait des trois, quatre, par sa présence, et des quatre, cinq. L’expression est à l’accusatif, indiquant l’état : ils le firent sortir isolé de tout le monde, à l’exception d’Abou Bakr. Le régissant est « Allah l’a secouru », c’est-à-dire : Il l’a secouru alors qu’il était seul, accompagné seulement d’un second.
‘Alî Ibn Sulaymân dit : l’estimation est : « Il sortit comme le second de deux », semblable à « Et Allah vous a fait pousser de la terre – un poussement » (Nûh, 17).
Et la majorité des lecteurs ont récité