Durant ces dix (jours), ce qui coïncidait avec les phases lunaires.
Cet avis est plus conforme à la parole du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — : «إِنَّ الزَّمَانَ قَدِ اسْتَدَارَ» («Certes, le temps a repris sa forme initiale»). Autrement dit, la période du Ḥajj est revenue à son moment originel que Dieu — exalté soit-Il — avait fixé le jour où Il créa les cieux et la terre, selon la législation première qu’Il avait prédéterminée dans Sa science et exécutée par Son décret.
Puis il dit : «L’année compte douze mois», écartant ainsi l’addition arbitraire qu’ils avaient introduite dans l’année — quinze jours — par leur bon plaisir. Le temps primordial fut donc rétabli et l’arbitraire de l’ignorance abrogé.
L’imâm al-Mâzarî rapporte, d’après al-Khuwârazmî, qu’il a dit : «Lorsque Dieu créa le soleil, Il le fit paraître dans la constellation du Bélier, et le temps auquel fit allusion le Prophète — paix et bénédictions sur lui — coïncida avec l’entrée du soleil dans le Bélier.» Cela exige toutefois une preuve issue de la Révélation, car on ne peut y parvenir que par une transmission authentique des Prophètes, et aucun récit sûr ne nous est parvenu à ce sujet ; que celui qui le prétend en fournisse donc la chaîne de transmission. En outre, la raison permet d’envisager le contraire, à savoir que Dieu ait créé le soleil avant les constellations, ou qu’Il ait créé le tout d’un seul coup.
Par ailleurs, les savants chargés de vérifier les positions (astronomiques) ont examiné la question et ont constaté que, au moment où il prononça la parole : «إِنَّ الزَّمَانَ قَدِ اسْتَدَارَ», le soleil se trouvait dans la constellation des Poissons, à vingt degrés du Bélier — d’autres ont dit à dix degrés. Allah est plus savant.
Les exégètes ont divergé au sujet du premier qui institua le nasyʾ. Ibn ʿAbbâs, Qatâdah et ad-Ḍaḥḥâk affirment qu’il s’agissait des Banû Mâlik b. Kinânah, au nombre de trois. Juwaybir rapporte d’après ad-Ḍaḥḥâk, lui-même d’après Ibn ʿAbbâs, que le premier à l’avoir pratiqué fut ʿAmr b. Luḥay b. Qamʿah b. Khindif.
Selon al-Kalbî, le premier à le faire fut un homme des Banû Kinânah nommé Nuʿaym b. Thaʿlabah ; puis vint après lui Junâdah b. ʿAwf, que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a connu.
Az-Zuhrî rapporte qu’un clan des Banû Kinânah — puis, parmi les Banû Fuqaym, un homme appelé al-Qalammas, de son vrai nom Hudhayfah b. ʿUbayd — en fut l’instigateur. Dans une autre version, il s’agirait de Mâlik b. Kinânah. Celui qui se chargeait du nasyʾ obtenait la prééminence, les Arabes le considérant alors comme leur chef.
À ce sujet, l’un de leurs poètes a dit :
«Et parmi nous se trouve al-Qalammas, celui qui reporte le mois.»
Et al-Kumayt a chanté :
«N’est-ce pas nous qui, au sein de Maʿadd,
transformons en sacrés les mois licites ?»