Les Arabes procèdent ainsi. De même, lorsqu’il s’agit de moins de dix nuits, ils disent : « khalawn », et au-delà : « khalat ».
Il ne convient pas de dire : « Comment se fait-il que certains moments soient dotés d’une sacralité plus grande que d’autres ? » Nous répondons : Il appartient au Créateur – exalté soit-Il – de faire ce qu’Il veut et de privilégier ce qu’Il veut. Son acte n’a pas de cause qui Le contraigne, nulle restriction ne pèse sur Lui ; Il agit comme Il l’entend, en Sa sagesse, laquelle peut apparaître comme elle peut demeurer cachée.
Sa parole – qu’Il soit exalté – :
« Et combattez les polythéistes tous ensemble »
appelle une seule remarque. Le terme « Combattez » constitue un ordre de combattre, et « tous ensemble » signifie « dans leur totalité » ; il s’agit d’un substantif employé comme complément circonstanciel, c’est-à-dire : en les cernant de toute part et en vous unissant.
Al-Zajjāj a dit : il en va de ces substantifs comme de l’expression : « qu’Allâh le préserve, une préservation », ou : « qu’Il le châtie, un châtiment ». On ne les emploie ni au duel ni au pluriel ; il en est de même pour « ‘âmmah » et « khâssah ».
Certains savants ont affirmé : cette injonction visait d’abord chaque personne en particulier, puis elle fut abrogée et convertie en obligation communautaire (farḍ kifâyah).
Ibn ‘Atiyyah dit : Jamais, à notre connaissance, la Loi du Prophète – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – n’a obligé l’ensemble de la communauté à se mobiliser. Le sens de ce verset est plutôt l’incitation à les combattre, à se coaliser contre eux et à unir la parole. Puis il le conditionna par Sa parole : « comme ils vous combattent tous ensemble ». Ainsi, en fonction de la manière dont ils nous combattent et se regroupent contre nous, il nous incombe de nous rassembler contre eux. Et Allâh sait mieux.
(Sourate at-Tawbah, 9 : 37)
« Le nasî’ n’est qu’un surcroît de mécréance : par là sont égarés ceux qui ont mécru ; ils le rendent licite une année et l’interdisent l’année suivante afin de concorder avec le nombre de mois qu’Allâh a déclarés sacrés, et ainsi ils rendent licite ce qu’Allâh a interdit. La laideur de leurs actions leur a été embellie, et Allâh ne guide pas les gens mécréants. » (verset 37)
Sa parole – exalté soit-Il – :
« Le nasî’ n’est qu’un surcroît de mécréance »
se lit ainsi chez la plupart des imams. An-Naḥḥâs dit : autant que nous sachions, nul n’a rapporté de Nāfi‘ la lecture « innamâ n-nasîu » sans hamza, hormis Warsh. Le terme dérive de « nasa’a-hu / ansa’a-hu » lorsqu’il signifie « retarder » ; al-Kisā’ī cite les deux formes.
Al-Jawharī dit : « nasî’ » est sur la forme fa‘îl au sens de maf‘ûl, tiré de l’expression : « nasa’tu l-shay’a – je l’ai différé – il est mansû’ », quand on le reporte. Puis mansû’ devient « nasî’ » tout comme maqtûl devient « qatîl ». On dit : un homme « nâsi’ » et un peuple « nasâ’a », à l’instar de « fâsiq » et « fasaqa ».
At-Ṭabarī dit : « al-nasî’ » avec hamza signifie « augmentation » ; on dit : « nasa’a – yansâ’u » lorsqu’il augmente. Il ajoute : sans hamza, il ne peut provenir que de « nisyân » (l’oubli), comme le Très-Haut dit :