Troisièmement —
At-Tabarî rapporte, d’après Abû Umâmah al-Bâhilî : « Un homme parmi les gens de la Suffa mourut, et l’on trouva un dinar dans son manteau. Le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — dit alors : “Une cautérisation (kayya).” Puis un autre mourut et l’on trouva auprès de lui deux dinars ; le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : “Deux cautérisations (kayyatân).”
Ceci, soit parce que ces deux hommes vivaient de l’aumône alors qu’ils détenaient de l’or, soit parce que l’événement eut lieu au début de l’Islam, avant que la Loi n’établisse la règle de la conservation des biens et de l’acquittement de leurs droits. Si l’accumulation de biens avait été interdite, il aurait fallu les distribuer entièrement, et nul dans la communauté n’est astreint à cela. Il suffit, pour s’en convaincre, de considérer la situation des Compagnons et leurs biens — qu’Allah les agrée. Quant à ce qui est rapporté d’Abû Dharr, il s’agit d’une opinion qui lui est propre — qu’Allah l’agrée.
Mûsâ b. ‘Ubaydah a rapporté d’après ‘Imrân b. Abî Anas, d’après Mâlik b. Aws b. al-Hadathân, d’après Abû Dharr, que le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Quiconque réunit un dinar, un dirham, un lingot d’or ou d’argent, sans l’avoir destiné à un créancier ni dépensé dans la voie d’Allah, cela constitue un trésor avec lequel il sera cautérisé le Jour de la Résurrection. »
Je dis : voilà bien la parole qui sied à Abû Dharr — qu’Allah l’agrée — ; car ce qui dépasse le besoin n’est pas considéré comme un trésor lorsqu’il est réservé à la voie d’Allah.
Abû Umâmah a dit : « Quiconque laisse derrière lui de l’argent blanc ou jaune sera cautérisé avec, qu’il soit pardonné ou non. Sachez que la garniture du sabre en fait partie. »
Thawbân rapporte que le Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — a dit :
« Tout homme qui meurt en laissant de l’or (le rouge) ou de l’argent (le blanc), Allah fera, pour chaque carat, une plaque avec laquelle il sera cautérisé depuis le sommet de sa tête jusqu’aux pieds, puis il sera soit pardonné, soit châtié. »
Je dis : ceci concerne les biens dont la zakat n’a pas été acquittée, conformément au verset que nous avons cité précédemment. Le sens implicite est donc : « … et il détient de l’or ou de l’argent dont il n’a pas payé la zakat. »
Il en va de même du propos rapporté d’Abû Hurayrah — qu’Allah l’agrée : « Quiconque laisse dix mille (dirhams), celles-ci seront transformées en plaques avec lesquelles il sera châtié le Jour de la Résurrection » — c’est-à-dire s’il n’en a pas acquitté la zakat, afin d’éviter toute contradiction entre les hadiths. Allah sait mieux.
Quatrièmement —
Parole du Très-Haut : « Voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes » ; c’est-à-dire qu’il leur sera dit : « Voilà ce que vous avez amassé », l’objet direct étant sous-entendu. « Goûtez donc ce que vous thésaurisiez » : c’est-à-dire le châtiment résultant de votre thésaurisation.