[[Sourate At-Tawbah (9) : verset 32]
« Ils veulent éteindre la lumière d’Allah de leurs bouches, alors qu’Allah refuse sinon de parachever Sa lumière, même si les mécréants s’y opposent. » (32)
Parole du Très-Haut :
« Ils veulent éteindre la lumière d’Allah » : c’est-à-dire Sa guidance et Ses preuves attestant Son unicité. Il a assimilé les arguments éclatants à la lumière en raison de la clarté qu’ils procurent.
D’autres ont dit : il s’agit de la lumière de l’Islam, autrement dit qu’ils désirent étouffer la religion d’Allah en Le traitant de menteur.
« par leurs bouches » : le terme « afwâhihim » est le pluriel régulier de « fawh », forme originelle de « fam », à l’instar de « ḥawḍ » et « aḥwâḍ ».
« Et Allah refuse sinon de parfaire Sa lumière » : l’on s’est interrogé sur la présence de « illâ » (sinon) alors qu’aucune particule de négation n’apparaît dans la phrase, car il n’est pas correct de dire : « ḍarabtu illâ Zaydan ». Al-Farrâ’ prétend que « illâ » intervient parce que le propos contient une nuance de négation implicite.
Az-Zajjâj rétorque : négation et affirmation ne possèdent pas de « nuances » possibles. Les particules de négation sont « mâ », « lâ », « in », « laysa » ; elles n’admettent aucune ellipse. Si l’explication d’Al-Farrâ’ était fondée, il serait permis de dire : « karihtu illâ Zaydan ». La réponse est que les Arabes omettent parfois des mots avec le verbe « abâ » (refuser). Le sens implicite est : « Allah refuse toute chose, si ce n’est de parfaire Sa lumière ».
‘Alî b. Sulaymân précise : cela n’a été permis qu’avec « abâ », car ce verbe exprime l’interdiction ou l’abstention, ce qui le rapproche sémantiquement de la négation.
An-Naḥḥâs conclut : c’est pertinent, comme le dit le poète :
« Ai-je une autre mère qu’elle, si je la délaisse ?
Allah refuse sinon que je demeure son fils. »
[[Sourate At-Tawbah (9) : verset 33]
« C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité afin qu’Il la fasse triompher de toute autre religion, même si les polythéistes s’y opposent. » (33)
Parole du Très-Haut :
« C’est Lui qui a envoyé Son Messager » : il s’agit de Muhammad — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui.
« avec la guidée » : c’est-à-dire avec le Furqân (la Révélation discriminante).
« et la religion de vérité afin qu’Il la fasse triompher de toute religion » : c’est-à-dire par l’argument irréfutable et la preuve décisive. Il l’a déjà fait prévaloir sur les législations religieuses, de sorte qu’aucun aspect de celles-ci ne lui demeure caché — d’après Ibn ‘Abbâs et d’autres.
D’autres ont dit : « afin qu’Il la fasse triompher » signifie : afin que la religion, la religion de l’Islam, domine toute autre.
Abû Hurayrah et Ad-Ḍaḥḥâk affirment : ceci aura lieu lors de la descente de ‘Îsâ — paix sur lui.
As-Suddi déclare : cela se réalisera avec l’apparition du Mahdî ; il ne restera alors personne sans adhérer à l’Islam ou acquitter la capitation.
Et l’on a avancé : le Mahdî n’est autre que ‘Îsâ exclusivement, mais cela est inexact car les traditions authentiques ont