Al-Najîramî a dit : « Ḍahyaʾah, avec allongement et avec la lettre hâʾ » ; il y réunit donc deux signes du féminin. Il rapporte cette forme d’Abû ʿAmr ash-Shaybânî dans son ouvrage « An-Nawâdir ». Il a également cité ce vers :
« Ḍahyaʾah, ou bien une femelle stérile, dont la mamelle est sèche. »
Ibn ʿAṭiyya rapporte : Celui qui prétend que le verbe « yudâhiʾūna » (ils cherchent à ressembler) est tiré de l’expression « imraʾatun ḍahiyāʾ » (une femme ménopausée) se trompe, comme l’a déclaré Abû ʿAlî, car la hamza dans le verbe « ḍāhaʾa » est radicale, tandis que celle de « ḍahiyāʾ » est adventice, tout comme dans « ḥamrāʾ » (rouge).
Septième point – Sa parole, exalté soit-Il :
« Qâtalahum-ullâhu, annâ yuʾfakûn »
(Qu’Allah les combatte ! Comment se détournent-ils ?)
c’est-à-dire : « qu’Allah les maudisse », visant les Juifs et les Chrétiens, car le maudit est assimilé à celui qui a été tué.
Ibn Jurayj dit : l’expression « Qâtalahum-ullâh » est ici au sens d’une interjection d’étonnement. Ibn ʿAbbâs a dit : partout où le mot « qatl » (tuer) figure dans le Coran, il signifie en réalité la malédiction. Ainsi, Abân b. Taghlib a chanté :
« Qu’Allah la combatte ! Elle me fait des reproches alors qu’elle sait
que ma corruption comme ma réforme ne concernent que moi. »
An-Naqqâsh rapporte que l’origine de « Qâtala-llâh » est la prière d’imprécation ; puis l’usage en est devenu si fréquent qu’on l’emploie, par pure interjection, pour exprimer l’étonnement — dans le bien comme dans le mal — sans intention réelle d’invoquer. Al-Aṣmaʿî a récité :
« Ô qu’Allah combatte Laylâ ! Comme elle me plaît,
et pourtant je déclare aux gens que je n’ai cure d’elle ! »
[Coran, sourate 9 – At-Tawbah, verset 31]
« Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines pour seigneurs, en dehors d’Allah, ainsi que le Messie, fils de Marie, alors qu’on ne leur avait ordonné que d’adorer une divinité unique ; point de divinité en dehors de Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent. »
Sa parole, exalté soit-Il :
« Ils ont pris leurs docteurs (aḥbâr) et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah, ainsi que le Messie, fils de Marie. »
Le terme « aḥbâr » est le pluriel de « ḥabr » : c’est celui qui embellit la parole, l’ordonne et la rend parfaite grâce à l’élégance de son exposé. De cette même racine vient l’expression « thawbun muḥabbar » : « un vêtement chamarré », c’est-à-dire orné de parures.
On a divergent quant au singulier d’« aḥbâr ». Certains le prononcent ḥabr (avec ouverture de la ḥâʾ), mais les linguistes le cassent : ḥibr. Yûnus a dit : « Je ne l’ai jamais entendu qu’avec la ḥâʾ cassée. » La preuve en est qu’ils disent : « midâdu ḥibr » — l’encre d’un savant — puis, l’usage s’étant généralisé, ils ont fini par appeler l’encre elle-même « ḥibr ». Al-Farrâʾ ajoute : la cassure