«… les gens…» [Âl ‘Imrân, 3 : 173] ; or, tous les gens ne l’ont pas dit.
On rapporte que ceux, parmi les Juifs, qui tinrent ces propos furent : Sallâm b. Mishkam, Nu‘mân b. Abî Awfâ, Shâs b. Qays et Mâlik b. aṣ-Ṣayf ; ils les adressèrent au Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui.
An-Naqqâsh a dit : « Il ne subsiste plus aujourd’hui aucun Juif qui les répète ; ils ont disparu. Si toutefois un seul d’entre eux venait à les prononcer, il serait légitime que le blâme retombe sur l’ensemble de la communauté, en raison de la notoriété de celui qui s’en est rendu coupable. En effet, les paroles des personnalités marquantes demeurent toujours célèbres parmi les hommes et servent d’argument ; c’est pourquoi il est recevable d’attribuer à la communauté la parole de l’un de ses notables. Allâh est le plus Savant. »
Il est relaté que la cause d’une telle parole réside dans le fait que les Juifs tuèrent les prophètes après Mûsâ – sur lui la paix. Allâh leur ôta alors la Tawrât et l’effaça de leurs cœurs. ‘Uzayr se mit à parcourir la terre ; Jibrîl (‘alayhi as-salâm) vint à lui et dit :
« Où vas-tu ? »
Il répondit : « Je cherche la science. » L’ange lui enseigna alors toute la Tawrât. ‘Uzayr revint auprès des Banû Isrâ’îl et la leur transmit.
Selon un autre avis, Allâh fit mémoriser la Tawrât à ‘Uzayr, par honneur à son égard. Il dit alors aux Banû Isrâ’îl : « Allâh m’a préservé la Tawrât. » Ils se mirent donc à l’étudier auprès de lui. Le Livre était enfoui : leurs savants l’avaient enterré lorsque les épreuves, l’exil et la maladie les avaient frappés, et lorsque Bakht-Naṣr (Nabuchodonosor) les avait massacrés.
Plus tard, on retrouva la Tawrât enterrée ; elle correspondait exactement à ce qu’enseignait ‘Uzayr. C’est alors qu’ils s’égarèrent et dirent : « Cela n’a pu être accordé à ‘Uzayr que parce qu’il est le fils d’Allâh. » C’est ce qu’a rapporté aṭ-Ṭabarî.
Quant à la déclaration apparente des Nazaréens : « le Messie est le fils d’Allâh », ils n’entendaient par là qu’une filiation de descendance, ainsi que les Arabes l’affirmaient à propos des anges. C’est ce qu’impliquent aussi les paroles ad-Ḍaḥḥâk, d’aṭ-Ṭabarî et d’autres. Voilà la plus hideuse des mécréances.
Abû al-Ma‘âlî dit : « Les Nazaréens sont unanimes à soutenir que le Messie est une divinité et qu’il est le fils d’une divinité. »
Ibn ‘Aṭiyya rapporte que certains d’entre eux conçoivent une filiation fondée sur la tendresse et la miséricorde. Même ce sens ne permet pas d’attribuer la filiation à Allâh ; c’est encore de la mécréance.
Troisièmement, Ibn al-‘Arabî a dit : « Il y a dans la parole de notre Seigneur – Exalté soit-Il – la preuve que celui qui rapporte la mécréance d’autrui – une parole qu’il ne lui est pas permis d’énoncer de lui-même – ne commet pas de faute, car il ne la prononce qu’avec l’intention d’en montrer la gravité et de la réfuter. Si notre Seigneur l’avait voulu, personne ne l’aurait proférée. Or, puisqu’Il a permis que les langues la relatent, Il a autorisé qu’on en fasse état afin de la désavouer par le cœur et la langue, et de la combattre par la preuve et l’argument. »