La capitation (jizya) n’est pas acceptée des Mages (zoroastriens) arabes ; elle est, en revanche, acceptée des autres communautés.
Il expliqua : « Il n’existe plus, parmi les Arabes, de Mage ; en effet, ils se sont tous convertis à l’Islam. Celui que l’on trouverait, parmi eux, en dehors de l’Islam serait considéré comme apostat : il doit alors être mis à mort dans tous les cas, s’il refuse d’embrasser l’Islam, et aucune jizya ne sera perçue de lui. »
Ibn al-Jahm dit : « La jizya est acceptée de toute personne qui adhère à une religion autre que l’Islam, à l’exception de ce sur quoi il y a consensus concernant les mécréants de Quraych. » Il justifia cela en disant qu’il s’agit, à leur égard, d’une marque d’honneur les préservant de l’humiliation et de l’avilissement, eu égard à leur lien avec le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui.
D’autres ont dit : « La raison en est que tous embrassèrent l’Islam le jour de la conquête de La Mecque. » – Et Allah est plus Savant.
Troisièmement – S’agissant des Mages, Ibn al-Mundhir a déclaré : « Je ne connais aucune divergence sur le fait que la jizya leur est prélevée. »
Dans le Muwaṭṭa’, Mâlik rapporte, d’après Ja‘far ibn Muḥammad, d’après son père, que ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb évoqua la situation des Mages et dit : « Je ne sais que faire de leur cas. »
‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf répondit alors : « Je témoigne avoir entendu le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui – dire :
« Conformez-vous à leur égard à la conduite observée envers les Gens du Livre. »
Abû ‘Umar précisa : « C’est-à-dire, exclusivement pour ce qui concerne la jizya. »
La parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui – : « Conformez-vous à leur égard à la conduite observée envers les Gens du Livre » prouve qu’ils ne constituent pas, eux-mêmes, des Gens du Livre ; tel est l’avis majoritaire des jurisconsultes. Il est rapporté de l’imâm al-Shâfi‘î qu’ils étaient à l’origine des Gens du Livre qui ont altéré leur révélation. Je pense qu’il s’appuya, pour cela, sur un récit attribué à ‘Alî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – dont la chaîne présente une faiblesse, tournant autour d’Abû Sa‘îd al-Baqqâl, mentionné par ‘Abd al-Razzâq et d’autres.
Ibn ‘Aṭiyya dit : « Il est rapporté qu’un prophète nommé Zaradacht fut envoyé aux Mages. » – Et Allah est plus Savant.
Quatrièmement – Allah, glorifié soit-Il, n’a pas fixé, dans Son Livre, un montant déterminé pour la jizya prélevée sur eux. Les savants ont donc divergé à propos de son montant.
‘Atâ’ ibn Abî Rabâḥ a dit : « Il n’y a pas de montant fixe ; tout dépend du traité conclu. » De même, l’ont affirmé Yaḥyâ ibn Âdam, Abû ‘Ubayd et al-Ṭabarî, sauf que ce dernier précisa : « Son minimum est d’un dînâr et il n’existe pas de limite supérieure. »
Ils se sont fondés sur le hadith authentique rapporté d’après ‘Amr ibn ‘Awf, selon lequel le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui – conclut un pacte avec les gens de Bahreïn moyennant la jizya.
Al-Shâfi‘î dit : « Un dînâr est dû, aussi bien du riche que du pauvre, parmi les hommes libres adultes, sans qu’il en soit retranché quoi que ce soit. » Il argua du hadith rapporté par Abû Dâwûd et d’autres, d’après Mu‘âdh : le Messager d’Allah – paix et bénédiction sur lui – l’envoya au Yémen et lui ordonna de prélever sur chaque hâlim (personne pubère…).