et des législations et des religions, particulièrement lorsqu’il est fait mention de Muhammad – que la bénédiction et le salut d’Allah soient sur lui –, de sa religion et de sa communauté. Lorsqu’ils le renièrent, la preuve se fit alors irréfutable contre eux et leur crime devint d’autant plus grave. Il les avertit donc à l’endroit même où ils se trouvaient, puis Il assigna au combat une limite : le versement de la jizya en lieu et place de la mise à mort – et c’est là l’opinion correcte.
Ibn al-ʿArabî rapporte : « J’ai entendu Abû l-Wafâʾ ʿAlî b. ʿAqîl, lors d’une séance de débat, réciter ce verset et s’y appuyer comme argument. Il dit :
“Combattez (qâtilû)…”, – c’est un ordre de rétribution ;
puis : “…ceux qui ne croient pas…”, – c’est l’exposé du péché justifiant la rétribution ;
et Sa parole : “…et [qui ne croient pas] au Jour dernier”, – renforce le péché sur le plan de la croyance ;
puis : “…et qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son Messager ont déclaré illicite”, – ajoute au péché la contradiction sur le plan des actes ;
puis : “…et qui ne se conforment pas à la religion de la vérité”, – allusion confirmant la désobéissance par leur déviation, leur obstination et leur orgueil à se soumettre ;
puis : “…parmi ceux à qui le Livre a été donné”, – confirmation de la preuve, car ils le trouvaient écrit chez eux dans la Torah et l’Évangile ;
puis : “…jusqu’à ce qu’ils acquittent la jizya de leur main…”, – Il a ainsi indiqué la limite jusqu’où s’étend la sanction et a précisé la contrepartie par laquelle elle cesse.
Deuxième question – Les savants ont divergé sur ceux auprès de qui la jizya peut être perçue.
Aš-Šâfiʿî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : La jizya n’est acceptée que des Gens du Livre, qu’ils soient Arabes ou non-Arabes, en vertu de ce verset ; eux seuls ont été cités nommément et le jugement se dirige donc vers eux à l’exclusion des autres, conformément à la parole du Très-Haut : « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez » (At-Tawba, 5), sans qu’Il dise : « …jusqu’à ce qu’ils versent la jizya », comme Il l’a dit au sujet des Gens du Livre. Il ajoute : la jizya est néanmoins acceptée des Mages (Majûs) conformément à la Sunna. Tel est également l’avis d’Aḥmad et d’Abû Thawr, ainsi que la position d’Aṯ-Ṯawrî, d’Abû Ḥanîfa et de ses compagnons.
Al-Awzâʿî dit : la jizya est prélevée sur tout adorateur d’idole ou de feu, sur tout négateur ou démenteur. Tel est aussi le madhhab de Mâlik, car il estime que la jizya est due par toutes les catégories de polythéisme et de négation, qu’il s’agisse d’Arabes ou de non-Arabes, de Taghlibites ou de Quraychites, quels qu’ils soient, à l’exception de l’apostat.
Ibn al-Qâsim, Ashhab et Sahnûn affirment : la jizya est perçue chez les Mages arabes comme chez toutes les autres nations. Quant aux adorateurs d’idoles parmi les Arabes, Allah n’a pas légiféré pour eux la jizya ; nul d’entre eux ne doit subsister sur terre ; il ne leur reste que le combat ou l’islam.
Il est toutefois rapporté d’Ibn al-Qâsim qu’il considérait, à l’instar de Mâlik, que la jizya pouvait leur être prise ; cela figure dans le Tafrîʿ d’Ibn al-Jallâb et demeure une possibilité sans texte explicite.
Ibn Wahb a dit :