Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il ne lui est pas devenu permis, en l’absence de la subsistance qu’Allah lui a ordonné d’acquérir et de consommer, de s’en passer ; le Très-Haut ne lui a pas commandé d’attendre qu’une nourriture descende pour lui du ciel. S’il abandonnait la quête de ce qui le nourrit, il se rendrait lui-même responsable de sa propre perte.

Le Messager d’Allah – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – se tordait parfois de faim, ne trouvant rien à manger, et pourtant aucun aliment ne descendait du ciel pour lui. Il avait coutume d’emmagasiner pour sa famille la provision de toute une année, jusqu’à ce qu’Allah lui ouvre (les territoires) par les conquêtes.

Anas ibn Mâlik rapporte qu’un homme vint au Prophète ﷺ en menant un chameau et lui dit : « Ô Messager d’Allah, dois-je l’attacher puis me confier à Allah, ou le laisser libre et me confier (simplement) à Allah ? » Il répondit :
« Attache-le et confie-toi (à Allah). »

Je dis ensuite : Les partisans de l’abandon des causes n’ont aucun argument à tirer de l’exemple des Gens du Suffa. Ceux-ci étaient des pauvres qui demeuraient à la mosquée : ils ne cultivaient pas la terre, ne commerçaient pas, ne possédaient ni revenu ni biens ; ils étaient les hôtes de l’Islam à une époque où les contrées étaient étroites (en ressources). Pourtant, ils coupaient du bois durant le jour, acheminaient l’eau jusqu’à la demeure du Messager d’Allah ﷺ, récitaient le Coran la nuit et accomplissaient la prière. C’est ainsi que les a décrits al-Bukhârî et d’autres. Ils se procuraient donc des moyens d’existence. Lorsque le Prophète ﷺ recevait un présent, il le partageait avec eux ; s’il recevait une aumône, il la leur réservait. Puis, quand les conquêtes se multiplièrent et que l’Islam s’étendit, ils se répandirent à leur tour et prirent des charges – Abû Hurayra et d’autres – et ne restèrent plus assis (à la mosquée).

On a ensuite énoncé que les causes par lesquelles on recherche la subsistance sont de six catégories, dont la plus élevée est le gagne-pain de notre Prophète Muhammad ﷺ. Il a dit :
« Mon revenu a été placé à l’ombre de ma lance ; et l’humiliation et l’abaissement ont été décrétés sur quiconque contredit mon ordre. »
(Rapporté par at-Tirmidhî, qui l’a authentifié.)
Ainsi, Allah a placé la subsistance de Son Prophète dans son propre labeur, en raison de sa noblesse, et l’a privilégié par le plus éminent des types de gains : obtenir la supériorité et la conquête, par honneur pour lui.

Deuxième catégorie : l’homme qui se nourrit du produit de ses propres mains. Le Prophète ﷺ a dit :
« La meilleure nourriture qu’un homme mange est celle qu’il gagne de ses mains ; et, certes, le Prophète d’Allah Dâwûd (David) se nourrissait du travail de ses mains. »
(Rapporté par al-Bukhârî.)
Et dans le Coran : « Nous lui avons enseigné la fabrication des cottes de mailles pour vous. » [Al-Anbiyâ’, 80]. Il est rapporté que ‛Îsâ (Jésus), sur lui la paix, vivait du filage de sa mère.

Troisième catégorie : le commerce, qui fut l’activité de la plupart des Compagnons – qu’Allah les agrée –, en particulier les Émigrés. Le Coran y fait allusion à plusieurs endroits.

مَا كَانَ حَرُمَ عَلَيْهِ عِنْدَ عَدَمِهِ لِلْغِذَاءِ الَّذِي أَمَرَهُ بِاكْتِسَابِهِ وَالِاغْتِذَاءِ بِهِ، وَلَمْ يَأْمُرْهُ بِانْتِظَارِ طَعَامٍ يَنْزِلُ عَلَيْهِ مِنَ السَّمَاءِ، وَلَوْ تَرَكَ السَّعْيَ فِي تَرْكِ مَا يَتَغَذَّى بِهِ لَكَانَ لِنَفْسِهِ قَاتِلًا. وَقَدْ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَتَلَوَّى مِنَ الْجُوعِ مَا يَجِدُ مَا يَأْكُلُهُ، وَلَمْ يَنْزِلْ عَلَيْهِ طَعَامٌ مِنَ السَّمَاءِ، وَكَانَ يَدَّخِرُ لِأَهْلِهِ قُوتَ سَنَتِهِ حَتَّى فَتَحَ اللَّهُ عَلَيْهِ الْفُتُوحَ. وَقَدْ رَوَى أَنَسُ بْنُ مَالِكٍ أَنَّ رَجُلًا أَتَى النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِبَعِيرٍ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَعْقِلُهُ وَأَتَوَكَّلُ أَوْ أُطْلِقُهُ وَأَتَوَكَّلُ؟ قَالَ: (اعْقِلْهُ وَتَوَكَّلْ) . قُلْتُ: وَلَا حُجَّةَ لَهُمْ فِي أَهْلِ الصُّفَّةِ، فَإِنَّهُمْ كَانُوا فُقَرَاءَ يَقْعُدُونَ فِي الْمَسْجِدِ مَا يَحْرُثُونَ وَلَا يَتَّجِرُونَ، لَيْسَ لَهُمْ كَسْبٌ وَلَا مَالٌ، إِنَّمَا هُمْ أَضْيَافُ الْإِسْلَامِ عِنْدَ ضِيقِ الْبُلْدَانِ، وَمَعَ ذَلِكَ فَإِنَّهُمْ كَانُوا يَحْتَطِبُونَ بِالنَّهَارِ وَيَسُوقُونَ الْمَاءَ إِلَى بَيْتُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَيَقْرَءُونَ الْقُرْآنَ بِاللَّيْلِ وَيُصَلُّونَ. هَكَذَا وَصَفَهُمِ الْبُخَارِيُّ وَغَيْرُهُ. فَكَانُوا يَتَسَبَّبُونَ. وَكَانَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا جَاءَتْهُ هَدِيَّةٌ أَكَلَهَا مَعَهُمْ، وَإِنْ كَانَتْ صَدَقَةً خَصَّهُمْ بِهَا، فَلَمَّا كَثُرَ الْفَتْحُ وَانْتَشَرَ الْإِسْلَامُ خَرَجُوا وَتَأَمَّرُوا- كَأَبِي هُرَيْرَةَ وَغَيْرِهِ- وَمَا قَعَدُوا. ثُمَّ قِيلَ: الْأَسْبَابُ الَّتِي يُطْلَبُ بِهَا الرِّزْقُ سِتَّةُ أَنْوَاعٍ: أَعْلَاهَا كَسْبُ نَبِيِّنَا مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، قَالَ: (جُعِلَ رِزْقِي تَحْتَ ظِلِّ رُمْحِي وَجُعِلَ الذِّلَّةُ وَالصَّغَارُ عَلَى مَنْ خَالَفَ أَمْرِي) . خَرَّجَهُ التِّرْمِذِيُّ وَصَحَّحَهُ. فَجَعَلَ اللَّهُ رِزْقَ نَبِيِّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي كَسْبِهِ لِفَضْلِهِ، وَخَصَّهُ بِأَفْضَلِ أَنْوَاعِ الْكَسْبِ، وَهُوَ أَخْذُ الْغَلَبَةِ وَالْقَهْرِ لِشَرَفِهِ. الثَّانِي- أَكْلُ الرَّجُلِ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ، قَالَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِنَّ أَطْيَبَ مَا أَكَلَ الرَّجُلَ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ وَإِنَّ نَبِيَّ اللَّهِ دَاوُدَ كَانَ يَأْكُلُ مِنْ عَمَلِ يَدِهِ) خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ. وَفِي التَّنْزِيلِ " وَعَلَّمْناهُ صَنْعَةَ لَبُوسٍ لَكُمْ" «١» [الأنبياء: ٨٠] ، وَرُوِيَ أَنَّ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ كَانَ يَأْكُلُ مِنْ غَزْلِ أُمِّهِ. الثَّالِثُ- التِّجَارَةُ، وَهِيَ كَانَتْ عَمَلَ جُلِّ الصَّحَابَةِ رِضْوَانُ اللَّهِ عَلَيْهِمْ، وَخَاصَّةً الْمُهَاجِرِينَ، وَقَدْ دَلَّ عَلَيْهَا التَّنْزِيلُ فِي غَيْرِ موضع.
(١). راجع ج ١١ ص ٣٢٠.

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