Le caractère sacré du Ḥaram s’impose en vertu de la Parole du Très-Haut : « Gloire à Celui qui fit voyager de nuit Son serviteur depuis la Mosquée sacrée » (al-Isrâ’, 1), alors même que l’ascension eut lieu, en réalité, depuis la maison d’Umm Hâni’.
Qatâdah a déclaré : « Qu’aucun polythéiste ne s’approche de la Mosquée sacrée, sauf s’il s’agit d’un contribuable soumis à la jizya ou d’un esclave non-musulman appartenant à un musulman. »
Ismâ‘îl b. Isḥâq rapporte, d’après Yaḥyâ b. ‘Abd al-Ḥamîd, de Shurayk, d’Ash‘ath, d’al-Ḥasan, d’après Jâbir, que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Qu’aucun polythéiste n’entre dans la mosquée, à moins qu’il ne soit esclave, homme ou femme, et qu’il n’y pénètre pour un besoin précis. »
Selon Jâbir b. ‘Abd Allâh, la portée générale (du verset) interdit au polythéiste de s’approcher du Masjid al-Ḥarâm, mais cette généralité est restreinte en ce qui concerne l’esclave, homme ou femme.
Quatrième point – À propos de la Parole du Très-Haut : « après cette année-ci » : deux avis sont rapportés. Le premier : l’année neuf, celle où Abû Bakr accomplit le Pèlerinage. Le second : l’année dix, selon Qatâdah. Ibn al-‘Arabî commente : « C’est l’avis correct que réclame la lettre même du texte. Il est étonnant de prétendre qu’il s’agit de l’an neuf, puisque c’est justement l’année où l’appel (interdisant l’accès) fut proclamé. Si le jeune domestique d’un homme entrait chez lui un jour, et que son maître lui dise : “Ne pénètre plus dans cette demeure après aujourd’hui”, il est évident que le jour visé n’est pas celui où il se trouve déjà à l’intérieur. »
Cinquième point – À propos de Sa parole : « Si vous craignez la pauvreté (wa-in khiftum ‘aylah) » : ‘Amr b. Fâ’id affirme que le sens serait : « et lorsque vous craignez », mais cette explication relève d’un arabe mal maîtrisé ; l’expression est, au contraire, parfaitement éloquente avec in (si). Lorsque les musulmans empêchèrent les polythéistes d’assister à la saison du pèlerinage – or ces derniers étaient ceux qui amenaient vivres et marchandises –, Satan insufla dans leurs cœurs la crainte de la disette et ils dirent : « De quoi allons-nous vivre ? » Alors Allah leur promit de les enrichir par Sa grâce.
Ad-Ḍaḥḥâk dit : Allah leur ouvrit la porte de la jizya prélevée sur les gens du dhimma, conformément à Sa parole : « Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier… » (at-Tawba, 29).
Selon ‘Ikrima, Allah les combla par des pluies abondantes, une végétation luxuriante et la fertilité de la terre ; les régions de Tabâlah et de Jurash prospérèrent, et l’on transporta à La Mecque vivres et graisse ; la bénédiction se répandit.
Les Arabes – les tribus du Najd, de Ṣan‘â’ et d’autres encore – embrassèrent l’islam ; pèlerinage et commerce prirent de l’essor, et Allah les enrichit de Sa grâce par le jihâd et la victoire sur les nations.
Le terme al-‘aylah signifie la pauvreté. On dit : ‘âla ar-rajulu ya‘îlu, lorsqu’un homme devient indigent. Le poète a dit :
« Le pauvre ne sait quand surviendra sa richesse,
Pas plus que le riche ne sait quand il deviendra pauvre. »