Riyad al-SalihinAn-Nawawi

« Busr » : le nom se prononce avec un ḍamma sur le bā’ et comporte un sīn simple, non pointé.

111 – Quinzième ḥadith : Anas — qu’Allah l’agrée — rapporte :
« Mon oncle paternel, Anas ibn an-Naḍr — qu’Allah l’agrée — ne prit pas part au combat de Badr. Il déclara alors : “Ô Messager d’Allah, j’ai manqué le premier affrontement où tu as combattu les polythéistes ; si Allah me fait assister à un prochain combat contre eux, Il verra certes ce que je vais accomplir.”(1)

Le jour d’Uḥud, quand les musulmans furent mis en déroute, il s’écria : “Seigneur, je Te demande pardon pour ce qu’ont fait ceux-ci — c’est-à-dire nos compagnons — et je me désavoue de ce qu’ont fait ceux-là — c’est-à-dire les polythéistes.” Puis il s’avança et croisa Saʿd ibn Muʿādh. Il lui lança : “Ô Saʿd ibn Muʿādh ! Le Paradis, par le Seigneur de la Kaʿba ! J’en sens déjà le parfum, de-là, au-delà d’Uḥud.” Saʿd dit ensuite : “Ô Messager d’Allah, je n’ai pas pu faire ce qu’il a fait !”

Anas poursuit : « Nous avons relevé sur son corps plus de quatre-vingts(2) blessures — coup d’épée, coup de lance ou trait de flèche. Nous l’avons trouvé tué, le corps mutilé par les polythéistes, au point que nul ne le reconnut, sauf sa sœur à la forme de ses doigts.(3)

Nous pensions, ou nous tenions pour probable, que ce verset fut révélé à son sujet et à celui de ses semblables : “Parmi les croyants, il est des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Allah…” (Coran 33 : 23), jusqu’à la fin du verset. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

Commentaire : L’expression « Il verra certes » (layuriyanna-llâh) se transmet avec la yā’ dammée et le rā’ kasrée — sens : « Allah fera assurément apparaître cela aux gens » — et aussi avec les deux voyelles ouvertes, ce qui demeure clair. Et Allah sait mieux.

112 – Seizième ḥadith : Abû Masʿûd ʿUqba ibn ʿAmr al-Anṣârî — qu’Allah l’agrée — rapporte :
« Lorsque fut révélé le verset sur l’aumône, nous gagnions notre pain en portant des charges sur notre dos afin d’en donner le prix en aumône. Un homme vint et fit une aumône importante ; on dit : “Il cherche à se faire voir.” Un autre vint et ne donna qu’un ṣâʿ ; on dit : “Allah se passe bien de…(4)” »

Notes :

  1. Autrement dit : Allah fera voir aux gens l’héroïsme dont je ferai preuve.
  2. L’expression arabe بضعاً وثمانين signifie « plus de quatre-vingts » (entre 83 et 89 selon l’usage).
  3. C’est-à-dire à la disposition ou à la forme de ses doigts.
  4. Sous-entendu : « …de cette modique aumône. »
(1) Al-Qurtubi explique dans Al-Mufhim que cette parole signifie que l’orant s’est imposé avec force l’obligation de transmettre et de s’engager activement dans le jihad, en mobilisant tout ce qu’il peut offrir. Il ne l’a pourtant pas déclaré ouvertement, par crainte de ne pas atteindre ce niveau et pour reconnaître que la force ne vient pas de lui. D’où la variante : « Il craignit de dire autre chose. » Il en conserva néanmoins l’intention ferme dans son cœur. Pour cette raison, Allah a appelé cela une alliance, disant : « Parmi les croyants, certains hommes ont tenu fidèlement le pacte qu’ils avaient conclu avec Allah » (Coran 33 : 23). (2) Son explication figure déjà à la note relative au ḥadith nº 11. (3) Autrement dit, il le fit avec le bout de ses doigts. (4) Le terme provient de miraʾ : agir pour être vu des gens afin d’obtenir un avantage mondain.
« بُسْرٌ » بضم الباء وبالسين المهملة . ١١١ - الخامس عشر : عن أنس رضي الله عنه قال : غَابَ عَمِّي أَنَسُ بْنُ النَّضْرِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ قِتَالِ بَدْرٍ فَقَالَ : يَا رَسُولَ اللَّهِ غِبْتُ عَنْ أَوَّلِ قِتَالٍ قَاتَلْتَ الْمُشْرِكِينَ لَئِنْ اللَّهُ أَشْهَدَنِي قِتَالَ الْمُشْرِكِينَ لَيُرِيَنَّ اللَّهُ مَا أَصْنَعُ (١) . فَلَمَّا كَانَ يَوْمَ أُحُدٍ أَنْكَشَفَ الْمُسْلِمُونَ فَقَالَ : اللَّهُمَّ أَعْتَذِرُ إِلَيْكَ مِمَّا صَنَعَ هَؤُلَاءِ - يَعْنِي أَصْحَابَهُ - وَأَبْرَأُ إِلَيْكَ مِمَّا صَنَعَ هَؤُلَاءِ - يَعْنِي الْمُشْرِكِينَ - ثُمَّ تَقَدَّمَ فَاسْتَقْبَلَهُ سَعْدُ بْنُ مُعَاذٍ فَقَالَ : يَا سَعْدَ بْنَ مُعَاذٍ الْجَنَّةُ وَرَبُّ الْكَعْبَةِ إِنِّي أَجِدُ رِيحَهَا مِنْ دُونِ أُحُدٍ . قَالَ سَعْدٌ : فَمَا اسْتَطَعْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ مَا صَنَعَ ! قَالَ أَنَسٌ : فَوَجَدْنَا بِهِ بِضْعًا وَثَمَانِينَ (٢) ضَرْبَةً بِالسَّيْفِ ، أَوْ طَعْنَةً بِرُمْحٍ ، أَوْ رَمْيَةً بِسَهْمٍ ، وَوَجَدْنَاهُ قَدْ قُتِلَ وَمَثَّلَ بِهِ الْمُشْرِكُونَ فَمَا عَرَفَهُ أَحَدٌ إِلَّا أُخْتُهُ بِبَنَانِهِ (٣) . قَالَ أَنَسٌ : كُنَّا نَرَى أَوْ نَظُنُّ أَنَّ هَذِهِ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِيهِ وَفِي أَشْبَاهِهِ : ﴿ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ ﴾ [ الأحزاب : ٣٣ ] إلى آخرها ، متفق عليه . قوله : « لَيُرِيَنَّ اللَّهُ » روي بضم الياء وكسر الراء : أي لَيُظْهِرَنَّ اللَّهُ ذَلِكَ لِلنَّاسِ ، وَرُوِيَ بِفَتْحِهِمَا وَمَعْنَاهُ ظَاهِرٌ ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ . ١١٢ - السادس عشر : عن أبي مسعود عقبة بن عمرو الأنصاري رضي الله عنه قال : لَمَّا نَزَلَتْ آيَةُ الصَّدَقَةِ كُنَّا نُحَامِلُ عَلَى ظُهُورِنَا ، فَجَاءَ رَجُلٌ فَتَصَدَّقَ بِشَيْءٍ كَثِيرٍ فَقَالُوا : مُرَاءٌ (٤) ، وَجَاءَ رَجُلٌ آخَرُ فَتَصَدَّقَ بِصَاعٍ فَقَالُوا : إِنَّ اللَّهَ لَغَنِيٌّ عَنْ
(١) قال القرطبي في « المفهم » : هذا الكلام يتضمن أنه ألزم نفسه إلزاماً مؤكداً هو الإبلاغ في الجهاد والانتهاض فيه ، والإبلاغ في بذل ما يقدر عليه . ولم يصرح بذلك مخافة ما يتوقع من التقصير في ذلك وتبرأ من حوله وقوته . ولذا قال في رواية : « فهاب أن يقول غيرها » ومع ذلك نوى بقلبه وصمم على ذلك بصحيح قصده . ولذا سماه الله عهداً فقال : ﴿ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ ﴾ . (٢) مضى تفسيره في الحديث رقم ١١ . (٣) أي : بأطراف أصابعه . (٤) من المراء وهي العمل ليراه الناس ، فيكتسب منهم غرضاً دنيوياً .

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