Riyad al-SalihinAn-Nawawi

et il reçut un beau teint. L’ange lui demanda alors : « Quelle richesse te plaît le plus ? » — « Les chameaux, répondit-il » — ou bien dit-il : « les vaches » ; le rapporteur en demeura incertain. On lui remit donc une chamelle pleine et l’ange ajouta : « Qu’Allah t’en bénisse. »

Puis il se rendit auprès du chauve et lui dit : « Qu’est-ce qui t’est le plus cher ? » — « Une belle chevelure, et que disparaisse de moi ce qui répugne aux gens », répondit-il. L’ange le toucha ; le mal disparut et il obtint une belle chevelure. « Et quelle richesse préfères-tu ? » — « Les vaches. » On lui donna alors une vache pleine, et l’ange dit : « Qu’Allah t’en bénisse. »

Ensuite il alla trouver l’aveugle et lui demanda : « Qu’est-ce qui t’est le plus cher ? » — « Que Dieu me rende la vue afin que je puisse voir les gens », répondit-il. L’ange le toucha et Allah lui rendit la vue. « Quelle sorte de biens a ta préférence ? » — « Les moutons. » On lui remit une brebis allaitante. Les premiers se mirent à mettre bas et celle-ci à enfanter ; si bien que le premier eut bientôt une vallée de chameaux, le second une vallée de bovins et le troisième une vallée de moutons.

Plus tard, l’ange se présenta au lépreux sous l’apparence qu’il avait auparavant et lui dit : « Je suis un pauvre voyageur, coupé de tout secours ; je n’ai aujourd’hui d’autre recours qu’Allah puis toi. Je t’implore par Celui qui t’a donné ce beau teint, cette peau saine et cette fortune : accorde-moi un chameau qui me permette de poursuivre ma route. » — « Les obligations sont nombreuses », répliqua-t-il. L’ange reprit : « Il me semble pourtant te reconnaître ; n’étais-tu pas un lépreux, objet de répulsion pour les gens, pauvre, et Allah t’a-t-Il pas comblé ? » — « J’ai simplement hérité cette richesse de mes ancêtres, de génération en génération. » L’ange conclut : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à l’état qui était le tien. »

Il se rendit ensuite chez le chauve, sous la même apparence, lui adressa la même requête et reçut la même réponse ; il lui dit alors : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à l’état qui était le tien. »

Enfin il alla chez l’aveugle, sous la même apparence, et lui dit : « Je suis un pauvre et un voyageur sans ressources ; tous les liens ont été coupés pour moi en chemin ; je n’ai aujourd’hui d’autre recours qu’Allah puis toi. Je t’en conjure par Celui qui t’a rendu la vue : offre-moi une brebis qui me permette de poursuivre mon voyage. » — « J’étais aveugle et Allah m’a rendu la vue, répondit-il ; prends ce que tu veux et laisse ce que tu veux ; par Allah, je ne t’imposerai aujourd’hui aucune contrainte au sujet de ce que tu prendras pour Allah, le Puissant… »

وَأُعْطِيَ لَوْنًا حَسَنًا . فَقَالَ : فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ إِلَيْكَ ؟ قَالَ : الْإِبِلُ - أَوْ قَالَ : الْبَقَرُ - شَكَّ الرَّاوِي ، فَأُعْطِيَ نَاقَةً عُشَرَاءَ فَقَالَ : بَارَكَ اللَّهُ لَكَ فِيهَا . فَأَتَى الْأَقْرَعَ فَقَالَ : أَيُّ شَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيْكَ ؟ قَالَ : شَعْرٌ حَسَنٌ ، وَيَذْهَبُ عَنِّي هَذَا الَّذِي قَذَرَنِي النَّاسُ ؛ فَمَسَحَهُ فَذَهَبَ عَنْهُ وَأُعْطِيَ شَعْرًا حَسَنًا . قَالَ : فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ إِلَيْكَ ؟ قَالَ : الْبَقَرُ ، فَأُعْطِيَ بَقَرَةً حَامِلًا ، وَقَالَ : بَارَكَ اللَّهُ لَكَ فِيهَا . فَأَتَى الْأَعْمَى فَقَالَ : أَيُّ شَيْءٍ أَحَبُّ إِلَيْكَ ؟ قَالَ : أَنْ يَرُدَّ اللَّهُ إِلَيَّ بَصَرِي فَأُبْصِرَ النَّاسَ ؛ فَمَسَحَهُ فَرَدَّ اللَّهُ إِلَيْهِ بَصَرَهُ . قَالَ : فَأَيُّ الْمَالِ أَحَبُّ إِلَيْكَ ؟ قَالَ : الْغَنَمُ ، فَأُعْطِيَ شَاةً وَالِدًا ، فَأَنْتَجَ هَذَانِ وَوَلَدَ هَذَا ، فَكَانَ لِهَذَا وَادٍ مِنَ الْإِبِلِ ، وَلِهَذَا وَادٍ مِنَ الْبَقَرِ ، وَلِهَذَا وَادٍ مِنَ الْغَنَمِ . ثُمَّ إِنَّهُ أَتَى الْأَبْرَصَ فِي صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ ، فَقَالَ : رَجُلٌ مِسْكِينٌ قَدِ انْقَطَعَتْ بِيَ الْحِبَالُ فِي سَفَرِي ، فَلَا بَلَاغَ لِي الْيَوْمَ إِلَّا بِاللَّهِ ثُمَّ بِكَ ، أَسْأَلُكَ بِالَّذِي أَعْطَاكَ اللَّوْنَ الْحَسَنَ ، وَالْجِلْدَ الْحَسَنَ ، وَالْمَالَ ، بَعِيرًا أَتَبَلَّغُ بِهِ فِي سَفَرِي ، فَقَالَ : الْحُقُوقُ كَثِيرَةٌ . فَقَالَ : كَأَنِّي أَعْرِفُكَ ، أَلَمْ تَكُنْ أَبْرَصَ يَقْذَرُكَ النَّاسُ فَقِيرًا فَأَعْطَاكَ اللَّهُ ! ؟ فَقَالَ : إِنَّمَا وَرِثْتُ هَذَا الْمَالَ كَابِرًا عَنْ كَابِرٍ ، فَقَالَ : إِنْ كُنْتَ كَاذِبًا فَصَيَّرَكَ اللَّهُ إِلَى مَا كُنْتَ . وَأَتَى الْأَقْرَعَ فِي صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ ، فَقَالَ لَهُ مِثْلَ مَا قَالَ لِهَذَا ، وَرَدَّ عَلَيْهِ مِثْلَ مَا رَدَّ هَذَا ، فَقَالَ : إِنْ كُنْتَ كَاذِبًا فَصَيَّرَكَ اللَّهُ إِلَى مَا كُنْتَ . وَأَتَى الْأَعْمَى فِي صُورَتِهِ وَهَيْئَتِهِ ، فَقَالَ : رَجُلٌ مِسْكِينٌ وَابْنُ سَبِيلٍ انْقَطَعَتْ بِيَ الْحِبَالُ فِي سَفَرِي ، فَلَا بَلَاغَ لِي الْيَوْمَ إِلَّا بِاللَّهِ ثُمَّ بِكَ ، أَسْأَلُكَ بِالَّذِي رَدَّ عَلَيْكَ بَصَرَكَ شَاةً أَتَبَلَّغُ بِهَا فِي سَفَرِي ؟ فَقَالَ : قَدْ كُنْتُ أَعْمَى فَرَدَّ اللَّهُ إِلَيَّ بَصَرِي فَخُذْ مَا شِئْتَ وَدَعْ مَا شِئْتَ فَوَاللَّهِ لَا أَجْهَدُكَ الْيَوْمَ بِشَيْءٍ أَخَذْتَهُ لِلَّهِ عَزَّ

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