le Prophète ﷺ dit : « Qu’Allah bénisse la nuit que vous avez partagée. » – Peu après, elle se trouva enceinte.
Le Messager d’Allah ﷺ était alors en voyage et elle l’accompagnait. Or, lorsqu’il rentrait de voyage à Médine, il n’y pénétrait jamais de nuit (1). Comme ils approchaient de la ville, Oumm Sulaym fut prise par les douleurs de l’enfantement (2). Abû Ṭalḥa s’arrêta auprès d’elle, tandis que le Prophète ﷺ poursuivit sa route.
Abû Ṭalḥa répétait : « Seigneur, Tu sais combien j’aime sortir avec le Messager d’Allah ﷺ lorsqu’il part et rentrer avec lui lorsqu’il revient. Or me voici retenu pour la raison que Tu vois. » Oumm Sulaym lui dit : « Ô Abû Ṭalḥa, je ne ressens plus rien ; pars donc. » Nous reprîmes donc la route, mais, à notre arrivée, de nouvelles contractions la saisirent et elle mit au monde un garçon.
Ma mère me dit alors : « Ô Anas, que personne ne l’allaite avant que tu ne l’aies porté, dès l’aube, au Messager d’Allah ﷺ. » Quand le matin vint, je le pris et l’emmenai auprès du Prophète ﷺ, qui rapporta ensuite la suite complète du récit.
46 – Abû Hurayra (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le véritable fort n’est pas celui qui terrasse les gens ; le véritable fort est celui qui sait se maîtriser lorsqu’il est en colère. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Le terme « aṣ-ṣuraʿa » se lit avec ṣâd dammée et râ fatha ; chez les Arabes, il désignait à l’origine celui qui fait souvent tomber les gens à terre.
47 – Sulaymân ibn Ṣurad (qu’Allah l’agrée) raconte : J’étais assis auprès du Prophète ﷺ lorsqu’un homme se mit à invectiver un autre ; le visage de ce dernier devint rouge et ses veines jugulaires enflèrent (3). Le Messager d’Allah ﷺ déclara alors : « Je connais une parole qui, s’il la prononçait, ferait disparaître ce qu’il ressent ; s’il disait : “Je cherche protection auprès d’Allah contre le Diable le maudit (4)”, le mal qui l’envahit se dissiperait. » On alla donc dire à l’homme : « Le Prophète ﷺ vient de dire… »
(1) Autrement dit : il n’entrait pas à Médine de nuit, à l’improviste.
(2) Les douleurs de l’accouchement.
(3) Les veines du cou.
(4) Formule : « Aʿûdhu billâhi mina sh-shayṭâni r-rajîm » – « Je cherche protection auprès d’Allah contre le Diable le maudit. »