rapporté par at-Tirmidhî, qui le déclara « bon » (1).
45 – Anas (qu’Allah l’agrée) relate ceci : le fils d’Abû Ṭalḥa (qu’Allah l’agrée) était malade. Abû Ṭalḥa sortit ; pendant son absence, l’enfant décéda. À son retour, il demanda : « Qu’est devenu mon fils ? » Oumm Sulaym, la mère de l’enfant, répondit : « Il n’a jamais été aussi paisible. » Elle lui servit alors le repas du soir, qu’il mangea, puis il eut des rapports avec elle. Quand ils eurent terminé, elle dit : « Enterrez l’enfant. »
Au matin, Abû Ṭalḥa se rendit auprès du Messager d’Allah ﷺ et lui raconta ce qui s’était passé. Le Prophète ﷺ lui demanda : « Avez-vous consommé votre union cette nuit ? » – « Oui », répondit-il. Le Prophète ﷺ invoqua alors : « Ô Allah, bénis-les ! » Par la suite, elle mit au monde un garçon. Abû Ṭalḥa me dit : « Porte-le au Prophète ﷺ. » Il envoya avec l’enfant quelques dattes. Le Prophète ﷺ demanda : « Y a-t-il quelque chose avec lui ? » – « Oui, des dattes », répondis-je. Il les prit, les mâcha, puis, retirant la bouillie de sa bouche, la mit dans celle du nouveau-né, lui frotta le palais – pratiquant ainsi le taḥnîk – et le nomma ‘Abd Allâh. Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Dans une autre version rapportée par al-Bukhârî, Ibn ‘Uyayna rapporte qu’un homme des Anṣâr dit : « J’ai vu neuf fils – tous descendants de ce même ‘Abd Allâh – qui connaissaient le Coran par cœur. »
Dans une version de Muslim : un fils qu’Oumm Sulaym avait d’Abû Ṭalḥa mourut. Elle dit aux gens de la maison : « Ne parlez pas de l’enfant à Abû Ṭalḥa avant que je ne le fasse moi-même. » Lorsqu’il rentra, elle lui servit le souper ; il mangea et but. Elle se para ensuite plus que jamais, et il eut des rapports avec elle. Quand elle vit qu’il était rassasié et avait obtenu ce qu’il voulait, elle dit : « Ô Abû Ṭalḥa, que dirais-tu si des gens prêtaient un objet à une famille puis le réclamaient : la famille aurait-elle le droit de le leur refuser ? » – « Non », répondit-il. Elle reprit : « Alors, attends la récompense d’Allah pour ton fils (4). » Il se mit en colère et dit : « Tu m’as laissé ainsi jusqu’à ce que je me souille, puis tu m’annonces la mort de mon fils ! » Il se leva, alla trouver le Messager d’Allah ﷺ et lui rapporta ce qui était arrivé ; alors le Prophète ﷺ dit …
– (1) ḥasan : catégorie de hadith « bon », authentique mais d’un rang légèrement inférieur au ṣaḥîḥ.
– (2) C’est-à-dire : elle se fit belle, se parfuma et se prépara particulièrement pour lui.
– (3) Expression rhétorique signifiant : « Dis-moi donc… »
– (4) Autrement dit : accepte la volonté d’Allah et espère la récompense liée à la perte de ton fils.