qu’ils élevèrent les fondations de la Maison ; Ismaël apportait les pierres tandis qu’Abraham bâtissait. Lorsque l’édifice prit de la hauteur, Ismaël amena cette pierre, la plaça devant lui ; Abraham y monta pour continuer la construction tandis qu’Ismaël lui passait les pierres, et tous deux répétaient : « Seigneur, accepte cela de nous ! Tu es, certes, l’Audient, l’Omniscient. » (sourate al-Baqarah, verset 127).
Dans une autre version : Abraham partit avec Ismaël et la mère d’Ismaël, emportant avec eux une outre (1) remplie d’eau. La mère d’Ismaël buvait de cette outre et son lait se formait pour allaiter son enfant, jusqu’à leur arrivée à La Mecque. Il la déposa sous un grand arbre, puis Abraham retourna auprès des siens. La mère d’Ismaël le suivit ; lorsqu’ils atteignirent Kadâ’, elle l’appela par-derrière : « Ô Abraham, à qui nous laisses-tu ? » — « À Allah », répondit-il. — « Je me satisfais d’Allah », dit-elle. Elle revint donc et continua de boire de l’outre, son lait coulant toujours pour son petit. Quand l’eau fut épuisée, elle se dit : « Et si j’allais voir, peut-être apercevrai-je quelqu’un ? » Elle alla donc, gravit Safa, scruta les environs pour distinguer quelqu’un, sans rien voir. Parvenue au fond de la vallée, elle se mit à courir, gagna Marwa et répéta cela plusieurs fois. Puis elle se dit : « Allons voir ce qu’est devenu l’enfant. » Elle retourna et le trouva comme elle l’avait laissé, haletant, presque à l’agonie. Le cœur serré, elle se dit : « Et si j’y retournais encore ; peut-être verrai-je quelqu’un ? » Elle repartit, gravit Safa, regarda de nouveau sans rien percevoir, jusqu’à accomplir sept parcours. Elle se dit alors : « Allons voir ce qu’il en est… » Et voilà qu’elle entendit une voix ; elle s’écria : « Viens à notre secours, si tu tiens quelque bien ! » C’était Gabriel : il frappa le sol du talon, l’enfonça, et l’eau jaillit. La mère d’Ismaël, saisie, se mit à en puiser à pleines mains (2) — puis le récit se prolonge longuement. Al-Bukhârî a rapporté l’ensemble de ces versions.
(1) Outre en peau.
(2) Elle se mit à recueillir l’eau à poignées.
« Ad-Dawḥah » : grand arbre. — Le terme « qaffâ » signifie : se détourna, s’en alla.