Riyad al-SalihinAn-Nawawi

Il la répudia donc et prit chez eux une autre épouse. Abraham s’absenta d’eux aussi longtemps qu’Allah le voulut, puis il revint plus tard sans trouver Ismaël. Il entra auprès de sa femme et s’enquit de lui. Elle répondit : « Il est sorti nous chercher de quoi vivre. » — « Comment allez-vous ? » demanda-t-il, l’interrogeant sur leurs conditions de vie et leur situation. Elle répondit : « Nous sommes dans le bien-être et l’aisance », puis elle loua Allah.

— « Quel est votre aliment ? » — « La viande. » — « Et votre boisson ? » — « L’eau. » Il dit alors : « Ô Allah, accorde Ta bénédiction à la viande et à l’eau pour eux. »

Le Prophète ﷺ commenta : « En ce temps-là, ils ne disposaient pas de céréales ; s’ils en avaient eu, Abraham aurait également imploré la bénédiction pour elles. » Ainsi, nul, hors de La Mecque, ne se contente (1) de ces deux ressources sans qu’elles (2) ne lui conviennent mal.

Dans une autre version : il arriva et dit : « Où est Ismaël ? » Son épouse répondit : « Il est parti chasser. » Elle proposa : « Descends donc, mange et bois. » — « Quel est votre aliment et quelle est votre boisson ? » — « Notre aliment est la viande et notre boisson l’eau. » Il dit : « Ô Allah, bénis-leur leur nourriture et leur boisson. » Abû al-Qâsim ﷺ ajouta : « C’est là la bénédiction de l’invocation d’Abraham. »

Il lui dit encore : « Lorsque ton mari reviendra, transmets-lui mon salut et dis-lui de consolider le seuil de sa porte. » À son retour, Ismaël demanda : « Quelqu’un est-il passé chez vous ? » — « Oui, répondit-elle, un vieil homme de belle prestance est venu », puis elle fit son éloge. « Il m’a interrogée à ton sujet et je l’ai renseigné ; il m’a demandé comment nous vivions et je lui ai dit que nous étions dans le bien-être. » — « T’a-t-il laissé une recommandation ? » — « Oui : il te transmet le salut et t’ordonne de consolider le seuil de ta porte. » — « C’était mon père ; tu es “le seuil”, il m’a ordonné de te garder. »

Après le temps qu’Allah voulut, Abraham revint de nouveau. Ismaël taillait (3) ses flèches sous un grand arbre, près de Zamzam. Dès qu’il l’aperçut, il se leva pour l’accueillir, et ils se comportèrent l’un envers l’autre comme un père avec son fils et un fils avec son père (4).

Abraham dit : « Ô Ismaël, Allah m’a chargé d’une mission. » — « Fais donc ce que ton Seigneur t’a ordonné. » — « M’aideras-tu ? » — « Je t’aiderai. » — « Allah m’a ordonné de bâtir une Maison en ce lieu », indiqua-t-il, pointant une butte surélevée par rapport aux environs. C’est alors

(1) Autrement dit : on ne peut pas s’y fier ; voir An-Nihâya. (2) Une autre version rapporte : « sauf qu’il se plaignit du ventre », citation tirée de Fath al-Bâri. (3) « yabri nablan » (y ouvert, b non vocalisé) signifie qu’il taillait la hampe d’une flèche avant d’y fixer la pointe et l’empennage. (4) Autrement dit : embrassades, poignées de main et autres gestes similaires.
بِأَهْلِكِ . فَطَلَّقَهَا وَتَزَوَّجَ مِنْهُمْ أُخْرَى ، فَلَبِثَ عَنْهُمْ إِبْرَاهِيمُ مَا شَاءَ اللَّهُ ، ثُمَّ أَتَاهُمْ بَعْدُ فَلَمْ يَجِدْهُ ، فَدَخَلَ عَلَى امْرَأَتِهِ فَسَأَلَ عَنْهُ . قَالَتْ : خَرَجَ يَبْتَغِي لَنَا قَالَ : كَيْفَ أَنْتُمْ ؟ وَسَأَلَهَا عَنْ عَيْشِهِمْ وَهَيْئَتِهِمْ ، فَقَالَتْ : نَحْنُ بِخَيْرٍ وَسَعَةٍ ، وَأَثْنَتْ عَلَى اللَّهِ . فَقَالَ : مَا طَعَامُكُمْ ؟ قَالَتْ : اللَّحْمُ ، قَالَ : فَمَا شَرَابُكُمْ ؟ قَالَتْ : الْمَاءُ ، قَالَ : اللَّهُمَّ بَارِكْ لَهُمْ فِي اللَّحْمِ وَالْمَاءِ . قَالَ النَّبِيُّ ﷺ : « وَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ يَوْمَئِذٍ حَبٌّ وَلَوْ كَانَ لَهُمْ دَعَا لَهُمْ فِيهِ » قَالَ : فَهُمَا لَا يَخْلُو(١) عَلَيْهِمَا أَحَدٌ بِغَيْرِ مَكَّةَ إِلَّا لَمْ يُوَافِقَاهُ(٢) . وَفِي رِوَايَةٍ : فَجَاءَ فَقَالَ : أَيْنَ إِسْمَاعِيلُ ؟ فَقَالَتِ امْرَأَتُهُ : ذَهَبَ يَصِيدُ ؛ فَقَالَتِ امْرَأَتُهُ : أَلَا تَنْزِلُ ، فَتَطْعَمُ وَتَشْرَبُ ؟ قَالَ : وَمَا طَعَامُكُمْ وَمَا شَرَابُكُمْ ؟ قَالَتْ : طَعَامُنَا اللَّحْمُ وَشَرَابُنَا الْمَاءُ ، قَالَ : اللَّهُمَّ بَارِكْ لَهُمْ فِي طَعَامِهِمْ وَشَرَابِهِمْ . قَالَ : فَقَالَ أَبُو الْقَاسِمِ ﷺ : « بَرَكَةُ دَعْوَةِ إِبْرَاهِيمَ » . قَالَ : فَإِذَا جَاءَ زَوْجُكِ فَاقْرَئِي عَلَيْهِ السَّلَامَ وَمُرِيهِ يُثَبِّتُ عَتَبَةَ بَابِهِ . فَلَمَّا جَاءَ إِسْمَاعِيلُ قَالَ : هَلْ أَتَاكُمْ مِنْ أَحَدٍ ؟ قَالَتْ : نَعَمْ أَتَانَا شَيْخٌ حَسَنُ الْهَيْئَةِ ، وَأَثْنَتْ عَلَيْهِ ، فَسَأَلَنِي عَنْكِ فَأَخْبَرْتُهُ ، فَسَأَلَنِي كَيْفَ عَيْشُنَا فَأَخْبَرْتُهُ أَنَا بِخَيْرٍ . قَالَ : فَأَوْصَاكِ بِشَيْءٍ ؟ قَالَتْ : نَعَمْ يَقْرَأُ عَلَيْكِ السَّلَامَ وَيَأْمُرُكَ أَنْ تُثَبِّتَ عَتَبَةَ بَابِكَ . قَالَ : ذَاكَ أَبِي ، وَأَنْتِ الْعَتَبَةُ ، أَمَرَنِي أَنْ أُمْسِكَكِ . ثُمَّ لَبِثَ عَنْهُمْ مَا شَاءَ اللَّهُ ، ثُمَّ جَاءَ بَعْدَ ذَلِكَ وَإِسْمَاعِيلُ يَبْرِي(٣) نَبْلًا لَهُ تَحْتَ دَوْحَةٍ قَرِيبًا مِنْ زَمْزَمَ ، فَلَمَّا رَآهُ قَامَ إِلَيْهِ ، فَصَنَعَا كَمَا يَصْنَعُ الْوَالِدُ بِالْوَلَدِ وَالْوَلَدُ بِالْوَالِدِ(٤) . قَالَ : يَا إِسْمَاعِيلُ ، إِنَّ اللَّهَ أَمَرَنِي بِأَمْرٍ ، قَالَ : فَاصْنَعْ مَا أَمَرَكَ رَبُّكَ ؟ قَالَ : وَتُعِينُنِي ، قَالَ : وَأُعِينُكَ ، قَالَ : فَإِنَّ اللَّهَ أَمَرَنِي أَنْ أَبْنِيَ بَيْتًا هَهُنَا ، وَأَشَارَ إِلَى أَكَمَةٍ مُرْتَفِعَةٍ عَلَى مَا حَوْلَهَا ، فَعِنْدَ ذَلِكَ
(١) أي : لا يعتمد عليهما (النهاية) . (٢) وفي رواية : (إلا اشتكى بطنه) ، كما في « الفتح » . (٣) يبري نبلاً بفتح الياء وسكون الباء ، أي : سهماً قبل أن يركب فيه نصله وريشه . (٤) أي : من المعانقة والمصافحة وغير ذلك .

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