Riyad al-SalihinAn-Nawawi

et s’écria : « Ô Abraham, où vas-tu donc ? Vas-tu nous laisser seuls dans cette vallée où il n’y a ni âme qui vive ni rien à manger ? »

Elle le lui répéta à plusieurs reprises, mais lui ne se retournait pas. Elle finit par demander : « Est-ce Allah qui t’a ordonné d’agir ainsi ? » — « Oui », répondit-il. Elle conclut alors : « Dans ce cas, Il ne nous abandonnera pas. » Puis elle revint auprès de l’enfant et Abraham ﷺ poursuivit sa route. Lorsqu’il atteignit le col de la Thaniyya (1), hors de leur champ de vision, il se tourna vers la Maison sacrée, leva les mains et invoqua :
« Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée dépourvue de toute culture… », jusqu’aux mots : « … afin qu’ils Te soient reconnaissants » (sourate Ibrâhîm, 14 : 37).

La mère d’Ismaël continuait d’allaiter son fils et de boire l’eau de l’outre. Quand celle-ci fut épuisée, elle eut soif, et son enfant aussi. Elle le voyait se tordre — ou, selon une autre version, se débattre — (2) et, ne supportant plus cette vision, elle s’éloigna. La colline de Safâ était la plus proche ; elle y monta, puis scruta la vallée pour voir si quelqu’un s’y trouvait, mais n’y vit personne. Elle redescendit Safâ ; arrivée au creux de la vallée, elle releva le pan de sa robe et se mit à courir de toutes ses forces (3) jusqu’à l’autre extrémité, gagna la colline de Marwa, y grimpa et regarda de nouveau : personne. Elle répéta cette course sept fois.

Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée tous deux — rapporte que le Prophète ﷺ déclara : « C’est ce parcours que font les gens entre ces deux collines. »

Lorsqu’elle parvint de nouveau au sommet de Marwa, elle entendit un son. « Chut ! » se dit-elle pour s’imposer le silence ; elle prêta l’oreille, entendit encore et dit : « J’ai bien entendu ; si tu as un secours à nous apporter, (viens). » Elle vit alors l’ange au lieu même de Zamzam ; d’un coup de talon — ou, selon une autre version, d’un coup d’aile — il fit jaillir l’eau. Elle se mit à en canaliser le flot (4), disant de la main : « Comme ceci ! », et remplissait son outre tandis que l’eau continuait de bouillonner. Selon une autre narration : la source jaillissait au fur et à mesure qu’elle en puisait.

Ibn ʿAbbâs rapporte encore que le Prophète ﷺ dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismaël ! Si elle avait laissé Zamzam — ou, selon une autre version, si elle n’avait pas puisé l’eau —, Zamzam serait devenue une source intarissable. » (5)

Il conclut : elle but.

(1) Petit col dominant la vallée, d’où l’on ne voit plus la Kaʿba.
(2) Variante de la narration : « il se débattait ».
(3) Allusion à la course rapide qu’effectue une personne exténuée.
(4) C.-à-d. qu’elle entoura l’eau de petits remblais pour en retenir le débit.
(5) « ʿAyn maʿîn » : source abondante et courante.

(1) Prononcé avec un a sur le th, un i sous le n et un y doublé ; cela renvoie au lieu situé près d’al-Hajun. (2) Autrement dit : il se roule à terre et se frappe contre le sol. (3) C’est-à-dire : celui que la fatigue extrême a atteint. (4) Avec un h aspiré, un d emphatique et un w redoublé, autrement dit : on le façonne comme un bassin. (5) Le m porte un a bref ; c’est-à-dire : à découvert, coulant à la surface du sol.
إِسْمَاعِيلَ فَقَالَتْ : يَا إِبْرَاهِيمُ أَيْنَ تَذْهَبُ وَتَتْرُكُنَا بِهَذَا الْوَادِي الَّذِي لَيْسَ فِيهِ أُنِيسٌ وَلَا شَيْءٌ ؟ فَقَالَتْ لَهُ ذَلِكَ مِرَاراً ، وَجَعَلَ لَا يَلْتَفِتُ إِلَيْهَا ، قَالَتْ لَهُ : آللَّهُ أَمَرَكَ بِهَذَا ؟ قَالَ : نَعَمْ ، قَالَتْ : إِذَا لَا يُضَيِّعُنَا ، ثُمَّ رَجَعَتْ ، فَانْطَلَقَ إِبْرَاهِيمُ ﷺ ، حَتَّى إِذَا كَانَ عِنْدَ الثَّنِيَّةِ (١) حَيْثُ لَا يَرَوْنَهُ ، اسْتَقْبَلَ بِوَجْهِهِ الْبَيْتَ ، ثُمَّ دَعَا بِهَؤُلَاءِ الدَّعَوَاتِ ، فَرَفَعَ يَدَيْهِ فَقَالَ : ﴿ رَبَّنَا إِنِّي أَسْكَنْتُ مِنْ ذُرِّيَّتِي بِوَادٍ غَيْرِ ذِي زَرْعٍ ﴾ حَتَّى بَلَغَ ﴿ يَشْكُرُونَ ﴾ [ سورة إبراهيم : ٣٧ ] . وَجَعَلَتْ أُمُّ إِسْمَاعِيلَ تُرْضِعُ إِسْمَاعِيلَ وَتَشْرَبُ مِنْ ذَلِكَ الْمَاءِ ، حَتَّى إِذَا نَفَدَ مَا فِي السِّقَاءِ عَطِشَتْ ، وَعَطِشَ ابْنُهَا ، وَجَعَلَتْ تَنْظُرُ إِلَيْهِ يَتَلَوَّى - أَوْ قَالَ يَتَلَبَّطُ - (٢) فَانْطَلَقَتْ كَرَاهِيَةً أَنْ تَنْظُرَ إِلَيْهِ ، فَوَجَدَتِ الصَّفَا أَقْرَبَ جَبَلٍ فِي الْأَرْضِ يَلِيهَا ، فَقَامَتْ عَلَيْهِ ، ثُمَّ اسْتَقْبَلَتِ الْوَادِي تَنْظُرُ هَلْ تَرَى أَحَدًا ؟ فَلَمْ تَرَ أَحَدًا . فَهَبَطَتْ مِنَ الصَّفَا حَتَّى إِذَا بَلَغَتِ الْوَادِي ، رَفَعَتْ طَرَفَ دِرْعِهَا ، ثُمَّ سَعَتْ سَعْيَ الْإِنْسَانِ الْمَجْهُودِ (٣) حَتَّى جَاوَزَتِ الْوَادِي ، ثُمَّ أَتَتِ الْمَرْوَةَ فَقَامَتْ عَلَيْهَا ، فَنَظَرَتْ هَلْ تَرَى أَحَدًا ؟ فَلَمْ تَرَ أَحَدًا ، فَفَعَلَتْ ذَلِكَ سَبْعَ مَرَّاتٍ . قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا : قَالَ النَّبِيُّ ﷺ : « فَذَلِكَ سَعْيُ النَّاسِ بَيْنَهُمَا » ، فَلَمَّا أَشْرَفَتْ عَلَى الْمَرْوَةِ سَمِعَتْ صَوْتًا ، فَقَالَتْ : صَهْ - تُرِيدُ نَفْسَهَا - ثُمَّ تَسَمَّعَتْ ، فَسَمِعَتْ أَيْضًا ، فَقَالَتْ : قَدْ أَسْمَعْتَ إِنْ كَانَ عِنْدَكَ غَوَاثٌ ، فَإِذَا هِيَ بِالْمَلَكِ عِنْدَ مَوْضِعِ زَمْزَمَ ، فَبَحَثَ بِعَقِبِهِ - أَوْ قَالَ بِجَنَاحِهِ - حَتَّى ظَهَرَ الْمَاءُ ، فَجَعَلَتْ تُحَوِّضُهُ (٤) وَتَقُولُ بِيَدِهَا هَكَذَا ، وَجَعَلَتْ تَغْرِفُ مِنَ الْمَاءِ فِي سِقَائِهَا وَهُوَ يَفُورُ بَعْدَ مَا تَغْرِفُ . وَفِي رِوَايَةٍ : بِقَدْرِ مَا تَغْرِفُ . قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا : قَالَ النَّبِيُّ ﷺ : « رَحِمَ اللَّهُ أُمَّ إِسْمَاعِيلَ لَوْ تَرَكَتْ زَمْزَمَ - أَوْ قَالَ لَوْ لَمْ تَغْرِفْ مِنَ الْمَاءِ - لَكَانَتْ زَمْزَمُ عَيْنًا مَعِينًا » (٥) قَالَ : فَشَرِبَتْ
(١) بفتح الثاء وكسر النون وتشديد الياء ، وذلك عند الحجون . (٢) أي : يتمرغ ويضرب بنفسه الأرض . (٣) أي : الذي أصابه الجهد . (٤) بالحاء والضاد وتشديد الواو ، أي : تجعله مثل الحوض . (٥) بفتح الميم ، أي : ظاهراً جارياً على وجه الأرض .

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