1868 – ʿAwf ibn Mâlik ibn al-Tufayl rapporte que ʿÂʾicha (qu’Allah l’agrée) raconta qu’ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr (qu’Allah les agrée tous deux), à propos d’une vente ou d’un don qu’elle avait consentis, s’exclama : « Par Allah ! ʿÂʾicha cessera ou je la placerai sous tutelle ! » Lorsqu’elle apprit ses paroles, elle demanda : « A-t-il vraiment dit cela ? » — « Oui », répondirent-ils. Elle déclara alors : « Je fais, devant Allah, le vœu de ne plus jamais parler à Ibn al-Zubayr. »
Leur brouille s’éternisant, Ibn al-Zubayr chercha des intercesseurs auprès d’elle. Mais elle répondit : « Non, par Allah ! Jamais je n’intercéderai en sa faveur et je ne trahirai pas mon vœu (1). » Au fil du temps, Ibn al-Zubayr sollicita l’aide d’al-Miswar ibn Makhrama et de ʿAbd ar-Raḥmân ibn al-Aswad ibn ʿAbd Yaghûth : « Par Allah, je vous en conjure (2) ! Faites-moi entrer auprès de ʿÂʾicha, car il ne lui est pas licite de vouer un vœu portant sur la rupture de nos liens. » Al-Miswar et ʿAbd ar-Raḥmân l’emmenèrent donc avec eux et demandèrent la permission : « As-salâmu ʿalayki wa raḥmatullâhi wa barakâtuhu. Pouvons-nous entrer ? » — « Entrez », répondit ʿÂʾicha. — « Tous ? » — « Oui, entrez tous. » Elle ignorait qu’Ibn al-Zubayr les accompagnait.
Une fois dans la pièce, celui-ci franchit le rideau, se jeta au cou de ʿÂʾicha et se mit à la supplier en pleurant ; al-Miswar et ʿAbd ar-Raḥmân, eux aussi, l’exhortaient instamment à lui adresser la parole et à accepter ses excuses (3). Ils lui rappelaient : « Le Prophète ﷺ a interdit une telle rupture ; il n’est pas permis à un musulman de boycotter son frère plus de trois nuits. » Sous le flot de leurs rappels et de leurs insistances, ʿÂʾicha se souvint, fondit en larmes et dit : « J’ai fait un vœu, et un vœu est chose grave. » Ils ne cessèrent d’implorer jusqu’à ce qu’elle reparle enfin à Ibn al-Zubayr. Pour expier son vœu, elle affranchit quarante esclaves, et, chaque fois qu’elle se rappelait par la suite ce vœu, elle pleurait au point d’imbiber son voile de ses larmes.
Rapporté par al-Bukhârî.
1869 – ʿUqba ibn ʿÂmir (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ se rendit auprès des martyrs d’Uḥud et, huit ans plus tard, accomplit sur eux la prière funéraire, comme s’il faisait ses adieux aux vivants et aux morts. Puis il monta vers –
(1) « A-taḥannathu » : manquer à, rompre son vœu.
(2) Formule de supplication énergique : « Je vous adjure par Allah ! »
(3) Le verbe « ṭafiqa » signifie : se mit à (supplier).