Riyad al-SalihinAn-Nawawi

— « Comme la pluie qu’emporte le vent : il s’abattra sur un peuple, les appellera, et ils croiront en lui et lui obéiront (1). Il ordonnera alors au ciel de déverser la pluie et à la terre de faire germer ses plantes, si bien que, le soir venu (2), leurs troupeaux reviendront plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été, les cous allongés, les pis gonflés (3) et les flancs rebondis. Puis il se rendra auprès d’un autre peuple, les invitera, mais ils rejetteront son appel ; il se détournera d’eux et, au matin, les voilà dans la plus extrême disette (4), sans qu’il leur reste le moindre bien. Il passera devant une ruine (5) et lui dira : « Fais sortir tes trésors ! » ; aussitôt ceux-ci le suivront comme des essaims d’abeilles. Il appellera ensuite un homme dans la fleur de l’âge (6), le frappera de l’épée et le coupera en deux tronçons à la distance d’une flèche tirée ; puis il le rappellera, et le jeune homme reviendra vers lui, le visage rayonnant, riant.

Tandis qu’il sera ainsi, Allah – Exalté soit-Il – fera descendre le Messie, fils de Marie ﷺ ; il descendra près du minaret blanc, à l’est de Damas, vêtu de deux habits légèrement teints, les paumes posées sur les ailes de deux anges. Quand il inclinera la tête, des gouttes en dégoutteront (7), et lorsqu’il la relèvera, il en tombera des perles scintillantes pareilles au nacre. Aucun mécréant qui respirera son haleine ne survivra ; son souffle s’étendra aussi loin que porte son regard. Il traquera alors le Dajjâl jusqu’à le rejoindre à la porte de Ludd (8) et l’y tuera.

Jésus ﷺ se rendra ensuite auprès des gens qu’Allah aura protégés du Dajjâl ; il essuiera leurs visages et leur annoncera le rang qui leur est réservé au Paradis. Et tandis qu’il sera occupé à cela, Allah, le Très-Haut, lui révélera : « J’ai fait sortir des serviteurs à Moi qu’aucune créature n’a la force de combattre ; emmène donc Mes serviteurs vers… » »

Notes :
(1) Autrement dit, ils le reconnaîtront comme seigneur et lui obéiront.
(2) L’expression arabe « tarûḥ » désigne le retour du bétail le soir.
(3) Image d’un troupeau à l’apogée de sa vigueur, les pis débordant de lait.
(4) Litt. « dépérissant » : privés de toute subsistance.
(5) Un lieu déserté ou en ruine.
(6) Un homme plein de force et de jeunesse.
(7) De fines gouttelettes perlent de sa chevelure.
(8) Ludd (Lod) : localité palestinienne située au sud-est de Tel-Aviv.

(1) C’est-à-dire : ils lui répondent. (2) C’est-à-dire : cela revient contre eux. « sarahatuhum » désigne leurs troupeaux laissés en pâture libre. (3) Autrement dit : c’est le plus long à cause de l’abondance de lait ; « wa amadahu kha­wasir » signifie que ses flancs sont très distendus parce qu’ils sont pleins de nourriture. (4) C’est-à-dire : ils deviennent mamhalin (ḥ non pointé) ; la pluie cesse et la terre comme les herbages se dessèchent. (5) Prononcer avec un kha fatha, un ra kasra et un ba : il s’agit d’un lieu en ruine. (6) C’est-à-dire : au plein épanouissement de sa jeunesse. (7) Il s’agit de l’eau qui en provient. « al-juman » — lu avec une damma sur le jîm et une mîm allégée — désigne des grains d’argent façonnés comme de grosses perles ; l’eau en coule alors sous forme de grosses perles, par son aspect. (8) Ville de Palestine occupée depuis 1948, près de Ramla, à l’ouest de Jérusalem ; on y trouve un aéroport international célèbre, construit par les Britanniques en 1917 puis agrandi par les Juifs après 1948 et rebaptisé « Aéroport Ben Gourion ».
قال: «كَالْغَيْثِ اسْتَدْبَرَتْهُ الرِّيحُ، فَيَأْتِي عَلَى الْقَوْمِ، فَيَدْعُوهُمْ فَيُؤْمِنُونَ بِهِ وَيَسْتَجِيبُونَ لَهُ(١)، فَيَأْمُرُ السَّمَاءَ فَتُمْطِرُ، وَالْأَرْضَ فَتُنْبِتُ، فَتَرُوحُ(٢) عَلَيْهِمْ سَارِحَتُهُمْ أَطْوَلَ مَا كَانَتْ ذُرًى وَأَسْبَغَهُ ضُرُوعًا(٣)، وَأَمَدَّهُ خَوَاصِرَ، ثُمَّ يَأْتِي الْقَوْمَ فَيَدْعُوهُمْ، فَيَرُدُّونَ عَلَيْهِ قَوْلَهُ، فَيَنْصَرِفُ عَنْهُمْ، فَيُصْبِحُونَ مُمْحِلِينَ(٤) لَيْسَ بِأَيْدِيهِمْ شَيْءٌ مِنْ أَمْوَالِهِمْ، وَيَمُرُّ بِالْخَرِبَةِ(٥) فَيَقُولُ لَهَا: أَخْرِجِي كُنُوزَكِ، فَتَتْبَعُهُ كُنُوزُهَا كَيَعَاسِيبِ النَّحْلِ، ثُمَّ يَدْعُو رَجُلًا مُمْتَلِئًا شَبَابًا(٦) فَيَضْرِبُهُ بِالسَّيْفِ، فَيَقْطَعُهُ جَزْلَتَيْنِ رَمْيَةَ الْغَرَضِ، ثُمَّ يَدْعُوهُ، فَيَقْبَلُ، وَيَتَهَلَّلُ وَجْهُهُ يَضْحَكُ، فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذْ بَعَثَ اللَّهُ تَعَالَى الْمَسِيحَ ابْنَ مَرْيَمَ ﷺ، فَيَنْزِلُ عِنْدَ الْمَنَارَةِ الْبَيْضَاءِ شَرْقِيَّ دِمَشْقَ بَيْنَ مَهْرُودَتَيْنِ، وَاضِعًا كَفَّيْهِ عَلَى أَجْنِحَةِ مَلَكَيْنِ، إِذَا طَأْطَأَ رَأْسَهُ قَطَرَ(٧)، وَإِذَا رَفَعَهُ تَحَدَّرَ مِنْهُ جُمَانٌ كَاللُّؤْلُؤِ، فَلَا يَحِلُّ لِكَافِرٍ يَجِدُ رِيحَ نَفْسِهِ إِلَّا مَاتَ، وَنَفْسُهُ يَنْتَهِي إِلَى حَيْثُ يَنْتَهِي طَرْفُهُ، فَيَطْلُبُهُ حَتَّى يُدْرِكَهُ بِبَابٍ لُدًّا(٨) فَيَقْتُلُهُ، ثُمَّ يَأْتِي عِيسَى ﷺ، قَوْمًا قَدْ عَصَمَهُمُ اللَّهُ مِنْهُ، فَيَمْسَحُ عَنْ وُجُوهِهِمْ وَيُحَدِّثُهُمْ بِدَرَجَاتِهِمْ فِي الْجَنَّةِ، فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذْ أَوْحَى اللَّهُ تَعَالَى إِلَى عِيسَى ﷺ: إِنِّي قَدْ أَخْرَجْتُ عِبَادًا لِي لَا يَدَانِ لِأَحَدٍ بِقِتَالِهِمْ، فَحَرِّزْ عِبَادِي إِلَى
(١) أي: يجيبونه . (٢) أي: ترجع عليهم . (سارحتهم) أي: المال السائم . (٣) أي: أطوله لكثرة اللبن . (وأمده خواصر) : لكثرة امتلائها من الشبع . (٤) أي: يصيرون (ممحلين) بالحاء المهملة، أي: ينقطع عنهم المطر وتيبس الأرض والكلأ . (٥) بفتح الخاء وكسر الراء وبالباء، أي: الموضع الخراب . (٦) أي: في عنفوان شبابه . (٧) أي: الماء منه، و(الجمان) بضم الجيم وتخفيف الميم : حبات من الفضة تصنع على هيئة اللؤلؤ الكبار، أي: ينحدر منه الماء على هيئة اللؤلؤ في صفاته . (٨) من مدن فلسطين المحتلة عام ١٩٤٨ قرب الرملة، غرب القدس فيها مطار دولي مشهور، أقامه الإنكليز سنة ١٩١٧ ثم وسعه اليهود بعد سنة ١٩٤٨ وسموه بـ «مطار ابن غوريون» .

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