Riyad al-SalihinAn-Nawawi

30 – D’après Abû Zayd Usâma ibn Zayd ibn Hâritha — l’affranchi du Messager d’Allah ﷺ, son bien-aimé et le fils de son bien-aimé — qu’Allah les agrée tous deux :
La fille du Prophète ﷺ lui fit dire : « Mon fils est à l’agonie (1) ; viens donc assister à ses derniers instants. » Il dépêcha quelqu’un pour transmettre son salut et dire : « À Allah appartient ce qu’Il reprend comme ce qu’Il accorde, et toute chose a auprès de Lui un terme fixé. Endure donc et attends-en la récompense (2). » Elle insista, le liant par serment à venir. Le Prophète se leva alors et partit, accompagné de Saʿd ibn ʿUbâda, Muʿâdh ibn Jabal, Ubayy ibn Kaʿb, Zayd ibn Thâbit et d’autres Compagnons — qu’Allah les agrée. On présenta l’enfant au Messager d’Allah ﷺ ; il le plaça sur ses genoux, et sa respiration se contractait par soubresauts. Les larmes jaillirent de ses yeux (3). Saʿd demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce donc ? » Il répondit : « C’est une miséricorde qu’Allah a mise dans le cœur de Ses serviteurs. » Dans une autre version : « …dans le cœur de qui Il veut parmi Ses serviteurs ; et Allah ne fait miséricorde qu’à ceux de Ses serviteurs qui sont miséricordieux. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

Le terme « taqaffuʿ » désigne une respiration agitée et saccadée.

31 – D’après Ṣuhayb, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Il y avait, parmi ceux qui vous ont précédés, un roi qui avait à son service un magicien. Lorsqu’il devint vieux, il dit au roi : “Je suis devenu âgé ; envoie-moi donc un garçon à qui j’enseignerai la magie.” Le roi lui envoya un garçon qu’il forma. Or, sur le chemin qu’il empruntait, se trouvait un moine (4) ; le garçon s’assit auprès de lui, écouta ses paroles et en fut séduit. Chaque fois qu’il se rendait chez le magicien, il passait par le moine et s’asseyait auprès de lui ; puis, lorsqu’il arrivait chez le magicien, celui-ci le frappait. Il s’en plaignit au moine, qui lui dit : “Lorsque tu crains le magicien, dis : ‘Ma famille m’a retenu.’ Et lorsque tu crains ta famille, dis : ‘Le magicien m’a retenu.’”

Un jour qu’il en était ainsi, il tomba sur une bête énorme qui empêchait les gens de passer. Il se dit : “Aujourd’hui

(1) Autrement dit : les prémices de la mort se sont présentées à lui. (2) Autrement dit : par sa patience, elle espère la récompense de son Seigneur. (3) Autrement dit : il s’agit ici des larmes ; lorsque Saʿd – que Dieu l’agrée – demanda : « Qu’est-ce donc ? », il faisait allusion au flot de larmes, signifiant : « Pleures-tu, ô Messager d’Allah, alors que tu as interdit de pleurer ? » (4) Il s’agit du dévot chrétien retiré dans un monastère, ou bien de l’ascète vivant à l’écart dans une cellule individuelle – appelée *qalaya* –, cette dernière étant visée ici, par opposition au *dayr* (monastère) qui accueille collectivement de nombreux moines.
٣٠ - وعن أبي زيد أسامة بن زيد بن حارثة مولى رسول الله ﷺ وجبه وابن جبه رضي الله عنهما ، قال : أرسلت بنت النبي ﷺ إن أبني قد أحضر (١) فأشهدنا ، فأرسل يقرىء السلام ويقول : « إن لله ما أخذ وله ما أعطى وكل شيء عنده بأجل مسمى فلتصبر ولتحتسب » (٢) فأرسلت إليه تقسم عليه ليأتينها . فقام ومعه سعد بن عبادة ، ومعاذ بن جبل ، وأبي بن كعب ، وزيد بن ثابت ، ورجال رضي الله عنهم ، فرفع إلى رسول الله ﷺ الصبي ، فأقعده في حجره ونفسه تقفع ، ففاضت عيناه (٣) فقال سعد : يا رسول الله ما هذا ؟ فقال : « هذه رحمة جعلها الله تعالى في قلوب عباده » وفي رواية : « في قلوب من شاء من عباده ، وإنما يرحم الله من عباده الرحماء » متفق عليه . ومعنى « تقفع » تتحرك وتضطرب . ٣١ - وعن صهيب رضي الله عنه أن رسول الله ﷺ قال : « كان ملك فيمن كان قبلكم وكان له ساحر فلما كبر قال للملك : إني قد كبرت فابعث إلي غلاماً أعلمه السحر ؛ فبعث إليه غلاماً يعلمه ، وكان في طريقه إذا سلك راهب (٤) ، فقعد إليه وسمع كلامه فأعجبه ، وكان إذا أتى الساحر مر بالراهب وقعد إليه ، فإذا أتى الساحر ضربه ، فشكا ذلك إلى الراهب فقال : إذا خشيت الساحر فقل : حبسني أهلي ، وإذا خشيت أهلك فقل : حبسني الساحر . فبينما هو على ذلك إذ أتى على دابة عظيمة قد حبست الناس فقال : اليوم
(١) أي : حضرته مقدمات الموت . (٢) أي : تنوي بصبرها طلب الثواب من ربها . (٣) أي : بالدموع ، وقول سعد رضي الله عنه : ( ما هذا ؟ ) أي : فيض الدمع ، أي : أتبكي يا رسول الله ، وقد نهيت عن البكاء ؟ (٤) هو المتعبد من النصارى في الدير ، أو المعتزل في المحبسة ، وتسمى ( القلاية ) بمفرده وهذا المقصود هنا لأن الدير مجمع عدد كبير من الرهبان .

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