près de deux tombes, et dit : « Tous deux sont châtiés ; et l’on pourrait croire qu’ils ne le sont pas pour un grand péché ! En vérité, c’est bien grave : l’un d’eux colportait la namîma, tandis que l’autre ne se prémunissait pas(1) contre les éclaboussures de son urine. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim ; c’est ici le libellé d’une des versions d’al-Bukhârî.
Les savants expliquent que la parole : « … on pourrait croire que ce n’est pas un grand péché » signifie : un péché jugé minime selon leur propre estimation. D’autres disent : c’est le fait même de le négliger qui leur est compté comme grave.
1546 – Ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Voulez-vous que je vous informe de ce qu’est al-ʿadh ? C’est la namîma : ces propos colportés entre les gens. » Rapporté par Muslim.
« Al-ʿadh » : ʿayn initiale ouverte, ḍâd immobile, suivi d’un hâʾ, sur le même schème que « al-wajh ». On le transmet aussi sous la forme « al-ʿiḍah », avec ʿayn cassée et ḍâd ouverte, sur le modèle de « al-ʿiddah » ; dans ce cas, il signifie mensonge et calomnie. Selon la première lecture, « al-ʿadh » est un nom verbal : on dit « ʿaḍḍahu ʿadhan », c’est-à-dire « il l’a accusé de calomnie ».
258 – Chapitre : Interdiction de rapporter les propos et paroles des gens aux détenteurs de l’autorité lorsqu’aucune nécessité – telle que la crainte d’un préjudice – ne l’exige.
Allah — Très-Haut — dit : « Et ne vous entraidez pas dans le péché et l’agression. » (sourate al-Mâʾida, verset 2). Les hadiths cités au chapitre précédent s’appliquent également ici.
1547 – Ibn Masʿûd (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Que personne parmi mes Compagnons ne me transmette rien au sujet d’un autre, car j’aime à me présenter à vous le cœur serein. » Rapporté par Abû Dâwûd et at-Tirmidhî(2).
(1) Autrement dit, il ne prenait pas garde aux éclaboussures urinaires et n’en protégeait ni son corps ni ses vêtements.
(2) At-Tirmidhî le classe comme ḥasan.