Untel s’est approprié telle chose : en a-t-il le droit ? Quelles démarches puis-je suivre pour m’en délivrer, recouvrer mon dû et repousser l’injustice ? » — et ainsi de suite. Cela est permis lorsqu’une nécessité l’exige ; toutefois, la voie la plus prudente et la meilleure consiste à dire : « Que pensez-vous d’un homme, d’une personne ou d’un époux dont la situation est la suivante… ? » Le but est alors atteint sans le nommer. Néanmoins, le fait de le désigner explicitement reste licite, comme nous le verrons dans le ḥadith de Hind (1), si Allah — Très-haut — le veut.
- Mettre les musulmans en garde contre le mal et leur donner conseil. Cette autorisation se décline sous plusieurs formes :
– La critique des rapporteurs et des témoins dont la fiabilité est contestée ; cela est permis par consensus des musulmans, et même obligatoire lorsqu’il y a besoin.
– Lorsqu’on est consulté au sujet d’une alliance matrimoniale avec quelqu’un, d’un partenariat, du dépôt d’un bien chez lui, d’une transaction quelconque ou encore de la perspective d’habiter à son voisinage. La personne consultée ne doit rien dissimuler ; elle mentionnera, avec l’intention de conseiller, les défauts qu’elle connaît.
– Si l’on voit un étudiant en jurisprudence fréquenter un innovateur ou un pécheur pour prendre de lui la science et que l’on craint qu’il n’en subisse un préjudice, il faut l’avertir en lui exposant clairement la situation de cet individu, à condition que l’intention soit réellement celle du conseil. C’est un point sur lequel on se trompe souvent : la jalousie peut pousser celui qui parle, Satan peut lui enjôler l’affaire et lui faire croire qu’il s’agit d’un conseil sincère ; qu’il s’en méfie donc.
– Il en va de même lorsqu’une personne détient une charge qu’elle n’assume pas convenablement — parce qu’elle n’y est pas apte, qu’elle est pécheresse, négligente, etc. Il faut alors en informer l’autorité compétente afin qu’elle la destitue et nomme quelqu’un de plus qualifié, ou avertir les gens, pour qu’ils traitent cette personne selon sa véritable situation, ne se laissent pas abuser et s’efforcent soit de la pousser à se rectifier, soit de la remplacer.
- Le cinquième cas est celui de l’individu qui affiche ouvertement sa perversité ou son innovation, comme celui qui boit du vin publiquement,